Who Art You : un réseau social dédié à l’art et aux nouveaux usages numériques

Le 15 janvier 2013, la nouvelle plateforme Who Art You a vu le jour.

Who Art You propose aux internautes et mobinautes de créer leurs propres galeries en ligne de photos d’œuvres d’art et de les partager avec les autres membres de cette communauté. Les 2 fondateurs Philippe Mira et Javier Pérez Sánchez ont souhaité mettre le potentiel du numérique au service des amateurs d’art.

Le principe est simple : grâce aux partenariats créés par la start-up, l’utilisateur peut prendre des œuvres d’art en photo et les partager soit en se déplaçant dans les galeries et musées grâce à l’application smartphone, soit en collectionnant à distance les œuvres déjà capturées sur la plateforme via le site internet.

Pour inciter la participation de l’utilisateur, l’utilisateur peut relever différents types de défis avec récompense à la clé à distance ou via l’application :

  • des défis de type « préférence » (Quelle est votre œuvre préférée ou la plus représentative de telle exposition ?)
  • des défis de type « challenge » (répondez à l’énoncé qui vous est proposé grâce à la photo d’une ou plusieurs œuvres exposées dans tel(s) collection(s) ou lieu(x) ?).

Surtout, la start-up questionne les nouveaux usages du numérique face à une œuvre d’art, en particulier la photographie d’une œuvre d’art elle-même. Retour sur ma rencontre avec Antoine Roland, en charge de la communication et des partenariats de Who Art You pour qui les nouveaux usages tiennent d’une nouvelle querelle des Anciens et des Modernes.

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Combler les besoins du secteur

La nouvelle plateforme arrive à point nommé. Les initiatives couplant art et numérique se multiplient et le marché des réseaux sociaux semblerait désormais mûr : 77% des internautes français utilisent quotidiennement un réseau social, Instagram compte 800 000 utilisateurs quotidiens en 2012 pour plus d’un milliard de photos.[1]

Galerie personnelle de photos d’œuvres d’art, plateforme d’échanges, réseau social, Who Art You parvient surtout à réunir une multiplicité d’acteurs (galeries, musées, sites/blogs culturels et écoles) autour d’un même projet : créer et animer une communauté d’amateurs d’art pour les emmener vers un nouveau modèle économique.

Pour ce faire, Who Art You a mis en place quatre types de partenariats :

  • Aux galeries

Who Art You leur propose des partenariats de promotion et de mise en valeur de leurs lieux, artistes, œuvres ou événements. Plusieurs galeries ont déjà accepté de jouer le jeu comme la galerie W ou la Polka Galerie.

  • Aux musées

Who Art You propose ici 2 types de partenariats :

–       Des partenariats de contenus : Who Art You propose aux musées de mettre à disposition de leurs visiteurs du contenu explicatif et pédagogique accessible depuis l’application Who Art You via de la reconnaissance d’image ou un code 2D. Ce sera le cas très prochainement du Musée Gustave Moreau.

–       Des partenariats de défis : en s’intégrant complètement à l’animation communautaire des musées, Who Art You propose de développer les occasions d’interactions entre ses institutions et leurs membres grâce à la mise en œuvre de défis. Who Art You devient une plateforme tierce qui propose aux musées une meilleure gestion de leurs jeux-concours. Les règles de Facebook n’étant presque jamais respectées, Who Art You propose une solution clé en main, renforcée par un respect du droit à l’image grâce à son partenariat avec l’ADAGP (Société des auteurs dans les arts graphiques et plastiques).

Un premier défi avec le Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris sera lancé très prochainement dans le cadre de l’exposition Linder.

  • Aux sites / blogs culturels

Who Art You leur propose de développer les interactions avec leur communauté de lecteurs et de mettre en valeur leur contenu grâce à la proposition de défis.

  • Aux écoles (grandes écoles, formations en art et histoire de l’art)

Who Art You propose ici de prolonger leur formation « hors les murs » de manière ludique grâce à la mise à disposition de défis. La plateforme espère leur donner envie d’aller voir, fouiller et découvrir des nouvelles galeries ou de nouvelles pratiques.

Par exemple, en parallèle de la nomination d’un lauréat par un jury d’experts, Sciences Po proposera bientôt aux participants de son prix pour l’Art Contemporain d’attribuer un prix du public en votant grâce à l’application ou le site Who Art You (l’œuvre la plus collectionnée et la plus prise en photo permettra d’identifier le lauréat de ce prix du public).

Accueil site(1)

Querelle des Anciens et des Modernes : nouveaux usages et nouveaux visiteurs ?

Lors de notre conversation, Antoine Roland m’explique que l’autorisation de la photographie dans les musées soulève de grands débats et de nombreux questionnements : la photo permet-elle une meilleure appropriation de l’œuvre par les visiteurs ? Le rapport à l’œuvre est-il changé, voire, détourné ?

Who Art You est un témoin parmi d’autres du besoin de formalisation de ces nouveaux usages.

Il y a un an, je revenais sur une conférence de la Social Media Week « Musée et numérique : le visiteur 2.0 » : le visiteur rentrait désormais en interaction avec le musée et ses œuvres, voire l’animait à l’occasion de certains événements. Who Art You s’inscrit dans cette dynamique et devient un outil d’animation du musée voire de lancer des serious games (comme l’évoquait Coline Aunis présentant les serious games ubiquitaires du Musée des Arts et Métiers).

Vous pouvez essayer Who Art You sur votre iPhone ou via son site internet : http://www.whoartyou.fr pour photographier, partager, apprendre ou jouer avec les œuvres qui vous plaisent !

De nombreux musées autorisent d’ores et déjà la photo, vous pouvez promener votre iPhone par exemple au :

  • Centre Pompidou
  • Louvre
  • Musée Gustave Moreau
  • Musée d’Art Moderne à Paris
  • Palais des Beaux-Arts de Lille
  • Musée Fabre de Montpellier

L’application iPhone, c’est par ici : https://itunes.apple.com/fr/app/who-art-you/id583921041?mt=8

Camille Delache


[1] Sources : Media Ventilo, janvier 2012, L’Autre Media / FossoArnaud Blog, 25 janvier 2013

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Revue de presse du 16 janvier : Who Art You, Wikipédia, Virgin & HMV

Who Art You, naissance d’un nouveau réseau social dédié à l’art – Club Innovation et Culture France

« Who Art You est une startup française née de la rencontre de deux passionnés d’art (Philippe Mira et Javier Pérez Sánchez) qui ont souhaité mettre les grandes tendances du numérique au service des visiteurs de musées et galeries en France et, bientôt, aux quatre coins du monde. »

[…] « Who Art You ne se contente pas de favoriser les échanges de photos entre les membres d’une communauté, sa solution permet aussi d’accéder dans les lieux partenaires, comme le Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris ou la Galerie W par exemple, aux explications sur une oeuvre, à la biographie d’un artiste, aux évènements en cours et à venir,… grâce à des solutions simples et interactives : la reconnaissance d’image et le code 2D. »

[…] Who Art You souhaite également mettre le jeu au coeur de sa proposition. En collaboration avec différents partenaires culturels, des défis seront proposés à tous les publics (du visiteur occasionnel à l’amateur le plus averti). »

Site de Who Art You : http://www.whoartyou.fr/

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Wikipédia fête ses douze ans aujourd’hui par Marie Lebert, Actualitté

« Wikipédia est lancée le 15 janvier 2001 par Jimmy Wales et Larry Sanger pour offrir une encyclopédie collaborative et gratuite sur l’internet. Chacun peut y participer. Tout le monde peut la lire. Son contenu est librement réutilisable. Douze ans plus tard, il serait impossible d’imaginer l’internet sans Wikipédia et ses versions dans 285 langues.

Le conceptWikipedia-logo-fr-big

Fondée le 15 janvier 2001 à l’initiative de Jimmy Wales et Larry Sanger (Larry Sanger quitte plus tard l’équipe pour créer une autre encyclopédie), Wikipédia se veut une encyclopédie internet et elle est immédiatement très populaire.

Sans publicité et financée par des dons, elle est rédigée par des milliers de volontaires – qui s’inscrivent sous un pseudonyme – avec possibilité pour tout un chacun d’écrire, corriger et compléter les articles, aussi bien les siens que ceux d’autres contributeurs. »

[…] « L’encyclopédie fête ses douze ans en janvier 2013 avec 24 millions d’articles en 285 langues, dont 4,1 millions d’articles en anglais. »

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Les 2 articles suivants sont à mettre en perspective l’un avec l’autre.

Protectionnisme économique français contre géants du web par Nicolas Gary, Actualitté

« L’internet tend facilement la joue lorsqu’on cherche un coupable à la crise économique qui frappe l’industrie française. Protéiformes, internationaux, le réseau et ses acteurs seraient-ils à l’origine des faiblesses des cuirasses réglementaires nationales ? En 2008 déjà, le Ministère de l’Environnement s’intéressait aux « distorsions de concurrence » entre la vente à distance et la vente en magasin au regard des obligations de reprise des matériels électroniques usagés.

A présent, le ministère de la Culture, par la voix d‘Aurélie Filippetti en personne, estime que la chute des distributeurs de loisirs culturels en France n’est pas due à l’absence des choix stratégiques nécessaires, mais à la « concurrence déloyale, qui est le fait, il faut bien le dire, de certaines grandes entreprises de type Amazon ». Mettons en perspective juridique ces affirmations à l’emporte-pièce.

Retour d’un débat vieux comme le web

Au fil des années, les librairies de quartier ont fermé, les unes après les autres, dans une relative indifférence. Poids des charges (loyers, stocks, personnels), désintéressement pour le bien culturel « livre », concurrence acharnée menée par les supermarchés, qu’ils soient culturels ou alimentaires. On accusait alors la grande distribution sans s’interroger sur les nouveaux modes de consommation de la culture, ni sur les nouveaux supports de celle-ci.

Aujourd’hui, c’est pourtant au tour de la société Virgin France de se résigner à fermer ses fameux « Megastores », temples modernes de la consommation culturelle. Son exposition médiatique et son millier de salariés répartis sur toute la France, stigmatisent le caractère endémique du problème. »

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« HMV : ‘Not too bad. But still not as cheap as Amazon » par Michael Hann, The Guardian

« HMV’s problem wasn’t just that it was expensive, compared with the online retailers. It was that, by and large, it had become an awful shopping experience. Where once it was a byword for music shopping, it became – from this music buyer’s perspective – a place of last resort. »

[…] « Here was a shop that had been neglecting music for years, turning to games and DVDs and electronic hardware, compacting its music catalogue into an ever smaller space. »

Traduction : Le problème d’HMV n’était pas juste son niveau de prix, comparé aux sites de vente en ligne. C’était surtout que c’était devenu une horrible expérience d’achat.  Alors que c’était une référence pour acheter de la musique, c’est devenu – du point de vue d’un acheteur de musique, le derniers recours.

Nous avions un magasin qui a négligé la musique pendant des années, préférant les jeux vidéo, les DVD et les équipements électroniques, compactant son offre musicale dans un espace de plus en plus petit. »

Lire l’article en entier (anglais) sur le site du Guardian