Revue de presse du 4 décembre : aides au cinéma, design, Louvre et BNF

Nouvelle rubrique sur la Baguette culturelle, découvrez la revue de presse

« La France défend son système d’aides au cinéma » – Localtis.info

Cinéma, politiques publiques, exception culturelle & Bruxelles

« La France a marqué un point, au moins temporaire, dans le différend qui l’oppose à la Commission européenne sur la question des aides au cinéma. Lors du conseil des ministres européens de la Culture, le 26 novembre, Aurélie Filippetti a en effet défendu, avec une dizaine de ses collègues, les systèmes des aides d’Etat au cinéma. Cette intervention s’est déroulée en présence du commissaire chargé de la concurrence, Joachim Almunia.
C’est en effet un problème de concurrence qui est à l’origine du contentieux. Depuis le début de l’année, Bruxelles travaille à la refonte du cadre réglementaire des aides au tournage des films, mis en place en 2001 et qui expire normalement à la fin de cette année. La difficulté en la matière vient du principe de territorialité. Celui-ci permet d’exiger qu’en contrepartie de l’aide financière apportée au tournage d’un film, 80% du budget de la production en question soient dépensés sur le territoire national. Dans les premières moutures du texte en préparation, le principe de territorialité se limiterait à la contrepartie exacte de l’aide apportée. Par exemple, pour une aide représentant 30% des coûts de production, il ne pourrait être exigé de réaliser ces dépenses sur le territoire concerné que jusqu’à hauteur de 30% des dépenses engagées pour la réalisation du film. En outre, l’aide publique ne pourra dépasser 50% du budget total du film. »

Jean-Noël Escudié – la suite c’est par ici

Design – Une sphère en bambou qui roule au vent contre les mines d’Afghanistan – Le Monde

Design, mines antipersonnel, Afghanistan, innovation

« « Mine Kafon » a été conçu par Massoud Hassani, jeune designer qui a quitté l’Afghanistan quand il avait 14 ans. Il s’agit de tiges de bambous disposées en rayon autour d’un noyau, et qui forment une boule de taille humaine, qui roule au gré du vent. L’idée étant qu’elle roule, de préférence, dans les champs de mines antipersonnel. La sphère, si elle est assez lourde pour faire exploser la mine, n’explose pas elle-même, tout juste perd-elle une patte ou deux, et peut ainsi continuer son itinérance jusqu’à la prochaine bombe. De plus, elle diffuse en permanence sa localisation, « traçant alors des chemins “libres” sans mine qu’il est possible de conserver », rapporte Owni. »

Big Brower – Le Monde – la suite, ici

Le Louvre s’installe à Lens – vidéo à voir sur Le Monde et article du Nouvel Observateur

Louvre, régionalisation des musées, démocratisation culturelle (?)

« C’est un projet culturel et économique initié il y a près de dix ans qui se concrétise ce mardi avec l’inauguration par le président François Hollande du Louvre-Lens, au coeur du bassin minier, avant son ouverture au public le 12 décembre.

Louvre Lens - Urban News

Louvre Lens

Avec « La liberté guidant le peuple » de Delacroix comme étendard, le plus grand musée du monde ouvre sa première antenne estampillée « Louvre » dans un immense bâtiment de verre et de métal, construit sur un ancien carreau de mine du Pas-de-Calais. Dans un parc de 20 hectares, les cinq ailes du musée conçues par le cabinet d’architectes japonais de renom Sanaa accueillent des chefs d’oeuvre du Louvre, avec la volonté de les rendre accessibles au plus large public possible. »

Le site du musée : http://www.louvrelens.fr/home_page.html

Le Nouvel Observateur – article dans son intégralité

La BNF réussit son pari – Le Monde

Campagne BNF - acquisition Livre d'heures de Jeanne de France

Campagne BNF – acquisition Livre d’heures de Jeanne de France

Appel à la générosité publique, Livre d’heures de Jeanne de France, mécénat

« 1 600 donateurs, 250 000 euros : le compte est bon. La Bibliothèque de France est parvenue à réunir la somme nécessaire à l’acquisition du Livre d’heures de Jeanne de France. Un succès pour l’établissement qui, pour la première fois, lançait un tel appel au grand public. Fin août, la BNF s’était inquiétée de la situation : il lui fallait d’ici le 31 décembre compléter l

es 750 000 euros déjà recueillis en un an auprès de ses habituels contributeurs (ministère, fondations, entreprises) afin de verser au propriétaire du manuscrit liturgique le million d’euros qu’il réclamait. »

[…] « Selon la BNF, les contributeurs sont âgés de 21 à 95 ans. Ils ont donné quelques euros pour les plus modestes, jusqu’à 3 000 euros pour les plus généreux. Toutes les régions de France sont représentées, ainsi que plusieurs pays étrangers. »

Nathaniel Herzberg – article dans son intégralité

Bercy et le mécénat : « la mort de la culture française » bis repetita ?

Nombre d’articles ont été écrits pour défendre l’importance du mécénat et la nécessité absolue de maintenir l’avantage fiscal à 60% pour les entreprises.

Car non, le mécénat n’est pas une niche fiscale. Mon propos aujourd’hui sera différent. Il s’agit de montrer en quoi culture, intérêt général et financements sont des questions qui se mêlent, s’entrechoquent et se délaissent perpétuellement à travers 3 visions des relations entre culture et financement.

La vision de Daniel Cohen : le paradoxe sur les comédiens

Daniel Cohen s’interroge sur la difficulté du monde de la culture à s’adapter au capitalisme financier. Alors que « nos temps modernes » poussent l’homme à asservir les objets, il était attendu que les activités dont l’homme est la matière première, tel le théâtre, prennent de l’importance et deviennent rapidement rentables. En réalité, et c’est ici que s’exprime le paradoxe sur les comédiens, « les techniques semblent éliminer l’homme, et de fait elles en limitent l’usage. Mais la cause pour laquelle elles diffusent ce principe d’économie est la hausse irrésistible du prix de l’homme lui-même par rapport aux objets. C’est ici sans doute que se joue le malentendu le plus tragique sur notre époque. »[1]

Face à ce constat, la question des financements de la culture apparaît centrale dans l’avenir du secteur culturel. Et a fortiori dans tous les secteurs d’intérêt général.

Jacques Rigaud : la perception anglaise de notre modèle de financement de la culture

Lors d’une étude comparative des financements de la culture entre la France et la Grande-Bretagne, Jacques Rigaud note que les conclusions du rapport ont provoqué la surprise des Anglais. En effet, les sommes consacrées à la dimension culturelle par des Ministères autres que celui de la Culture et de la Communication, l’importance croissante du mécénat d’entreprise et l’implication de plus en plus forte des collectivités territoriales dans la « chose culturelle » sont autant d’éléments étonnants pour le peuple d’outre-Manche.[2]

Cette réaction met en évidence la singularité et la pertinence de la question du financement de la culture en France.

« La mort de la culture française » annoncée en 2007

Lorsque le 21 novembre 2007, la version européenne du Time exposait la mort de la culture française,[3] Donald Morrison écrivait que « si [les Français] ne [dominent] plus la scène culturelle mondiale, c’est parce qu’en [les] subventionnant, en transformant la culture en service public et en garantissant une politique de quotas, l’État [les] assiste et [les] endort. […] Et parce qu’ils [tardent] à s’inspirer du “miracle” culturel américain fondé sur les donations et les déductions d’impôts. »[4] La critique de Morrison ne touchait pas uniquement à la nature de notre culture ou à son héritage. Surtout, au cœur de la critique américaine se trouvait la question des financements de la culture et la complexité du rapport entre culture et économie. Le « miracle » de la renaissance de la culture française devrait alors naître d’un financement privé.

La loi de 2003 était une réponse à cette complexité. Les pouvoirs publics autorisaient d’autres acteurs – entreprises et particuliers – à financer des oeuvres d’intérêt général. Presqu’une décennie plus tard, le mécénat s’est développé, en témoignent le nombre de services/postes dédiés en entreprise et dans les associations. Cependant, nombre de projets ne voient toujours pas le jour faute de financements. Les particuliers peinent à entrer dans la logique de la philanthropie, malgré notre cher crowdfunding.

Si l’annonce de Bercy s’avère réelle, elle viendrait couper ce – lent – mouvement de diffusion des pratiques philanthropiques dans le modèle français… La critique – de 2007 !!- du Time n’en deviendrait que plus amère. Ironie du sort, le ministère de la culture lance un appel au mécénat d’entreprise pour l’acquisition d’un trésor national le 29 juillet : ici.

En espérant que les pensées de MM. Cohen, Rigaud et Morrison résonneront dans les couloirs des ministères…

Par Camille Delache


[1] COHEN Daniel, Nos Temps Modernes, Prologue, Flammarion, 1999, Paris, p25
[2] RIGAUD Jacques, Préface, Le financement de la culture en France et en Grande-Bretagne, sous la direction de DEVLIN Graham et HOYLE Sue, L’Harmattan, Paris, 2001, p11
[3]MORRISON Donald « In search of lost time », Time magazine, 21 novembre 2007 http://www.time.com/time/magazine/article/0,9171,1686532,00.html
[4] ASSOULINE Pierre, La République des livres, « Notre culture n’était pas morte, elle déclinait seulement », http://passouline.blog.lemonde.fr/2008/10/02/notre-culture-netait-pas-morte-elle-declinait-seulement/

Le mécénat et la culture : pour une « solidarité culturelle »

Il y a quelques temps que j’ai lu un entretien d’Oliver Tcherniak, président de l’ADMICAL, ancien directeur de la communication d’Orange et ancien secrétaire général de la Fondation Orange. Il y expose le concept de « solidarité culturelle » que les entreprises doivent avoir dans leur politique de mécénat.

Voici une petite piqûre de rappel.

Depuis quelques années, les chiffres du mécénat culturel ne brillent plus comme ce fut le cas dans les années 2003-2006. Sans pour autant connaître une baisse drastique, la culture n’est plus la cause sacrée des entreprises. Dans un entretien de novembre 2010 (déjà!), Olivier Tcherniak réagissait à ce phénomène. (ici) Le président de l’ADMICAL considère que le mécénat ne doit pas « perdre son âme » en s’écartant du secteur culturel. Pour lui, « donner à la santé, l’éducation, l’environnement… est vital, il est vrai. Mais c’est une solidarité […] statique contrairement à la solidarité culturelle, plus dynamique. Elle est d’une certaine manière l’aboutissement et le commencement de tout. Le culturel est la porte ouverte à l’autre, à la construction d’autres mondes, d’autres visions. Elle donne un cap, ce qui est réellement important dans une société ou dans des entreprises souvent en perte de sens ou de repères. »

De surcroît, Olivier Tcherniak estime que le mécénat culturel ouvre un univers des possibles à l’entreprise. Une fois que cette dernière dépasse l’image d’élitisme souvent attribuée au mécénat culturel, elle peut « y découvrir sa personnalité, façonner son identité profonde et non simplement construire une image, toujours proche de celle de son concurrent. C’est aussi s’ouvrir à d’autres cultures et ainsi ne pas s’enfermer sur sa culture d’entreprise nourrie de codes et de rituels réservés à un groupe. »

Enfin, il considère que le mécénat est en train de perdre son identité car bien souvent trop rapproché avec la responsabilité sociale d’entreprise (RSE) et la communication. La RSE a pour vocation première de servir les intérêts de l’entreprise alors que le mécénat doit promouvoir une cause d’intérêt général, en lien direct avec la société. En outre, même si toute action de mécénat a des retombées en termes de communication, elle ne se limite pas à celle-ci. L’entreprise ne doit pas rechercher des faire-valoir à son projet global. Le mécénat doit être un prolongement direct de son projet global au sein de la société.

La renaissance d’une solidarité culturelle, particulièrement pertinente en temps de crise, peut profiter aux acteurs de l’offre culturelle. Depuis le début de la crise financière, les salles de cinéma ne désemplissent pas, les bibliothèques sont en pleine effervescence.[2] Nous voici face à une opportunité : en revalorisant la culture économiquement, en la finançant, nous lui redonnons sa dimension active, c’est-à-dire une certaine capacité à transformer les relations sociales.[3]

Camille Delache

[1]Site Communauté Communication et entreprise
[2] Conférence de Françoise Benhamou « Les perspectives du mécénat culturel », 15 avril 2010, salle Pleyel.
[3] CAUNE Jean, « La démocratisation culturelle : une évaluation à construire », Politiques et pratiques de la culture sous la direction de Philippe Poirrier, La documentation française, Paris, 2010, p18

Comment rendre la culture française attractive pour le financement privé ?

Pourquoi la culture française ne parvient-elle pas à attirer suffisamment de financements privés ? Financer la culture est d’autant plus important qu’elle sert de liant social et d’outil d’attraction à l’international. Outre les problématiques liées à la crise financière, deux dynamiques sont à analyser. La première : la loi de 2003 ne permet pas aux petites et moyennes entreprises (PME) de financer les projets de leur région, car elle limite le mécénat à 0,5% du chiffre d’affaires. La seconde : la difficulté de mettre en place une stratégie de mécénat cohérente, entre mécénat de création et mécénat de diffusion.

Lorsque le mécénat est pensé en amont, il peut permettre des opérations de grande envergure. L’opération « Tous mécènes » du Louvre lui a permis d’acquérir Les Trois Grâces, grâce aux dons du public, des entreprises et des fondations d’entreprise.[1] En un mois seulement, 5 000 donateurs ont réuni la somme d’1 million d’euros via le site internet www.lestroisgraces.fr. A l’inverse, nombre d’organisations culturelles et d’artistes sont en besoin structurel de financement.

Je le répète : Pourquoi la culture française ne parvient-elle pas à attirer suffisamment de financements privés ? Pour répondre à cette question, voici un rapide tour d’horizon du financement privé de la culture en France.

Des débuts peu prometteurs : le financement privé réduit au sponsoring.

Depuis les années 1980, le Ministère de la Culture encourage le développement de politiques incitatives quant aux dons des entreprises, « un heureux complément destiné à abonder les deniers publics. [2] Contrairement aux pays anglo-saxons, la France des années 1980 ne parvient pas à associer les mondes de l’économie et de la culture. Dès 1889, John D. Rockefeller crée sa fondation pour les arts vivants notamment le Lincoln Center à New York. Cet exemple est d’autant plus important qu’il met en exergue l’importance du mécénat individuel dans les pays anglo-saxons par rapport au mécénat d’entreprise.[3] Cependant, le jacobinisme français a longtemps réservé le financement et l’organisation de la vie culturelle à l’État, « à une certaine distance du terrain économique et social, et dans une certaine défiance face au monde de l’entreprise. »[4]

Le parrainage, nom francisé par une loi de 1982 pour désigner le sponsoring a longtemps été le mode de financement privé de la culture de référence. Il repose sur un contrat dont le but premier est faire de la publicité : l’entreprise et l’organisation culturelle sont dans une logique « gagnant – gagnant ». Les organisations culturelles parrainées, du fait de leur visibilité et de leur renommée, sont assez importantes pour l’entreprise en termes de retombées publicitaires. Peu d’acteurs de l’offre culturelle peuvent se targuer de cette « capacité publicitaire », qui comptent alors sur le mécénat culturel.

Le mécénat culturel : un cadre attractif depuis 2003

Après les lois de 1987 et de 1990, c’est la loi « Aillagon » de 2003 qui donne l’impulsion au mécénat culturel en France, mettant en place un cadre législatif attractif. Alors que dans les pays anglo-saxons, les particuliers sont les financeurs les plus dynamiques, en France, l’activité repose sur les entreprises.

Lorsqu’un particulier devient mécène, il bénéficie d’une réduction d’impôt de 66% plafonnée à 20% du revenu imposable, avec possibilité de report de l’excédent du don sur 5 ans. Surtout, la loi favorise le doublement de l’incitation fiscale pour les entreprises : réduction d’impôt de 60% sur le montant de l’impôt sur les sociétés dans la limite d’un plafond de 0,5% du chiffre d’affaires avec possibilité d’utilisation de l’excédent pour le paiement de l’impôt dû au titre des cinq exercices suivants – le montant des contreparties étant limité à 25% du montant total du don.

Aux dispositions précitées, s’appliquant à tout domaine d’intérêt général, s’ajoutent des spécificités propres à la culture. En effet, « la culture est à la fois le plus vieux domaine d’activité à bénéficier du mécénat dans l’Hexagone, au moins depuis la Renaissance, et un secteur en pleine mutation, entre la stagnation, sinon le déclin relatif, des financements publics et le défi des nouvelles technologies. »[5] Ainsi, les actions à l’étranger, l’achat d’œuvres d’intérêt majeur pour la France ou d’œuvres originales d’artistes vivants, etc. sont considérés comme des actions de mécénat. Le spectacle vivant est pleinement intégré à ce dispositif : les organismes publics ou privés, dont la gestion est désintéressée, peuvent bénéficier du mécénat d’entreprise, même s’ils sont assujettis à la TVA et autres impôts commerciaux.[6]

Vers l’épuisement du modèle ?

De façon plus concrète, 39 % des entreprises choisissent la culture pour leur action de mécénat (contre 58 % pour le social et la santé et 48% pour le sport). Autre chiffre significatif, 19 % du budget global dédié au mécénat financent la culture, contre 39 % en 2008. 2010 marque donc une chute significative du mécénat culturel.

Le rapport de l’ADMICAL[7] explique cette tendance par une triple dynamique : une dynamique temporelle qui différencie le temps de l’entreprise et le temps de la culture. L’entreprise étant en recherche de résultats rapides et efficaces, le temps long de la création et de la culture n’est pas toujours adapté aux exigences de communication de l’entreprise ; une dynamique de mécénat croisé selon laquelle on associe la culture à des causes plus immédiates comme le sport ou la solidarité ; une dynamique d’utilité, la culture apparaissant comme non essentielle en temps de crise face au besoin de solidarité et de relance de l’économie.

Cette baisse significative procède en partie de la limite de la défiscalisation à 0,5% du chiffre d’affaires pour les entreprises posée par la loi de 2003. En effet, ce chiffre ne permet pas aux PME de donner autant qu’elles le voudraient. Même si des actions sont en cours, cette limite présente un réel handicap pour des organisations culturelles à vocation locale et régionale qui pourraient bénéficier de dons des PME de leur territoire.

Le manque de cohérence dans les stratégies de mécénat des entreprises

Alors que « la culture est devenue une activité majeure dans le paysage industriel »[8], les statistiques du premier semestre 2010 du Ministère de la Culture ont oublié le mécénat, acte manqué illustrant les difficultés à penser une culture financée par le privé.

Le réel problème vient cependant des entreprises qui ne parviennent pas à positionner leur stratégie de mécénat. Doit-il être un mécénat de création ou un mécénat de diffusion[9] ? Mécénat de création, c’est-à-dire destiné aux artistes, mais qui imiterait le rôle du Ministère de la Culture, souvent critiqué. Mécénat de diffusion, qui viserait une action de sensibilisation des publics et répondrait alors à un certain objectif de démocratisation culturelle. Du fait de l’exigence de visibilité et de retours en communication, les entreprises ont des difficultés à bâtir une politique de mécénat construite et cohérente. Les stratégies de mécénat ne sont pas construites comme une opportunité pour l’entreprise de renforcer son identité. Selon Olivier Tcherniak, président de l’ADMICAL, « le culturel est la porte ouverte à l’autre, à la construction d’autres mondes, d’autres visions. Il donne un cap, ce qui est réellement important dans une société ou dans des entreprises souvent en perte de sens ou de repères. »[10]

La France est capable de mener des actions de promotion de sa culture, en témoigne l’acquisition des Trois Grâces par le Louvre. Il faut non seulement l’aider en créant un cadre législatif flexible et adaptable aux différentes entreprises, mais surtout il faut intégrer le mécénat dans l’identité de l’entreprise. Enfin, il faut maintenant s’en convaincre. A bon entendeur !

A noter : le mécénat n’est pas le seul moyen de financement privé de la culture en France. Des modes de financement indirect à l’instar du co-branding connaissent une popularité de plus en plus grande. Nous y reviendrons dans un prochain article.


[1] LeMonde.fr, « Le Louvre va acheter les Trois Grâces grâce aux dons du public », 17 décembre 2010
[2]ROZIER Sabine, « L’action publique en faveur du mécénat », Les politiques culturelles, Les Cahiers Français n°348, Paris, Janvier-février 2009 p15
[3] Conférence de Françoise Benhamou « Les perspectives du mécénat culturel »
[4] SIMON Nicolas et ESHET Marianne, Le mécénat valeur actuelle, Gallimard, Paris 2009, p50
[5] SIMON et ESHET, op.cit., p143
[6] MOREL Philippe, Parrainage, Mécénat et Fondations d’entreprise, Vuibert, Paris, Novembre 2007, p57
[7] Etude ADMICAL-CSA 2010 p14
[8] Conférence de Françoise Benhamou « Les perspectives du mécénat culturel »
[9] SIMON et ESHET, op.cit., p143
[10] Site Communauté Communication et entreprise « Interview d’Olivier Tcherniak »