[Futur en Seine] Triptyque des cyber-explorations

Second projet phare de la semaine Futur en Seine, les cyber-explorations de Claire Sistach, artiste et chercheuse.

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Son dada consiste à rapprocher art et jeu vidéo par ces cyber-explorations :

« Les « cyber-explorations », conçues et réalisées par l’artiste, sont des immersions intensives prenant la forme d’un voyage et d’une investigation créative de plusieurs semaines dans des univers virtuels en ligne, 3D et multi-utilisateurs. L’artiste, à travers ce triptyque, souhaite étudier le vécu psychologique, immersif et relationnel relatif aux jeux en réseaux. Elle vise aussi à interroger plus en détail différents aspects majeurs des jeux vidéo, tels que le pouvoir fictionnel de l’avatar, le caractère habitable d’un monde simulé, la nature des relations avec autrui ou encore la capacité à vivre et fabriquer des situations émouvantes en contexte désincarné. »

Ce projet rapproche une fois de plus art et science, deux univers qui s’auto-alimentent depuis des siècles. L’expérience « réelle » démontrera si ce joli projet parvient à sensibiliser le spectateur, le joueur ou uniquement le chercheur.

Au-delà des questions soulevées par cette expérience, le projet de Claire Sistach témoigne de l’importance grandissante du jeu vidéo dans les industries culturelles et créatives françaises, ou du moins de l’importance que nous commençons à lui donner (si, si, il est soutenu par Ludovni, CNC, CITU/Paragraphe, OMNSH, Professeur Alain Berthoz du Collège de France, ICAN et Dailymotion).

Longtemps considéré comme un parent pauvre (« Le jeu vidéo, de la culture ?!), cette industrie retrouve peu à peu ses lettres de noblesse. Le projet de Claire Sistach va dans ce sens car le monde de la recherche est aussi derrière elle. Pour rappel, le chiffre d’affaires mondial du secteur devrait s’élever à plus de 75 milliards d’euros en 2015. Sur les 250 entreprises françaises recensées par le Syndicat National du Jeu Vidéo, 77 % des sociétés déclarent un chiffre d’affaires supérieur à 1 million d’euros par an.

Bravo à ceux qui continuent à donner des coups de pouce à cette industrie !

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[Futur en Seine] Allocine Cinegift : critique pour tous et diffusion cinématographique

Alors que l’édition 2013 de Futur en Seine (le festival du numérique organisé par le pôle de compétitivité francilien Cap Digital) approche à grands pas, la Baguette culturelle guette les innovations culturelles qui y seront présentées.

allocine cinegift

Première sélection de la semaine : Cinegift, plateforme expérimentale d’Allociné alliant recommandation sociale, VOD et don en ligne.

« Dans un contexte où les modèles économiques des industries culturelles basés exclusivement sur la consommation s’essoufflent, ce projet s’inscrit dans une économie de la contribution où les moteurs des échanges vont de plus en plus reposer sur les valeurs sociales de l’échange, du don et de la confiance.

L’ambition de ce projet, centré sur l’expérimentation d’un nouveau modèle économique, est de créer un service innovant de distribution légale de films et de séries TV. »

A l’heure de l’émergence de sites web de critiques culturelles comme Sens critique, le projet d’Allociné * ouvre de nouveaux horizons à la diffusion basée sur les recommandations des internautes. Ces derniers auront aussi la possibilité de réaliser des dons de films et de séries TV. Lorsqu’un utilisateur achète une vidéo, il pourra en donner l’accès à un de ses proches.

En allant encore plus loin que les plateformes de VOD existantes et en capitalisant sur la force d’Allociné (les nombreuses critiques des internautes et une incroyable base à exploiter), ce projet laisse rêveur. Le modèle qu’il promeut allie prescription des influenceurs web et économie de l’échange et de la contribution.

Ma seule interrogation ? Le contenu ! Quels sont les films et séries TV que nous seront amenés à consulter ? Le développement de la plateforme ira t-il jusqu’à l’implication des internautes dans la production via du crowdfunding, créant ainsi une plateforme sociale audiovisuelle tout-en-un ?

A découvrir donc dès jeudi 13 juin au 104 et partout ailleurs (le programme ici.)

* en partenariat avec NoDesign, HEC, Télécom ParisTech, l’IRI et le LIP6, et le concours de ThinkMarket.

En savoir plus sur le site de l’IRI

Les industries créatives et les questions de société : European Street Design Challenge à Futur en Seine

A l’occasion de l’ouverture du Festival Futur en Seine, organisé par Cap Digital, je souhaite mettre en avant une initiative qui mêle innovation, création, urbanisme et politique. Pour sa troisième édition, l’European Street Design Challenge va se centrer sur la création d’un sentiment de communauté au sein des immenses et complexes Mégapoles du futur.

Le projet émane de The Creative Cooperative, association qui promeut les valeurs d’innovation et de collaboration. Avec the European Street Design Challenge, elle se saisit des enjeux sociétaux et politiques. Au même titre que des quartiers culturels ont pu être créés à Baltimore, la ville est replacée au cœur des dynamiques économiques et politiques. Ces aspects me semblent essentiels pour une réelle compétitivité, d’autant qu’elles intègrent la variable culturelle au sens large.

Le concours permet à de jeunes créateurs venus du monde entier de proposer des solutions innovantes et « intelligentes », grâce à l’utilisation de méthodologies ouvertes et collaboratives, avec les outils numériques et de prototypage. Les équipes qui concourent cette année viennent d’Autriche, des Pays-Bas, du Royaume-Uni et de Chine.

Le cas choisi pour cette année est le futur Campus Condorcet entre Aubervilliers et la Porte de la Chapelle, qui deviendra le plus grand lieu des Sciences Humaines en Europe. Le lieu peut paraître difficile d’appréhension car il s’agit d’un mélange entre industries et cultures différentes. Parvenir à regrouper ces différentes identités dans un concept civique et participatif est un réel défi pour les jeunes créateurs.

Dès jeudi, ils présenteront leurs projets lors d’écuries au 104. Les inscriptions, c’est ici.

Vous pouvez revoir les gagnants de l’année passée .

Ce projet est à suivre, alors n’hésitez pas à vous rendre au 104 et à participer à Futur en Seine.

Camille Delache