Pour une francophonie iconoclaste par Damien Soupart

Le Rapport Attali, rendu à M. le Président de la République le 26 Août, est intitulé « La francophonie et la francophilie, moteurs de croissance durable ». Après lecture de cette somme considérable d’entretiens, de données économétriques et de propositions (53 au total, réparties au sein de sept domaines d’actions), il apparaît deux sentiments contradictoires : le premier est positif, considérant avec bienveillance cet exercice sans précédent qui fait autant la lumière sur les statistiques optimistes (il y aurait 770 millions de francophones en 2060[1]) que celles postulant « un effondrement francophone » d’ici 2050[2]. C’est assez rare pour être souligné. Il y a ainsi 211 millions de francophones dans le monde en 2014.

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Le second sentiment ressemble davantage à de l’inquiétude. En effet, ce rapport repose sur quatre postulats qui trahissent une conception continûment erronée de la France par rapport à la francophonie : la France commence à sortir de sa zone de confort historique, mais encore insuffisamment pour prendre la pleine mesure de ce qu’est devenue la francophonie – sans que la France n’en soit d’ailleurs à l’origine – à savoir un ensemble de réalités géoéconomiques et géopolitiques autonomes.

 

1) La France ne réalise pas que la langue française n’est pas sienne

C’est à la page 58 du rapport, à l’orée de la présentation des propositions, que cette contradiction fondamentale surgit : « L’ensemble de ces propositions est formulé à budget constant. Elles devront être portées

par un ministère fort de la francophonie ». Ces 53 propositions qui concernent les 37 pays francophones[3], ne pourront jamais être réalisées par la seule France, sur les seuls deniers français. Cela semble être une lapalissade mais cela n’est mentionné nulle part. Le fait que la France ne fasse pas mention explicite de cette réalité se révèle problématique. La langue française n’appartient pas à la France et un Ministère français fort ne saurait légitimement porter ces propositions.

 

2) Un développement francophone suppose une stratégie partagée et des alliés francophones

Ce rapport généreux, qui égrène les propositions sans aucune hiérarchisation ni mode d’emploi, traduit un des maux français : l’incapacité à se projeter dans une posture stratégique. Lié au premier postulat erroné (« La France ne réalise pas que la langue française n’est pas sienne »), la France suppose que l’Histoire joue en sa faveur et qu’elle la dédouane de penser le monde avec ses alliés francophones, de façon concertée. Ceux-ci ne sont évoqués qu’à la marge dans ce rapport alors qu’ils sont beaucoup plus actifs que la France (pour certains d’entre eux), tels la Belgique ou le Canada. A la lecture du graphique ci-dessous, nous nous rendons compte que l’ensemble des pays francophones hors France ont une force de frappe économique bien supérieure à la France seule.

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Dès la première page du rapport, cette ambivalence appert : « la francophonie […] constitue une aire linguistique suffisamment diverse pour éviter la sclérose, et suffisamment cohérente pour prévenir la dispersion ». La France postule ainsi, tacitement, que l’aire linguistique francophone est « suffisamment cohérente » pour pouvoir y agir unilatéralement. Au nom de quoi l’aire linguistique francophone serait cohérente ? Par ailleurs, ne devrions-nous pas parler des aires francophones plutôt que d’une aire linguistique francophone qui laisse accroire que celle-ci serait unifiée, ce qui dans les faits n’est pas le cas.

3) La francophonie économique est une économie dirigée

A la lecture de ce rapport, une question apparaît naturellement : les économies francophones sont-elles des économies dirigées ? En effet, à travers certaines propositions, ce questionnement ingénu paraît fondé. Par exemple, la proposition n°16[4] (« Créer un Netflix francophone ») fait fi de la genèse (privée) et du processus de destruction créatrice imposés par l’apparition de Netflix aux Etats-Unis. Dans les faits, aucune autorité politique ne peut décréter la création d’un tel service, d’une telle innovation de rupture. Nous comprenons évidemment la finalité d’une telle proposition (maintien de la diversité culturelle face à l’ogre anglo-saxon Netflix au moment de son arrivée en France) mais nous ne pouvons la partager, du fait de son apparence et de son caractère intrinsèquement dirigiste.

La proposition n°27[5] est dans la même veine : « Mobiliser les acteurs français du numérique (Orange, Bouygues, Numéricable et Free)

sur un projet d’expansion rapide des réseaux dans les pays francophones du sud

». Au regard du coût du déploiement de la 4G en France et de la fonte généralisée des marges bénéficiaires de ces acteurs suite à l’arrivée de Free sur le marché, il semble assez irréaliste d’un point de vue économique de vouloir lancer ces acteurs français « sur un projet d’expansion rapide des réseaux dans les pays francophones du sud ». Ne doit-on pas être solide sur son marché historique avant de se lancer à l’export ? Là encore, une alliance, de type francophone, avec des opérateurs belges, canadiens, suisses et/ou marocains ne seraient-elles pas plus logiques et plus valables économiquement ?

 

4) Un mimétisme institutionnel qui dessert la francophonie

C’est justement parce que ce monde francophone n’est pas aussi cohérent que l’on voudrait le faire croire qu’une construction équivalente à celle de l’Union Européenne est une insanité. L’Union Européenne est apparue à une époque bien particulière, au sortir de deux guerres mondiales. Les Etats voisins européens ont une histoire commune – a minima depuis la Renaissance – et des réalités fratricides se sont longtemps imposées à eux au quotidien. Ce n’est nullement le cas des pays francophones qui ne sont parfois pas voisins, ni sur le même continent et de facto membre d’ensembles régionaux quelque fois éloignés au possible de la langue française (c’est de plus en plus le cas de l’Union Africaine…).

Dès lors, cette proposition n°53[6] qui consiste à vouloir dupliquer une construction juridique, économique, politique et financière singulière à un espace francophone qui ne ressemble en rien à l’Europe des Six de 1957 est une aberration intellectuelle. Elle correspond à un avertissement formulé par Jean-Claude de l’Estrac[7] dans l’un de ses articles : « Encore faut-il éviter les effets d’annonce guidés par les modes intellectuelles ». C’est précisément cela : la mode intellectuelle de l’Union Européenne appliquée à des réalités francophones plurielles et polymorphes dessert davantage la langue française qu’elle ne lui apporte. Un objet aussi singulier que la francophonie mérite bien une construction institutionnelle singulière, comme l’Union Européenne est une construction institutionnelle unique en son genre, propre à cette parcelle de continent eurasiatique.

 

En définitive, l’autre nom du rapport Attali pourrait être « ce sera la langue française ou le déclin ». Nous ne pouvons qu’être d’accord avec ce constat lucide. C’est une réelle prise de conscience à laquelle nous sommes en train d’assister. Prise de conscience nécessaire mais insuffisante pour réaliser in concreto cette francophonie économique sur les cinq continents.

Davantage d’audace et d’iconoclasme sont requis à l’avenir pour donner de la vigueur à cette belle idée de francophonie économique.

Damien Soupart

[1]    Page 53 du rapport.
[2]    Page 45 du rapport.
[3]    Détails du calcul page 3 du rapport.
[4]    Page 65 du rapport.
[5]    Page 69 du rapport.
[6]    Page 79 du rapport.
[7]    Jean-Claude de l’Estrac est candidat à la succession d’Abdou Diouf, à la tête de l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF).

            http://www.lesechos.fr/idees-debats/cercle/cercle-101949-la-francophonie-economique-une-vision-solidaire-de-la-mondialisation-des-echanges-1018251.php?F75rkO0OxsquxYLL.99

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Les espaces francophones, avenirs de l’Intelligence Économique par Damien Soupart

Il est souvent dit que pour réussir une nouvelle activité en France, il faut d’abord montrer l’efficacité de son idée à l’étranger. Nous pensons que cette assertion vaut également pour le domaine de l’Intelligence Économique. Discipline peu connue, dont l’évocation inquiète toujours son interlocuteur, régulièrement confondue avec le marketing, la veille et/ou le planning stratégique, l’Intelligence Économique représente une alliance singulière mais vitale qui combine des postulats théoriques, des outils, des méthodes et une ou plusieurs finalités qui peuvent aisément faire l’objet d’une évaluation.

Language of business BloombergCette discipline peine à trouver en France son sentier de croissance. Afin de concrétiser davantage ce paradigme en émergence, celui de francophonie économique, nous postulons que l’Intelligence Économique a toutes les chances de réussir davantage au sein des divers espaces francophones (Afrique, Amérique du Nord, Amérique du Sud, Asie, Moyen Orient), et cela pour quatre raisons.

Une raison de conception de l’Intelligence Économique. La plupart des grands cabinets d’Intelligence Économique sont anglo-saxons. Nous n’en dresserons pas ici une liste mais la pratique du renseignement économique se rapproche historiquement davantage de la mentalité d’outre-Manche et d’outre-Atlantique. Pour autant, la « business intelligence » à l’anglo-saxonne fondée principalement sur des puissances de collecte d’informations brutes n’a pour nous aucun avenir. Le terme d’Intelligence Économique (sous-entendu à la française), reposant sur une étymologie latine structurelle, symbolise des pratiques alternatives plus fines de cette matière, plus déontologique et prenant davantage en compte la notion de territoire. Pareillement, la technique n’est pas vue comme une fin mais bien comme un outil au service du développement. Enfin, cette conception place l’Homme, son intégrité physique et intellectuelle, au-delà de toutes considérations.

Une raison démographique. Comme un récent article du Monde le rapporte (paru dans l’édition du 4 Novembre 2013), « la francophonie, avenir des médias français »[1]. Cet article postule que l’avenir des médias français repose sur la pénétration des marchés francophones, notamment africains. Cette hypothèse repose essentiellement sur l’argument démographique et sur la statistique usitée suivant laquelle la population francophone sera majoritairement africaine à l’horizon 2050. De façon comparative, ce basculement démographique au sein des grandes aires linguistiques a déjà eu lieu par exemple au sein de l’espace lusophone : il y a désormais plus de locuteurs de langue portugaise au Brésil et en Afrique lusophone qu’au Portugal, foyer originel de cette langue.

Une raison géopolitique. Comme le rappelle le dernier éditorial de Charles Saint-Prot[2], la francophonie représente un réel enjeu géopolitique. Facteur de stabilité et d’équilibre stratégique, l’enjeu francophone va au-delà de la simple pratique de la langue. Vecteur de valeurs (dont le multilinguisme) et d’un nécessaire contre-poids aux alliances anciennement bien établies (alliances économiques type Union Européenne ; alliances militaires type OTAN), la francophonie représente une alternative solide à l’empire anglo-américain, dont la diffusion de la langue anglaise est l’un des symboles les plus visibles[3]. De même, au traditionnel binôme de puissance théorisé par Paul Kennedy[4] (puissance économique et puissance militaire doivent être obligatoirement corrélées pour dominer), pourquoi ne pas rajouter une clé de compréhension linguistique ? Dès lors, l’Intelligence Économique serait un outil supplémentaire dans une optique d’équilibre des puissances.

Une raison économique. Les dynamiques de commerce « Sud-Sud » fleurissent. La position conquérante du Maroc au sein de l’Afrique subsaharienne, le potentiel de croissance de la République Démocratique du Congo ou la position stratégique et volontariste de la Côte-d’Ivoire sont des exemples parmi d’autres de la croissance des pays francophones. Le marché de l’Intelligence Économique croît en conséquence. Il y a donc tout intérêt à se prépositionner sur ces marchés.

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Ainsi, l’Intelligence Économique semble bénéficier d’une fenêtre d’opportunités non négligeable pour se développer sur des marchés en croissance, actuels et futurs. La récente décision prise par le Maroc de pratiquer l’intelligence économique territoriale[5] montre que les vues exposées dans cet article ne sont pas insanes. Elles demandent seulement à être concrétisées, en allant dans des pays tests (Cameroun, Laos et Kurdistan irakien) afin de montrer la pertinence des espaces francophones comme relais de développement de l’Intelligence Économique à la française.

Damien Soupart

La francophonie économique, par Damien Soupart

Pas une seule semaine depuis cette moitié d’année 2013 écoulée sans entendre parler de « francophonie économique ». Malgré cette profusion sémantique, il semble exister autant de définitions que de locuteurs. Dommage pour une idée qui a fait son apparition à la fin des années 1980 et qui, depuis, a réussi le paradoxal tour de force de multiplier les organisations et les entités comportant son objet, tout en ne concrétisant pas cette idée.

Officiellement[1], la francophonie économique se caractérise par un ensemble d’actions accompagnant les acteurs privés et publics dans leurs stratégies et politiques de développement économique et social, de réduction de la pauvreté et de création de croissance. A la lecture de cette définition consensuelle, nous ne pouvons nous empêcher de nous rappeler le mot de Philippe Séguin, contenu dans l’un de ses livres sur la francophonie (« Plus français que moi, tu meurs!) : « Au lieu de chercher à s’entendre sur des perspectives claires, on s’est contenté, pour tourner la difficulté, d’accumuler les ambitions ».

Qui dit accumulation des ambitions dit presque obligatoirement multiplication des organes, comités, associations, cellules, fédérations et autres directions prétendument en charge de la francophonie économique. Une simple cartographie ci-dessous pour représenter cette profusion organisationnelle, au sein de la seule France :

Cartographie Franco economique V1

Conséquence d’un tel amoncellement de structures ou symbole de problèmes structurels et conceptuels plus profonds, la francophonie économique peine à se concrétiser. Nous établissions déjà ce constat il y a un peu moins d’un an, sur ce même blog.

Depuis, le constat est toujours le même à un niveau organisationnel macro mais les applications in concreto de cette belle idée de francophonie économique deviennent plus fréquentes.

  1. Une première étude académique, qui sera complétée par d’autres dans les prochains mois, a tenté de définir « le poids économique de la langue française dans le monde ». Au travers d’une définition de périmètre originale et d’une solide méthode, les deux auteures montrent la réalité de l’idée de francophonie économique et l’intérêt qu’il y aurait à fournir des efforts en vue de son développement.
  2. Des fonds d’investissement se développent et se pérennisent pour proposer des solutions face aux problèmes récurrents de financement qui touchent les TPE/PME. C’est le cas d’I&P, repris en 2011 par Jean-Michel Severino, ancien patron de l’AFD.
  3. Des rencontres et des événements à visée économique prennent forme, notamment sur le continent africain. C’est toute l’ambition du CJD International.
  4. Des outils (notamment de communication), francophones dans leur essence, commencent à apparaître. C’est le cas de LibertyTel, qui offre la solution la plus avantageuse pour les francophones de communiquer.

La francophonie économique, ce sont davantage ces entrepreneurs issus des cinq continents qui contribuent, par leurs inventions, leur projets et leurs énergies, à viabiliser cette notion.

Damien Soupart

NB : si cette notion de francophonie économique vous intéresse, sachez qu’un groupe de travail planche sur 30 Propositions concrètes en faveur de cette belle idée.

Le manifeste / programme de travail est ici :

http://www.ajfoimonde.org/documents/francophonie_economique.pdf

Pour plus d’informations, n’hésitez pas à m’écrire : damien.soupart@ajfoimonde.org


[1] Définition issue du site institutionnel de l’OIF : http://www.francophonie.org/-Economie-294-.html

La francophonie économique, premier échec par Damien Soupart

C’est en République Démocratique du Congo (RDC), régulièrement décrit comme le pays africain francophone le plus peuplé, que va se tenir le XIVème Sommet de la Francophonie. Au-delà des polémiques stériles sur la présence ou la non-présence de François Hollande à ce Sommet, concentrons-nous et tentons des mises en rapport de faits et de réalités peu évoquées dans la presse. Aujourd’hui, nous allons voir que la tenue et la teneur de ce XIVème Sommet de la Francophonie va à l’encontre flagrante de la notion de « francophonie économique »[1].

 

Comme nous l’apprennent les statistiques du Ministère des Affaires Étrangères[2] et du Ministère de l’Économie[3], la France et la Belgique sont déjà distancées en termes d’échanges et d’investissements avec la RDC, au profit de la seule Chine. Elle est désormais le second investisseur, avec plus de 15 % des parts de marché. Au détour d’un article pioché sur la Toile[4], nous apprenons que c’est la société chinoise « SINOHYDRO » qui est en train de réaliser l’autoroute sur laquelle vont se déplacer les Chefs d’État francophones lors de ce Sommet. Dans le même ordre d’idée, l’article mentionne que « 5000 voitures de luxe » serviront à transporter et à acheminer les délégations présentes lors de ce Sommet. Pas n’importe quelle marque : des Jaguar (marque récemment rachetée par Tata, conglomérat indien) et des Lexus (marque de luxe du groupe Toyota).

À côté de ces faits bruts, les partisans de la Francophonie économique sont régulièrement bercés par des tribunes ou des études intellectuellement fondées, mais dépourvues de portée concrète. Une récente étude publiée par l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF)[5] rappelle à raison que « la francophonie est une valeur sûre » et que les pays membres et observateurs de l’OIF représentent « 14 % de la population mondiale » et « 20 % des échanges mondiaux ». Mais l’on n’y apprend toujours pas la part des échanges réellement « francophones », entre pays membres de l’OIF. Pareillement, une récente tribune dans Libération affirme sans aucune nuance que « la francophonie sera économique et africaine »[6]. Cet article est une combinaison hasardeuse de considérations économiques, politiques, géostratégiques, mais aussi morales puisque l’on peut y lire que « la francophonie économique doit faire émerger la voie médiane, celle de la raison éthique ».

 

Après l’exposé de ces faits, la francophonie économique semble vidée de son contenu. Car, au-delà des détails de l’Histoire concernant la logistique du Sommet, l’Afrique reste le continent de toutes les convoitises et des stratégies offensives. Un exemple ? Forbes lance une édition francophone intitulée « Forbes Afrique »[7]. Ce magazine a pour cible claire les « vingt-trois » pays d’Afrique francophone. Le lancement de ce nouveau magazine anglo-saxon s’est évidemment tenu à Brazzaville, en RDC. Dans le même temps, l’hebdomadaire Jeune Afrique nous rappelle que « les États-Unis se sont lancés à la conquête des territoires francophones d’Afrique »[8].

 

Face à cette stratégie constituée et solide, notre position semble bien fragile et timorée : préférence francophone inexistante, faible coordination des acteurs, faible mobilité, implantation massive de « business schools »[9] et surtout, méconnaissance généralisée et continue des potentialités ouvertes par cette notion de « francophonie économique ».

 

Une seule solution pourrait encore nous permettre de ne pas complètement disparaître économiquement de ces espaces, que d’aucuns envisagent encore comme autant de prés carrés français. Il s’agirait de ne pas recommencer l’erreur française, celle qui consiste à vouloir faire des échanges, soutenir l’export et développer le commerce sans pratiquer l’intelligence économique, qui lui est pourtant consubstantielle.

 

Comme le rappelle M. Hervé Cronel, Conseiller économique auprès du Secrétaire Général de l’OIF, il faut « utiliser tous les outils de l’intelligence économique au service d’une vision politique ». Jean-Louis Levet, un des promoteurs de l’intelligence économique en France, écrivait dans son dernier ouvrage[10] que « la promotion d’un modèle de pensée français et francophone était un facteur essentiel de puissance économique, une priorité géostratégique ».

 

Quel dispositif de « diplomatie économique » sera ainsi mis en place lors du Sommet de la Francophonie ? L’avenir proche nous le dira. Quoi qu’il en soit, l’impératif de francophonie économique demeure.

 

Damien Soupart


[1] http://www.cercle-richelieu-senghor.org/index.php?option=com_content&view=article&id=185
[2]http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/pays-zones-geo/republique-democratique-du-congo/presentation-de-la-republique-1274/article/presentation-1760#sommaire_3
[3] http://www.tresor.economie.gouv.fr/3343_presence-chinoise-en-rdc
[4] http://www.digitalcongo.net/article/86207
[5] http://www.francophonie.org/IMG/pdf/Impact_economique_francais.pdf
[6] http://www.liberation.fr/monde/2012/08/26/la-francophonie-sera-economique-et-africaine_841934
[7] http://www.slateafrique.com/91667/forbes-lance-sa-version-africaine-francophone
[8] http://www.jeuneafrique.com/Articles/Dossier/JA2683p072.xml0/usa-p
[9] http://www.africadiligence.com/les-business-schools-un-enjeu-strategique-pour-lafrique-par-serge-tchaha/
[10] « Réindustrialisation, j’écris ton nom », http://www.jean-jaures.org/Publications/Les-etudes/Reindustrialisation-j-ecris-ton-nom