Les pouvoirs de la culture : retour sur les moments forts du Forum d’Avignon

Depuis vendredi, La Baguette culturelle était présente à la sixième édition « Les pouvoirs de la culture » des rencontres du Forum d’Avignon, laboratoire d’idées sur la culture et l’économie. Retour sur les moments forts du Forum.

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1. Le premier débat “Pas de politique sans culture” avec Erik Orsenna, Badr Jafar, Chetan Bhagat, modéré par Denise Bombardier

Peut-être le débat le plus concret du forum, mettant ensemble un économiste, un business man et un écrivain, quelques morceaux choisis ci-dessous :

« Un des éléments de la culture, c’est de passer de la dépression à la fierté »

« La culture a besoin du secteur public surtout pour fixer les règles du jeu et pour garantir le long terme »

« Pourquoi ne pas redéfinir le ministère de la culture ? Notre sentiment d’éternité n’est pas bon »

Erik Orsenna

« Le secteur privé a peur de la Culture en Inde »

« Besoin d’une grande psychothérapie pour la culture indienne : servilité, éducation de castes… »

Chetan Bhagat

« La culture c’est être en éveil, avoir une vision et savoir ensuite l’appliquer au politique, elle surpasse souvent les contraintes et les privations de liberté. »

« La diplomatie culturelle doit permettre d’importer des cultures dans nos pays mais aussi d’exporter la notre. Il n’y a pas de ministre de la culture aux Etats-Unis et leur culture s’exporte dans le monde entier »

Badr Jafar

2. Itay Talgam lançant le hackathon

Comme l’année passée, le chef d’orchestre israélien nous donne une petite leçon de savoir vivre et de management avec le grand Leonard Bernstein :

Retrouvez d’ailleurs son TEDX ici « Diriger comme un grand chef d’orchestre »

3. La présence de Lawrence Lessig

Intervenant lors de la première table ronde, le fondateur des Creative Commons revenait au Forum d’Avignon après 4 ans … mais sans pour autant nous secouer de ses grandes idées. Peut-être l’année prochaine ?

4. L’étude de Louvre Alliance pour un ministère de l’Esprit

Etude sans chiffre (un peu de poésie dans ce monde de chiffres ne fait jamais de mal), elle encourage un discours amoureux sur la culture en Europe. La préconisation principale du rapport est de créer un « ministère de l’esprit » en Europe. Pourquoi ce terme ? « Car le mot ‘esprit’ se situe hors de tout pouvoir mais dans le champ de la puissance. »

Retrouvez l’étude de Louvre Alliance Culture, territoires & pouvoirs : l’esprit d’Atlas ici

5. Le ministre de la culture sénégalais Abdoul Aziz Mbaye

Intervention rafraichissante et stimulante, le ministre de la culture sénégalais commence son discours par :

« Je suis très heureux d’être sortie du conclave car je suis maintenant protégé par la liberté d’expression de l’Université d’Avignon. »

Pour lui la crise actuelle est la première à toucher toutes les cultures, y compris l’Occident. Elle teste les cultures, y compris les plus solides.

Les conséquences sont là : les dominants ne sont plus les dominants, les pays européens ne « soutiennent » plus le développement de l’Afrique car la Chine les a remplacé.

« Elle va même nous accompagner dans la construction d’un musée des civilisations noires et laisse libre cours à notre imagination. » Et cela va fonctionner car « beaucoup de jeunes veulent de l’autodéveloppement et pas du développement. »

Et de conclure brillamment :

«  Ne vous laissez impressionner par personne, vous, jeunesse d’Europe. Revendiquez qui vous êtes d’abord c’est l’engagement qui fera de vous des acteurs du changement. »

6. L’événement croqué par les dessinateurs de Cartooning for Peace

Conçue par le dessinateur français Plantu, Cartooning for Peace est une initiative née le 16 octobre 2006 au siège de l’ONU à New York. Organisée par Kofi Annan, alors Secrétaire général de l’ONU, une conférence de deux jours réunit 12 des dessinateurs de presse les plus renommés au monde pour « désapprendre l’intolérance ».

Liza Donnelly pour le Forum d'Avignon 2013

Les dessinateurs ont accompagné la sixième édition du Forum de leurs dessins et de leur humour.

Retrouvez le site de Cartooning for Peace ici.

Seul petit bémol : le manque de représentation des acteurs de l’entre-deux.

La Baguette culturelle se penche sur les questions liées à cette économie émergente entre intérêt général et secteur marchand, entre petites associations et grosses machines. Les industries culturelles et créatives de demain sont aussi là et il serait bon de ne pas les oublier.

Voilà, la sixième édition du Forum d’Avignon s’achève aujourd’hui. Merci d’avoir accueilli la Baguette culturelle, de l’avoir suivi, lu, retweeté.

Camille Delache

Le Big Data au Forum d’Avignon 2013 : 3 questions à Fabrice Naftalski et Solenne Blanc d’EY

Depuis 6 ans, EY accompagne le Forum d’Avignon dans l’analyse des grandes tendances actuelles et publie une étude. Cette année, le fruit de ce partenariat est consacré au nouvel or noir : le Big Data. Voilà quelques années que le concept émerge doucement et il est aujourd’hui à l’honneur au Forum d’Avignon. Souvenez-vous ce qu’Henri Verdier, aujourd’hui directeur d’Etalab, disait déjà il y a deux ans :

« Tout ce que nous connaissions du web va changer à nouveau avec le phénomène des big data. […] Naviguer dans ce nouveau web demande une nouvelle science. » et de finir « Pour être honnête, on sent bien que le business n’est pas encore tout à fait au rendez-vous. »[1]

Et bien c’est désormais chose faite !

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L’étude Comportements culturels et données personnelles au cœur du Big data questionne le juste équilibre entre le pouvoir grandissant du e-CRM culturel et la vie privée, entre les schémas de prévision individuels et la sérendipité :

« Si le Big data apparaît comme une rupture majeure qui nous ferait définitivement quitter une ère, dont l’épuisement des ressources fait poindre des limites, pour entrer dans une économie du savoir et de la connaissance prometteuse, il est urgent d’apprendre à préserver la fragilité de cette ressource qu’est la donnée personnelle culturelle, dont la pérennité repose sur les équilibres subtils et les responsabilités partagées, qui jetteront les premiers jalons de ce nouveau marché en pleine structuration. »

Fabrice Naftalski, associé d’Ernst & Young Société d’Avocats et Solenne Blanc, directrice associée d’Ernst & Young Advisory ont répondu à 3 questions pour la Baguette culturelle sur leur étude.

Pourquoi un acteur comme EY s’intéresse t-il aux big data ?

F. N : On s’y est intéressé car tout le monde en parle : les big data sont un sujet encore indéfini mais où on voit énormément d’opportunités. Dans la dimension conseil de notre métier, on recommande de plus en plus à nos clients de se tourner vers le big data.

On y voit surtout un levier formidable d’innovation et d’anticipation, mais aussi tout un jeu d’équilibres : la création de richesse, le partage de cette richesse et la protection des individus.

Nous avons essayé d’analyser ces enjeux mais avec une difficulté supplémentaire qui est que le concept de donnée culturelle personnelle n’est pas nommé. Elle est abordée par plusieurs angles du droit :

  • La donnée personnelle donc la donnée de l’intimité voire sensibles : on sait ce que vous lisez, vos croyances, vos opinions politiques.
  • La propriété intellectuelle : selon ce qu’on fait du big data, on fait face à de la création, de l’innovation qu’il faut protéger dans l’intérêt des créateurs et dans l’intérêt général.
  • Le droit de la concurrence : plusieurs acteurs ont atteint des volumes énormes de données et font aujourd’hui face à des revendications de partage de données. Dans un souci d’intérêt général, le droit doit permettre à tous les acteurs d’avoir un accès commun.

Dans le prolongement du big data, qu’en est-il des questions d’open data pour vous, vos clients et vos activités et surtout de l’intérêt général ?

S. B : C’est une vraie opportunité de créer des services à valeur ajoutée pour l’utilisateur final. La difficulté est surtout de savoir qui va vraiment exploiter ces données, qui s’en saisit ?

Surtout, les acteurs de la culture eux-mêmes ont du mal à organiser leurs propres data alors avant d’aller chercher à l’ouvrir, je pense qu’il y a un premier travail de structuration et d’organisation. Il y a une culture de la donnée à acquérir qui est encore assez nouvelle : fédérer et collecter ces données pour ensuite la croiser avec des données de contexte, il y a encore beaucoup de marge de manœuvre.

[ndlr : la première partie de l’étude insiste beaucoup sur l’importance du contexte « content is king but context is King Kong » p.10 notamment]

Nous revenons ainsi beaucoup dans l’étude sur la question suivante : comment vous, acteurs de la culture, pouvez travailler pour vous organiser en interne et obtenir une vision unifiée ? Ensuite, par des jeux d’acteurs et d’alliances avec des jeunes pousses qui vont amener des innovations technologiques, elles pourront exploiter leur big data et in fine travailler sur l’open data.

On assiste donc à une création de valeur mais pas seulement économique mais aussi une valeur d’usage.

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Comment vous adressez-vous aux acteurs de l’entre-deux, c’est-à-dire ces nouveaux acteurs qui utilisent et créent de la data, loin des « grands noms » présents ici, mais porteurs d’innovation ?

[ndlr : j’évoque notamment Sens critique en leur posant la question, déjà vu sur ce blog !]

S.B : Nous nous intéressons principalement à l’écosystème autour de ces questions : l’utilisateur lui-même qui génère de la donnée, les établissements culturels qui sont amenés à collecter et à questionner les données culturelles, des agrégateurs, des analystes statistiques, de start-up qui vont avoir des idées de service à construire.

Il faut que des alliances se fassent pour cet écosystème exploite utilement la donnée personnelle culturelle. On ne pense pas que ce sont les acteurs digitaux tous seuls ou les institutions toutes seules. Il faut surtout que ces univers apprennent à travailler ensemble et que c’est grâce à ça que le dynamisme va se créer.

Merci à eux d’avoir répondu à mes questions et en espérant que le big data donne rendez-vous aux innovations et nouveaux usages pour la prochaine édition du Forum.

Je signale au passage une autre étude très intéressante d’EY, qui fait définitivement partie des acteurs ayant compris l’importance et le potentiel des ICC : Panorama des industries culturelles et créatives et le site France Créative créé pour l’occasion.

Retrouvez l’étude sur le Big Data sur le site du Forum d’Avignon en cliquant ici.

Le site d’EY c’est .

Forum d’Avignon 2013 : rencontre avec la start-up GuestViews

Pour la première fois cette année, le Forum d’Avignon organise un hacktahon et a invité la start-up « Guest Views » à plancher sur un des sujets « Prescrire la culture ». Rencontre avec celle qui veut « réinventer la relation entre les lieux culturels et leurs visiteurs ».

logo-gv-line-BK-2000 GuestViews a pour ambition de créer un lien durable entre les visiteurs et les institutions culturelles en proposant une application sur site qui collecte les informations des visiteurs. Concrètement, le public accède à la tablette après l’exposition et donne son retour « à chaud » sur son expérience culturelle (avis général, œuvre préférée, évaluation de la visite et du lieu).

Les institutions culturelles, elles, récupèrent des bases de données et des analyses de leur vivier de visiteurs, méthodes encore peu exploitées dans le secteur culturel (et oui, on en revient toujours aux data !) Elles utilisent GuestViews pour exploiter les leviers de satisfaction de leurs visiteurs et entrent ainsi dans un dispositif de marketing relationnel.

Quelques questions aux fondatrices, Alizée Doumerc et Camille Caubrière :

Comment vous est venue l’idée de GuestViews ?

« L’idée est née de manière empirique. Nous avons toutes les deux travaillé plusieurs années dans le secteur culturel et notamment dans les lieux d’expositions. En observant le parcours des visiteurs, nous avons remarqué qu’il n’y avait peu d’outils permettant de récupérer des informations sur eux. Les outils mis en place étaient la plupart du temps désuets et incomplets (fiches de contact), inexploitables (livres d’or), très onéreux (études sur les publics) ou peu représentatifs des visiteurs physiques (fans sur les réseaux sociaux).

Dans une période de crise économique, nous avons cerné un besoin : celui de rationaliser et valoriser les flux d’informations qui émanent des visiteurs, de les transformer en ressources et ce, grâce au potentiel du numérique. »

En 3 mots, comment décririez-vous GuestViews ?

– fiable

– interactif

– modulable

En quoi le CRM va t-il permettre aux musées de se rapprocher de leur public ?

« GuestViews est à la fois un outil qualitatif de prolongement de visite et un outil de CRM. GuestViews n’est pas un outil de médiation, qu’elle soit physique et intime (via un médiateur) ou matérielle (audioguides, applications de visite).

C’est un outil participatif de collecte de données sur les visiteurs (réaction, satisfaction, comportement) qui va permettre aux musées de mieux comprendre les attentes des visiteurs tout en améliorant leur expérience de fin de visite (souvent bâclée). En donnant la parole aux visiteurs, GuestViews implique le public directement à l’amélioration de l’offre et de l’expérience au sein des lieux culturels. »

Une fois l’outil CRM implanté et efficace dans un musée, quelle est la prochaine étape selon vous ?

« La prochaine étape : continuer de développer et d’apporter des améliorations à notre outil. Viser les pays culturellement dynamiques à l’échelle européenne (Suisse, RU par exemple) puis le marché international.

Se focaliser ensuite sur les utilisateurs en leur proposant un site complet sur lequel ils peuvent interagir, recevoir des recommandations en fonction de leur goût pour offrir à terme une nouvelle forme de prescription culturelle. »

Elles vous présentent leur outil à la Paneterie du Palais des Papes pendant tout le forum et participent au Hackathon (résultats demain à l’Université d’Avignon).

Pour plus d’informations :

www.guestviews.co

Suivez-les sur Facebook et Twitter

Contactez-les : alizee@guestviews.co et camille@guestviews.co

Camille Delache

Le Forum d’Avignon 2013, c’est aujourd’hui : les pouvoirs de la culture

Dès cet après-midi, le Forum d’Avignon s’ouvrira au Palais des Papes d’Avignon sur les pouvoirs de la culture. Suivez les débats et les aventures du Forum sur La Baguette culturelle, mon compte Twitter, et en Live sur le site du Forum.

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Retrouvez le programme ici

« Premier débat cet après-midi « Pas de politique sans culture » :

Si l’association de la culture et du politique a produit le meilleur comme le pire en magnifiant ou manipulant patrimoine et création au gré des régimes, elle reste indispensable. La réduire à son rôle dans le développement économique, à la fierté d’appartenance ou au rayonnement international nierait sa spécificité alors qu’elle appelle à jouer un rôle constructif dans le monde qui se met en place.

Mais à l’heure de la mondialisation, quelle place tient la culture dans le politique et le politique dans la culture ? 

Avec la participation de : Erik Orsenna, Badr Jafar, Chetan Bhagat, Denise Bombardier »

En attendant, retrouvez les études réalisées pour l’occasion :

  • Créateurs, producteurs, distributeurs, consommateurs, pouvoirs publics… Qui détient le pouvoir ?
     par Kurt Salmon

  • Les nouvelles prescriptions : De l’abondance à la découverte
     par Bain & Company

  • Comportements culturels et données personnelles au coeur du Big data. Entre la nécessaire protection et une exploitation au service des nouveaux équilibres économiques par Ernst & Young

  • Culture, territoires et pouvoirs – L’esprit d’Atlas par Louvre Alliance

Camille Delache

La Baguette culturelle au Forum d’Avignon 2013 : les pouvoirs de la culture

Comme l’année précédente, La Baguette culturelle s’invite au Forum d’Avignon, rencontres internationales de la culture, de l’économie et des media.

Cette année, on y parlera des pouvoirs de la culture. A l’aune des élections municipales et européennes et à l’heure des tensions sociétales, le sujet ne pouvait pas aussi bien tomber.

En attendant, jeudi, vous trouverez ci-dessous un petit avant-goût de cette édition 2013 :

Manifeste 2013 du Forum d’Avignon

« Pas de politique sans culture !

Avec 2700 milliards de dollars de chiffre d’affaires et 6,1% du PIB au niveau mondial, 4% du PIB et 8 millions d’emplois directs en Europe dans la culture et les industries créatives, les gouvernements et les entreprises peuvent-ils construire notre avenir sans la culture ?

Alors que la disette budgétaire pousse à réduire les budgets culturels en Europe, la Chine augmente ses dépenses de plus de 23%. L’Afrique et l’Inde voient l’accès à leurs productions artistiques démultiplié par le numérique. Le Moyen-Orient investit dans la culture tous azimuts. Ces constats témoignent-ils d’un basculement des pouvoirs en matière culturelle ?

Quel paradoxe ! Alors que l’apport de la culture et des industries créatives au développement économique est désormais largement reconnu, la perception, notamment en Europe, d’un recul du politique dans l’action culturelle s’accentue. Ce phénomène prend racine dans un contexte de tensions budgétaires portant le risque d’une banalisation du secteur de la création et des industries culturelles.

L’enjeu ? Remettre la culture au cœur du politique. »

Lire la suite en cliquant ici.

Retrouvez le programme .

Revue de presse du 27 mars : nouvelle mesure Filippetti, l’école de Xavier Niel, Forum d’Avignon 2013

Nouvelle mesure Filippetti : soutenir la librairie en ligne Made in France par Nicolas Gary, Actualitté

« […] un troisième fonds, qui ne sera pas sous la forme de prêt, est apparu ce matin. Il aura pour vocation, sous la forme d’aide directe, de faire connaître les sites internet des librairies indépendantes françaises. « Ce sera plusieurs millions d’euros », assure Aurélie Filippetti, sans pouvoir préciser de montant exact, parce que les discussions sont toujours en cours, avec Pierre Moscovici « de la manière dont on va le financer.» « En tout cas ce qui est sûr c’est que cela ne coûtera rien à l’État. Ce sera financé par la solidarité de la chaîne du livre ».

Solidarité, c’était l’un des maîtres-mots dans le discours de la ministre, hier, au Salon du livre.

Le projet serait donc de mettre à contribution « les éditeurs, les distributeurs, les libraires eux-mêmes », donc l’ensemble de la chaîne du livre, « pour soutenir le maillon le plus faible aujourd’hui, mais qui est en même temps le maillon indispensable ». Donc la librairie indépendante. Parmi les pistes de financement, « une contribution volontaire des éditeurs, soit d’un prélèvement sur le chiffre d’affaires des éditeurs ». Le projet reste à peaufiner, mais « l’ensemble de la profession est d’accord. Les éditeurs, les diffuseurs… il y a un grand esprit de solidarité et de responsabilité », note la ministre. »

L’article dans son intégralité ici

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Xavier Niel lance une nouvelle école, 42 ouverte à tous et gratuite par Rmen, Frenchweb.fr

Xavier Niel vient d’annoncer le lancement d’une nouvelle école baptisée 42, en référence à H2G2 (The Hitchhiker’s Guide to the Galaxy), qui a pour but de former de futurs développeurs et ingénieurs.

Elle sera dirigée par trois anciens dirigeants de l’Epitech, Nicolas Sadirac, Kwame Yamgnane et Florian Bucher. 42.fr serait dotée d’un budget de 50 millions d’euros sur 10 ans.

« Je travaille dans l’Internet depuis 20 ans. Et depuis 20 ans le principal problème de mon métier est toujours le même : Comment recruter des talents, comment trouver les développeurs dont nous avons besoin pour concevoir les logiciels qui vont nous permettre de créer des produits innovants. »

L’article en entier

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« Les pouvoirs de la culture », thème 2013 du laboratoire d’idées du Forum d’Avignon

Avec 6,1% du PIB au niveau mondial pour un chiffre d’affaires de 2 700 milliards de dollars, 4% du PIB de l’Union européenne et 8 millions d’emplois directs [1] les gouvernements et les entreprises peuvent-ils construire le futur sans la culture et les industries créatives ? Des citoyens, créateurs, producteurs, distributeurs, ou politiques, qui détient le pouvoir culturel? Les données personnelles culturelles sont-elles un nouvel atout du pouvoir ? Qui dessine la nouvelle carte des pouvoirs ? A qui profite vraiment la culture ?

6 grands débats, 6 études et des propositions concrètes seront les jalons de cette sixième édition, qui se tiendra du jeudi 21 novembre au samedi 23 novembre.

Après « Culture : les raisons d’espérer », le Forum d’Avignon, laboratoire d’idées sur les liens entre culture et économie et organisateur des Rencontres internationales de la culture, de l’économie et des médias, souhaite mettre la culture au cœur du politique et des entreprises :

  • en interrogeant les « Pouvoirs de la culture » dans toutes leurs dimensions individuelles et collectives, internationales et territoriales, symboliques et marchandes, technologiques et créatives,
  • en alimentant le débat public tout au long de l’année par une série de débats réguliers, de propositions et de tribunes (l’empreinte culturelle, les données personnelles culturelles, mobiliser pour la Culture en Europe, …)

L’annonce en entier sur le site du Forum

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Les premiers (ré)enchantements du Forum d’Avignon

Forum d’Avignon Jour 1 Départ 13h30 dans un TGV spécial.

A bord, nous trouvons les pages d’un livre. 1 page par passage. “Pour connaître la suite, il suffit de demander à votre voisin” lance Caroline Champion, dressant le TGV pour notre déjeuner.

20 minutes plus tard, une annonce nous dit que nous ne traverserons pas Mâcon, Lyon et Valence mais que nous allons les déguster. Une valise pour 2 personnes nous est servie, à partager avec votre voisin pour plus de convivialité. Comme déjà exposé ici, Caroline Champion souhaite que ces expériences gustatives rapprochent les gens.

Lancement du Forum d’Avignon

En événement d’ouverture, la collection Lambert ouvre ses portes : nous avons pu y admirer des Basquiat, Serrano et autres œuvres ainsi que la performance artistique de Mircea Cantor (photo ci-contre / crédits le monsieur Twitter de l’INA).

Le Forum se déplace ensuite au Palais des Papes pour nous présenter le Lab, où culture et technologie se mélangent. Les participants nous présentent leurs projets, leurs visions et leurs envies. Voici quelques morceaux choisis :

Orange et la BNF débutent en annonçant le lancement de Candide 2.0, une application de lecture enrichie du classique de Voltaire. Manuscrit original de 1759, gravures, lecture par Denis Podalydès ont pour mission de donner envie de redécouvrir ce classique.

Augment veut réinventer la réalité virtuelle dans les musées. L’entrepreneur Jean-François Chianetta nous démontre comment apprécier la taille du David de Michel-Ange en le plaçant – virtuellement – dans le conclave du Palais des Papes où nous sommes tous réunis.

Dassault Systèmes et Mehdi Tayoubi nous introduisent le dernier né : l’Opération Lune ou comment la réalité virtuelle permet d’explorer un vaisseau de Louis XIV au large de Toulon, inaccessible par la plongée humaine.

Le chef d’orchestre Itay Talgam poursuit les présentations en s’interrogeant : les chefs d’orchestre sont-ils contrôlables ? Trois vidéos nous donnent une leçon de gestion de soi et des autres. Le premier chef d’orchestre maîtrise son orchestre au point de se désarticuler : Itay Talgam nous interpelle : « Qui aimerait l’avoir comme patron ? » ; le second ne tolère aucune erreur si bien qu’au 3ème avertissement, la punition n’est plus très loin. Et puis vient le troisième, Léonard Bernstein, dont le corps ne bouge ni ne s’articule. Le visage joyeux et souriant il guide son orchestre sur une mélodie vibrante…

Enfin, la première journée se clôt par l’intervention d’Aurélie Filippetti, Ministre de la culture et de la communication dont le discours porte haut la conviction du lien entre culture et économie : « Il n’y aura pas de redressement productif sans redressement créatif. » (Le discours est disponible ici dans son intégralité)

Camille Delache

La Baguette culturelle s’invite au Forum d’Avignon

Chaque année, artistes, chefs d’entreprise, étudiants et politiques se retrouvent au Forum d’Avignon pour trois jours d’effervescence mélangeant culture et économie. Créé après la ratification de la Convention de l’UNESCO sur la diversité culturelle, il se veut espace de réflexion transversal aboutissant à des démarches concrètes.

L’édition 2012 sera consacrée au thème « Culture : les raisons d’espérer. Imaginer et Transmettre ». En amont de l’événement de novembre, le Forum d’Avignon a exploré le terrain en proposant des pistes de réflexion sur les modèles de financement de la culture et en collectant les raisons d’espérer de 101 personnalités.

Dès septembre, le Forum publie ses propositions dans un document intitulé « De la créativité dans les modèles de financement de la culture ».

Parmi les modèles de financement préconisés, deux ont déjà été mis en avant ici par des (Ré)enchanteurs. Pour investir dans la culture, le Forum propose d’ « identifier les indicateurs économiques et qualitatifs les plus pertinents pour valoriser les actifs créatifs » comme l’a mis en avant Naomi Peres (ici). Pour encourager l’investissement culturel, il met aussi en avant la nécessité d’ « ouvrir la réflexion sur les modèles de valorisation comptable des actifs immatériels ». Vincent Barat et Akoya Consulting répondent à cet enjeu (ici.)

Depuis octobre, le Forum publie aussi les raisons d’espérer pour la culture de nombreuses personnalités. Voici quelques morceaux choisis :

Frédéric Filloux, journaliste et fondateur de Monday Note

« Pour faciliter la transmission, il faut un système éducatif adapté qui ne sélectionne plus par l’échec, mais bien par un encouragement à penser « outside of the box ». […] Le pouvoir politique doit favoriser cette éclosion en créant des îlots de création (rapprochement public/privé pour des clusters). » (ici dans son intégralité)

Mourad Merzouki, danseur et directeur du CCN de Créteil

« La danse m’aide à prendre une place sereine dans la société. Plus qu’une raison d’espérer c’est un espoir réalisé : les disciplines artistiques modifient profondément le regard, l’image, la conception, l’appréhension des individus. En positif. » (ici dans son intégralité)

Belinda Cannone, romancière

« J’ai la profonde conviction que l’art fait partie du processus de civilisation. La société peut s’humaniser et s’adoucir par le biais de la politique, conçue comme la pensée du vivre ensemble, mais aussi, et de façon très importante, par l’art. » (ici dans son intégralité)

Du jeudi 15 au samedi 17 novembre, la Baguette culturelle vous emmènera à la découverte du Forum avec l’opération « Les (Ré)enchanteurs du Forum d’Avignon »

Vous pourrez suivre les conférences et performances artistiques sur mon compte Twitter ou avec le hashtag #FA2012.

Vous trouverez aussi des comptes rendus des études exposées lors du Forum :

  • Les raisons d’espérer des créateurs et de la création Louvre Alliance
  • Sept ans de réflexion : Imagination et transmission, créatrices de valeurs ? Bain
  • 15-25 ans, quelle culture les générations numériques reçoivent-elles, créent-elles, transmettent-elles ? Atelier BNP Paribas
  • La Fabrique de la culture Kurt Salmon
  • Maîtriser le tempo – Orchestrer la relation entre le temps et la valeur dans l’industrie des media et du divertissement Ernst & Young

Enfin et surtout, j’irai à la rencontre de nouveaux (Ré)enchanteurs pendant et après le Forum.

La Baguette culturelle s’est invitée dans la danse, dans laquelle la culture est perçue comme un investissement, un capital pour l’avenir.

Vous pouvez d’ores et déjà retrouver 2 (Ré)enchanteurs du Forum d’Avignon déjà rencontrés sur ce blog, Mehdi Tayoubi et Caroline Champion.

Camille Delache

[Opération] L’étincelle de l’industrie : innovation et industries créatives – Portrait de Mehdi Tayoubi, Dassault Systèmes

Suite à un article sur le projet Giza3D sur mon blog, j’ai eu la chance de passer deux heures sur le campus de Vélizy et de découvrir le monde de la réalité virtuelle. Dans le précédent billet, je décrivais déjà « le soft power de Dassault », c’est-à-dire cette capacité d’attraction de la société civile et d’influence, cette volonté de détourner le savoir-faire initial de la firme au profit d’acteurs jusqu’ici ignorés.

La vision actuelle de Dassault Systèmes, portée par Mehdi Tayoubi, a commencé avec l’Egypte. Grâce à son savoir-faire – concevoir et simuler en 3D tous les produits du quotidien du monde de l’industrie – l’architecte Jean-Pierre Houdin  a pu soumettre sa théorie de construction de la pyramide de Khéops à l’épreuve des faits : une rampe intérieure aurait permis d’ériger une des sept merveilles du monde.

« Le pétrole et la publicité dans les médias : deux industries nées, à peu près, au même moment, deux industries auxquelles il faut trouver des alternatives ! »

Mehdi Tayoubi a fait ses armes dans le monde des agences interactives à la fin des années 90.  Evoluant dans la publicité et la communication, son constat sert la vision du département « Stratégie digitale et expérientielle » de Dassault Systèmes. Plutôt que d’utiliser les moyens traditionnels de promotion, la marque « 3DS » construit aussi son identité par la force de ses partenariats multidisciplinaires en créant elle-même le contenu.

Le programme « Passion for Innovation » : co-construire des projets avec la société civile.

Pour créer ce contenu, Mehdi Tayoubi et ses équipes ont mis sur pied « Passion for Innovation » : les innovations de « 3DS » sont mises à disposition de la société civile. Les méthodes de l’industrie sont appliquées aux projets scientifiques et culturels. Avec ce programme, les logiciels et le savoir-faire de Dassault Systèmes permettent d’innover par de nouveaux concepts dans les projets scientifiques, éducatifs, associatifs et surtout dans les industries créatives.

La vision de Dassault Systèmes ne s’arrête pas au projet lui-même mais aussi à sa diffusion. Le contenu créé « au niveau industriel » va être décuplé en transmedia grâce aux technologies maîtrisées par 3DS : livres, reportages, événements. La théorie de Jean-Pierre Houdin avait ainsi investi la Géode, sous forme de spectacle de réalité virtuelle pendant plusieurs années. Livres, DVD, documentaires font aussi partie de la panoplie diffusant ce contenu, dans lequel la marque « Dassault Systèmes » affirme son identité en étant producteur de contenu à part entière.

Le spectre d’action : les industries créatives

Il est important ici de rappeler que les industries créatives sont plus larges que les industries culturelles. Elles comprennent aussi la recherche, l’éducation et la science. C’est en cela que la vision de Dassault Systèmes tranche avec la vision traditionnelle.

Le programme « Passion for Innovation » a d’abord touché le monde de la science et de la recherche : Georges Mougin a pu développer « Ice-Dream », projet ambitionnant d’utiliser les icebergs pour produire de l’eau douce ; Michel Desjoyeaux a pu imaginer et construire un monocoque de 60 pieds en 6 mois  ; Le département d’égyptologie de l’université d’Harvard a pu mettre sur pied une salle immersive de réalité virtuelle dédiée à un nouveau type d’enseignement.

En ce qui concerne les industries culturelles, Mehdi Tayoubi encourage d’autres partenariats transdisciplinaires pour créer de nouveaux concepts. Outre les aventures égyptiennes, Dassault Systèmes travaille avec l’industrie cinématographique. En s’associant à EuropaCorp, il s’agissait de réfléchir à la salle de cinéma du futur et à l’interactivité collective. A l’occasion de la sortie du film d’animation Un Monstre à Paris, un jeu musical interactif animé par un avatar a été proposé aux spectateurs du Pathé Quai d’Ivry qui consistait en un concours entre deux équipes de claps en rythme sur la musique du film. Dernier projet en date, présenté place de l’Hôtel de Ville à Paris le 29 septembre : l’histoire de Paris en 3D interactive, sur plus de 500 mètres carré d’écran à 180°.

Revivre Paris à travers les siècles

En collaboration avec des archéologues dont Didier Busson, archéologue au département d’Histoire de l’Architecture et Archéologie de Paris, le projet reconstitue grâce à la réalité virtuelle des lieux symboliques de la capitale à différentes époques. Parmi eux, vous pourrez voir les Arènes de Lutèce au 1er siècle après Jésus-Christ, le Louvre sous Philippe Auguste (1160), Notre-Dame de Paris en 1350, la Bastille à la veille de la Révolution française et la Tour Eiffel lors de l’Exposition Universelle de 1889.

Pour avoir expérimenté le projet sur le campus de Vélizy, avec le chef de projet Nicolas Serikoff et Mehdi Tayoubi, survoler Paris à travers les âges en réalité virtuelle est « bluffant ». On imagine tout à fait ce projet dupliqué pour le monde de la recherche – afin de trouver « une vérité scientifique » comme l’affirme Didier Busson – et pour le monde de l’éducation.

Pour en avoir plus, consultez : http://paris.3ds.com et survolez la ville : http://paris.3ds.com/fr-bonus.html

La politique culturelle des entreprises : une nécessité

« CreaGeeks », « Avant-garde » et « Complexe » sont les mots par lesquels Mehdi Tayoubi définit la culture française. En d’autres termes, une culture qui a les moyens de rayonner, aussi bien technologiques que stratégiques, une culture visionnaire, mais qui demeure complexe à appréhender.

L’aventure de Dassault Systèmes dans les industries créatives porte les politiques culturelles des entreprises à un niveau supérieur. Il ne s’agit plus de mécénat ou de sponsoring mais de co-construction. Partenariat significatif : le Forum d’Avignon. Nouvelles rencontres entre culture, media et économie, elles réunissent chaque année des parties prenantes de tous pays et tous horizons. En s’associant au « Lab » du Forum, Dassault Systèmes met en lumière l’importance de la prospective. Celle-ci est d’autant plus significative que l’effort de R&D de Dassault Systèmes représentait 1 300 personnes en 2010 et 300 millions d’euros – soit 23% du chiffre d’affaires mondial.[1]

Certes, ces partenariats servent aussi l’entreprise : elle crée sa marque et son identité par eux, nous ramenant même à notre cher « storytelling ». Mais qui n’aime pas raconter des histoires, qui plus est dans les industries créatives ? La vision de Dassault Systèmes encourage et dynamise les industries créatives françaises : « Lorsqu’on me dit qu’il faut changer « Systèmes » en « Systems » ? Je réponds non ! Nous sommes une entreprise française ! Le savoir-faire français est un argument marketing incontournable de l’industrie du luxe dans le monde entier, pourquoi pas dans la technologie ? » ajoute Mehdi Tayoubi. « Il n’y a pas que Google. Notre savoir-faire peut être mis au service de l’humanité et bien entendu celui de la France, pour contribuer à son rayonnement en inventant de nouveaux usages dans le monde de la culture ».

En portant les industries créatives au niveau stratégique de l’entreprise, Dassault Systèmes ouvre aujourd’hui la première série des (ré)enchanteurs de culture. Intégrer tous les potentiels de la culture à l’innovation témoigne d’une capacité prospective forte. En espérant que Mehdi Tayoubi et Dassault Systèmes aient ouvert la porte à une nouvelle tendance de stratégie de marque qui permettra à la société civile de co-construire ses projets avec nos entreprises.

Camille Delache


[1] http://www.journaldunet.com/solutions/ssii/8-centres-francais-de-r-d-qui-comptent/dassault-systemes.shtml
Chaîne Youtube présentant les projets de Dassault Systèmes. http://www.youtube.com/tvniman
Mehdi Tayoubi présentant la salle de cinéma interactive au Forum d’Avignon : http://www.youtube.com/watch?v=QJ496TWjzng
Programme Passion for Innovation : http://www.3ds.com/fr/company/passion-for-innovation/