Silicon Sentier s’attaque au crowdfunding avec Co.Bâtissons

Silicon Sentier a besoin de vous pour participer à ouvrir les portes de son nouveau lieu ! Avec le projet Co.Bâtissons, Silicon Sentier et Kisskissbankbank font appel à votre générosité pour donner une âme aux 1 500 m2 dédiés à l’innovation au cœur de Paris.

Participez dès aujourd’hui ici !

 

Pourquoi est-ce important de soutenir ce projet ?

En faisant appel au crowdfunding, Silicon Sentier prolonge sa croyance dans l’économie collaborative, mais surtout elle permet à chacun d’être acteur de cet écosystème innovant qui se crée chaque jour. Comme démontré sur ce blog plusieurs fois, l’économie numérique et les industries culturelles et créatives participent à la chère croissance tant espérée.

10 % ont déjà été atteints mais le plus gros reste à faire : on vous attend toujours !
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Co.Bâtissons, c’est quoi ?

 

« Depuis plus de 10 ans vous avez été des dizaines de milliers à suivre les actions de l’association. Indépendants, coworkers, hackers, startupers, bidouilleurs, designers, rêveurs, étudiants, grand-parents, curieux, générations X, Y ou Z…  

Vous qui êtes passés par la Cantine ou le Camping ou Xperience, co.bâtissez avec Silicon Sentier le nouvel espace dédié à l’innovation de Paris.

C’est grâce au soutien réaffirmé de nos partenaires publics et privés que nous avons travaillé ces 8 derniers mois à remettre aux normes un bâtiment de 1500 m2 situé au cœur du Sentier, dans le 2ème arrondissement. Aujourd’hui, les fondations sont assurées, mais l’essentiel reste à faire : constituer l’âme de cet espace qui vous est destiné.   

Chaque euro versé contribuera à l’aménagement du lieu afin que nous puissions en faire ensemble un espace qui vous ressemble, un espace construit par et pour vous.

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GENESE D’UN PROJET…

Silicon Sentier en chiffre c’est…

35 561 followers et 12 281 fans

18 000 participants par an aux évènements de la Cantine

450 coworkers par an

450 évènements par an

500 projets soumis à l’équipe du Camping

6 mois d’accélération par saison

60 mentors et 300 heures de formation par saison

60% de transformation en business viable

250 articles et interviews dans les médias

70 projets bêta-testés par Silicon Xperience

1000 bêta-testers dans la communautés de Silicon Xperience

34 rapports et publications par Silicon Xperience

24 évènements de cocréation par an par Silicon Xperience

Créée en 2000, l’association Silicon Sentier a accompagné l’essor de l’économie numérique et participé à l’émergence d’un écosystème dense, fort et innovant en Ile-de-France.

 

Camille Delache

Dynamiser l’économie numérique : un enjeu économique et culturel

Lorsqu’on parle d’économie numérique et/ou de maîtrise des contenus, les trois grands viennent à l’esprit : Apple, Google et Amazon… Nous rappelant ainsi que les Européens (et les Français) n’ont pas leur force de frappe. Pourtant, plusieurs acteurs français sécurisent – doucement mais sûrement – la position française autour de l’économie numérique.

Le soft power de Dassault Systèmes : Giza3d

Le français est le leader mondial des logiciels de création 3D, des maquettes de produits en 3D et de solutions de gestion du cycle de vie des produits. Pour renforcer son savoir-faire à haute valeur ajoutée, Dassault Systèmes rachète Exalead, moteur de recherche français, en juin 2010 pour 135 millions d’euros.[1]  Premier étape de développement dans l’économie numérique : Dassault Systèmes maîtrise désormais un algorithme de moteur de recherche.

Deuxième étape : Dassault rachète Netvibes en février 2012,[2] pour 20 millions d’euros.[3] Sa plateforme 3D propose désormais « des expériences de veille en temps réel », indispensables au processus d’innovation (Freddy Mini, chef de la direction de Netvibes[4]).

A ces deux rachats s’ajoute la volonté de participer à une offre Cloud pour un stockage des données en Europe. Si Dassault quitte le consortium Andromède en décembre 2011, il pourrait se diriger vers un nouveau projet avec SFR.[5]

Mais là où Dassault Systèmes est intéressant c’est pour son partenariat avec Harvard et le Museum of Fine Arts de Boston, peu relayé. Alors que l’ouverture d’une chaire à HEC en partenariat avec Google est médiatisée, le projet de Dassault de modéliser en 3D les pyramides de Gizeh n’est pas suffisamment entendu. Preuve en est, au Festival Futur en Seine : un écran disposé au bout d’une allée présentait le projet Giza3d, mais personne de chez Dassault pour le commenter !

Pourtant, le projet de Dassault laisse croire en l’avenir du savoir-faire français en termes d’économie numérique à l’échelle mondiale. Le but ? Amener les pyramides de Gizeh dans les classes des étudiants d’Harvard.[6] « The virtual reconstruction of the Giza plateau originated as a collaborative project between Dassault Systèmes and the Museum of Fine Arts, Boston. »[7]

L’exemple de Dassault montre qu’une entreprise française peut construire un projet culturel de grande ampleur avec une université et un musée de renom. Cependant, il n’est pas suffisamment entendu et mis en valeur. Une des raisons ? Le manque de co-construction et de coordination de l’économie numérique en France.

 

Une filière disparate

Pour conclure, j’ajouterai seulement que les moyens et les idées pour que la France devienne un acteur majeur de l’économie numérique sont là. Le Conseil National du Numérique a par exemple visité Dassault[8], mais aucune médiatisation ni aucun retour n’a été fait. Quant à l’importance de l’économie numérique, elle n’est pas ignorée non plus. En témoigne ainsi l’investissement de taille d’Orange et Publicis en mars 2012 dans trois fonds, destinés uniquement aux « entreprises créatrices de valeur dans l’économie numérique ».[9]

Il s’agirait de ne pas manquer cette occasion (cc. Fleur Pellerin).

Rappel : Qu’est-ce qu’Andromède ?
« En gestation depuis des années, le projet de consortium Andromède devait allier l’Etat français à Orange, Thales et Dassault Systèmes pour créer « de grandes centrales numériques européennes » aptes à stocker les données informatiques stratégiques des PME, grands groupes et administrations français. Mais le 22 décembre, Dassault Systèmes avait annoncé contre toute attente qu’il jetait l’éponge. Depuis cette annonce, les noms des groupes Atos et Capgemini avaient circulé pour faire leur entrée au consortium.
 L’Etat devait injecter 135 millions d’euros dans ce projet via la Caisse des dépôts, tandis qu’Orange et Dassault Systèmes devaient mettre chacun 60 millions d’euros et Thales 30 millions. L’objectif d’Andromède est de contrer les géants « non européens » – tels Cisco, IBM, Microsoft ou encore Google – qui ont investi ces dernières années des milliards de dollars dans le secteur, notamment pour construire d’énormes centres de stockage de données informatiques (« datacenters »). »[10]
Camille Delache

[1] http://www.lefigaro.fr/societes/2010/06/09/04015-20100609ARTFIG00744-dassault-systemes-acquiert-le-francais-exalead.php
[2] http://lemonde.fr/technologies/article/2012/02/09/dassault-systemes-rachete-netvibes_1641423_651865.html
[3] http://www.zdnet.fr/actualites/netvibes-rachete-par-dassault-systemes-pour-20-millions-d-euros-39768404.htm
[4] http://cursus.edu/dossiers-articles/articles/18019/dassault-systemes-rachete-netvibes-pourquoi/
[5] http://www.numerama.com/magazine/21590-netvibes-rachete-par-dassault-qui-s-allie-a-sfr-pour-le-cloud.html
[6] http://www.masshightech.com/stories/2012/05/07/daily16-Dassault-partners-with-Harvard-to-bring-students-to-Egypt.html
[7] http://www.3ds.com/fr/company/news-media/press-releases-detail/release/dassault-systemes-and-harvard-university-collaborate-to/single/4231/?cHash=21a0791dafc1210d7457ebb1c599050b
[8] http://www.cnnumerique.fr/events/deplacement-chez-dassault-systemes/
[9] http://www.lexpress.fr/actualites/1/economie/economie-numerique-orange-et-publicis-s-associent-avec-iris-pour-lancer-3-fonds_1092340.html
[10] http://lemonde.fr/technologies/article/2012/01/30/cloud-computing-dassault-systemes-annonce-un-projet-concurrent_1636258_651865.html

L’économie numérique des biens culturels – les GRECs

Une note très intéressante des GRECs (Groupes d’études et de recherches sur la culture) de la Fondation Jean Jaurès : elle met en avant la décennie manquée par la droite en matière des politiques publiques et propose plusieurs champs d’action.

Je vous conseille de lire la note dans son entier mais voici les réflexions les plus intéressantes.

Quelques idées choisies

Le constat de départ est simple : nous ne pouvons pas rester inactifs face aux défis du numérique pour les biens culturels. Du point de vue économique, les chiffres sont parlants puisque « les industries de contenu représentent à elles seules 7% du PIB européen et 8,5 millions d’emplois dans l’Union européenne. » (page 1).

Or, depuis plus de 10 ans, la droite ne saisit pas l’ampleur de l’enjeu. Avec les lois DADVSI et HADOPI, l’économie numérique est pensée dans un schéma traditionnel français du droit d’auteur. « Contrairement aux biens matériels (vinyle, DVD, livre), le bien numérique est reproductible à l’infini et transportable pour un coût proche de zéro. » […] Selon les droits de la propriété intellectuelle,  » le créateur dispose d’un monopole sur son œuvre et l’utilisateur ne peut y accéder qu’en s’acquittant d’un droit qui rémunère le créateur. La clé de ce système de protection, c’est le contrôle des supports (vinyles puis CD) par les producteurs. On ne peut accéder à l’œuvre qu’en achetant le support et c’est ce qui permet de garantir que le droit d’auteur ne sera pas contourné  » (page 7).

Cependant, le bien numérique culturel est reproductible à l’infini. Selon les GRECs, l’absence de support est l’élément qui semble avoir été négligé dans les politiques publiques des dernières années. L’illustration en est bien sûr HADOPI.

 

Licence globale européenne vs. refonte du rôle de producteurs

La note a le mérite de confronter deux visions sur l’avenir des biens numériques : les partisans d’une licence globale européenne et les soutiens à la refonte du rôle de producteurs.

La licence globale « part du principe que l’usage « hors marché », c’est-à-dire non commercial, doit faire l’objet de conditions particulières tant de rémunération que de droit pour les utilisateurs. » (page 10)  » Une contribution des détenteurs d’accès internet semble la plus logique pour couvrir l’usage des échanges par les réseaux. Les évaluations actuelles amènent à une contribution de deux à sept euros par mois et par internaute. Cette contribution permettrait de générer entre un et demi et deux milliards d’euros de droits à répartir entre les créateurs. » (page 11) Si la stratégie proposée par les auteurs semble aboutie et bien pensée, ces derniers reconnaissent néanmoins qu’il s’agit « d’une oeuvre de longue haleine« .

La deuxième option consiste à repenser le rôle du producteur. Si l’émergence du marché de la musique en ligne a perturbé le schéma traditionnel d’émergence d’un groupe de musique, le rôle du producteur demeure essentiel. Difficile de s’y retrouver dans le nombre incalculables d’oeuvres disponibles en ligne. « Il faut donc que, quelque part entre le consommateur et le créateur, un médiateur, un critique, puisse l’aider dans ses choix et lui faire gagner du temps. » (page 13)

Les 5 propositions des GRECs

 1. La vérité des prix : transformer HADOPI en compteur universel

2. Progresser dans la connaissance de l’économie des biens numériques

3. Un principe juridique cardinal : la distinction des usages commerciaux et des usages privés

4. Réorienter le projet du centre national de la musique de façon à préserver la diversité musicale

5. Installer la politique des contenus numériques au ministère de la Culture et de la Communication

Pour en savoir plus, je vous encourage à lire cette note qui a le mérite de concilier plusieurs points de vue, de prendre en compte les différents acteurs et de donner un peu de perspective. C’est ici.