Revue de presse du 27 mars : nouvelle mesure Filippetti, l’école de Xavier Niel, Forum d’Avignon 2013

Nouvelle mesure Filippetti : soutenir la librairie en ligne Made in France par Nicolas Gary, Actualitté

« […] un troisième fonds, qui ne sera pas sous la forme de prêt, est apparu ce matin. Il aura pour vocation, sous la forme d’aide directe, de faire connaître les sites internet des librairies indépendantes françaises. « Ce sera plusieurs millions d’euros », assure Aurélie Filippetti, sans pouvoir préciser de montant exact, parce que les discussions sont toujours en cours, avec Pierre Moscovici « de la manière dont on va le financer.» « En tout cas ce qui est sûr c’est que cela ne coûtera rien à l’État. Ce sera financé par la solidarité de la chaîne du livre ».

Solidarité, c’était l’un des maîtres-mots dans le discours de la ministre, hier, au Salon du livre.

Le projet serait donc de mettre à contribution « les éditeurs, les distributeurs, les libraires eux-mêmes », donc l’ensemble de la chaîne du livre, « pour soutenir le maillon le plus faible aujourd’hui, mais qui est en même temps le maillon indispensable ». Donc la librairie indépendante. Parmi les pistes de financement, « une contribution volontaire des éditeurs, soit d’un prélèvement sur le chiffre d’affaires des éditeurs ». Le projet reste à peaufiner, mais « l’ensemble de la profession est d’accord. Les éditeurs, les diffuseurs… il y a un grand esprit de solidarité et de responsabilité », note la ministre. »

L’article dans son intégralité ici

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Xavier Niel lance une nouvelle école, 42 ouverte à tous et gratuite par Rmen, Frenchweb.fr

Xavier Niel vient d’annoncer le lancement d’une nouvelle école baptisée 42, en référence à H2G2 (The Hitchhiker’s Guide to the Galaxy), qui a pour but de former de futurs développeurs et ingénieurs.

Elle sera dirigée par trois anciens dirigeants de l’Epitech, Nicolas Sadirac, Kwame Yamgnane et Florian Bucher. 42.fr serait dotée d’un budget de 50 millions d’euros sur 10 ans.

« Je travaille dans l’Internet depuis 20 ans. Et depuis 20 ans le principal problème de mon métier est toujours le même : Comment recruter des talents, comment trouver les développeurs dont nous avons besoin pour concevoir les logiciels qui vont nous permettre de créer des produits innovants. »

L’article en entier

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« Les pouvoirs de la culture », thème 2013 du laboratoire d’idées du Forum d’Avignon

Avec 6,1% du PIB au niveau mondial pour un chiffre d’affaires de 2 700 milliards de dollars, 4% du PIB de l’Union européenne et 8 millions d’emplois directs [1] les gouvernements et les entreprises peuvent-ils construire le futur sans la culture et les industries créatives ? Des citoyens, créateurs, producteurs, distributeurs, ou politiques, qui détient le pouvoir culturel? Les données personnelles culturelles sont-elles un nouvel atout du pouvoir ? Qui dessine la nouvelle carte des pouvoirs ? A qui profite vraiment la culture ?

6 grands débats, 6 études et des propositions concrètes seront les jalons de cette sixième édition, qui se tiendra du jeudi 21 novembre au samedi 23 novembre.

Après « Culture : les raisons d’espérer », le Forum d’Avignon, laboratoire d’idées sur les liens entre culture et économie et organisateur des Rencontres internationales de la culture, de l’économie et des médias, souhaite mettre la culture au cœur du politique et des entreprises :

  • en interrogeant les « Pouvoirs de la culture » dans toutes leurs dimensions individuelles et collectives, internationales et territoriales, symboliques et marchandes, technologiques et créatives,
  • en alimentant le débat public tout au long de l’année par une série de débats réguliers, de propositions et de tribunes (l’empreinte culturelle, les données personnelles culturelles, mobiliser pour la Culture en Europe, …)

L’annonce en entier sur le site du Forum

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Revue de presse 5 décembre : Delacroix, les burgers et la ministre

The Louvre risks losing its magic with Lens move – Jonathan Jones « On Art Blog » The Guardian

Louvre, décentralisation culturelle, prêt d’expositions

La Liberté guidant le peuple, Delacroix »I think it’s political correctness gone mad. There’s no reason to undermine the strength of a great museum such as the Louvre in the name of regional equality. There are only a few museums like the Louvre in the world, and they have their own egalitarianism in the universal overview of human culture that they provide. »

Avoir déplacé La liberté guidant le peuple de Delacroix était une erreur ? Lisez ce point de vue intéressant ! L’article dans son intégralité ici.

Paris, Home of Le Burger – Robert Gottlieb The New Yorker

La guerre du burger à Paris

« All this is only a start—there are many, many more players in the current Paris burger wars, all of them flaunting their American credentials. What does it mean? How did we become culinary heroes in the land of haute cuisine? Some people think it’s the kids, some people just like hamburgers for the same reasons we do. One theory is that it all started with McDonald’s, known to the locals as MacDo. When I cruised it, the branch in the Louvre was doing land-office business. »

Pour l’article dans son intégralité, ici
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Aurélie Filippetti aux Inrocks « La culture, c’est un champ réel d’inégalités »

Politique culturelle, la gauche et la culture

« Il faut sortir de la logique du chiffre. On a souvent réduit la réflexion sur la politique culturelle à la question du chiffrage, à la part du budget. Je ne dis pas que ce n’est pas important, mais on peut porter un autre regard en France sur la politique culturelle. Au niveau national, la culture est aujourd’hui trop souvent considérée, à tort, comme un luxe ; quand on entend “supplément d’âme”, on entend d’abord “supplément” et pas “âme”. »

Les premiers (ré)enchantements du Forum d’Avignon

Forum d’Avignon Jour 1 Départ 13h30 dans un TGV spécial.

A bord, nous trouvons les pages d’un livre. 1 page par passage. “Pour connaître la suite, il suffit de demander à votre voisin” lance Caroline Champion, dressant le TGV pour notre déjeuner.

20 minutes plus tard, une annonce nous dit que nous ne traverserons pas Mâcon, Lyon et Valence mais que nous allons les déguster. Une valise pour 2 personnes nous est servie, à partager avec votre voisin pour plus de convivialité. Comme déjà exposé ici, Caroline Champion souhaite que ces expériences gustatives rapprochent les gens.

Lancement du Forum d’Avignon

En événement d’ouverture, la collection Lambert ouvre ses portes : nous avons pu y admirer des Basquiat, Serrano et autres œuvres ainsi que la performance artistique de Mircea Cantor (photo ci-contre / crédits le monsieur Twitter de l’INA).

Le Forum se déplace ensuite au Palais des Papes pour nous présenter le Lab, où culture et technologie se mélangent. Les participants nous présentent leurs projets, leurs visions et leurs envies. Voici quelques morceaux choisis :

Orange et la BNF débutent en annonçant le lancement de Candide 2.0, une application de lecture enrichie du classique de Voltaire. Manuscrit original de 1759, gravures, lecture par Denis Podalydès ont pour mission de donner envie de redécouvrir ce classique.

Augment veut réinventer la réalité virtuelle dans les musées. L’entrepreneur Jean-François Chianetta nous démontre comment apprécier la taille du David de Michel-Ange en le plaçant – virtuellement – dans le conclave du Palais des Papes où nous sommes tous réunis.

Dassault Systèmes et Mehdi Tayoubi nous introduisent le dernier né : l’Opération Lune ou comment la réalité virtuelle permet d’explorer un vaisseau de Louis XIV au large de Toulon, inaccessible par la plongée humaine.

Le chef d’orchestre Itay Talgam poursuit les présentations en s’interrogeant : les chefs d’orchestre sont-ils contrôlables ? Trois vidéos nous donnent une leçon de gestion de soi et des autres. Le premier chef d’orchestre maîtrise son orchestre au point de se désarticuler : Itay Talgam nous interpelle : « Qui aimerait l’avoir comme patron ? » ; le second ne tolère aucune erreur si bien qu’au 3ème avertissement, la punition n’est plus très loin. Et puis vient le troisième, Léonard Bernstein, dont le corps ne bouge ni ne s’articule. Le visage joyeux et souriant il guide son orchestre sur une mélodie vibrante…

Enfin, la première journée se clôt par l’intervention d’Aurélie Filippetti, Ministre de la culture et de la communication dont le discours porte haut la conviction du lien entre culture et économie : « Il n’y aura pas de redressement productif sans redressement créatif. » (Le discours est disponible ici dans son intégralité)

Camille Delache

La culture à la Filippetti : les premières annonces de la nouvelle Ministre

Après quelques semaines en poste, quels sont les grands chantiers annoncés par Aurélie Filippetti ? Dans un entretien France inter du 21 mai, elle annonce déjà les principaux axes stratégiques (ici).

L’entretien a donné une note qui m’a plu : pas de politique tactique sans ligne stratégique précise !

Néanmoins, plusieurs déceptions se font jour rapidement :

  • quid du numérique ? Encore une fois éloigné du Ministère et rattaché au redressement productif (entre autres, Christophe Girard, adjoint à la culture à la Mairie de Paris, avait préconisé leur rapprochement)
  • des annonces, toujours des annonces ? Si le teasing politique est un fait nécessaire, je tente de lire entre les lignes pour trouver LA ligne stratégique !

L’audiovisuel

Rétablir la publicité sur France TV jusqu’à 21 heures[1]

Réforme du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel (CSA). Ses membres seraient désormais nommés par les commissions culturelles du Sénat et de l’Assemblée Nationale. « Nos concitoyens sont attachés à des procédures transparentes, démocratiques et il y aura donc une réforme très rapide de ce mode de nomination pour que les prochains présidents, ou présidentes d’ailleurs, de l’audiovisuel public puissent être nommés par le CSA. »[2] Est-ce là la première gaffe de la Ministre ? Oui, répondent les Indignés du PAF sur Mediapart.

Revenir sur la fusion RFI-France 24 ? Aurélie Filippetti Après un audit de Jean-Paul Cluzel, ancien président de Radio France et de RFI, actuellement à la tête du Grand Palais. Il déterminera si la fusion est inéluctable.[3] Madame La Ministre relevait l’importance de RFI en Afrique, permettant ainsi une diffusion du soft power français.

Quid d’Al-Jazira ?

Néanmoins, ce soft power se voit contré par l’arrivée d’Al-Jazira Sport le 1er juin, très peu évoquée depuis le début du mandat. Un sondage « Opinion Way – Les Echos » sur « Les Français et l’arrivée d’Al-Jazira dans le paysage audiovisuel français » souligne que 67 % des Français s’opposent à son arrivée, 66% considérant qu’il s’agit d’une menace pour notre PAF.[4]

La nomination de Kim Pham, ancien du CNC et de France Télévisions, en tant que conseiller chargé de l’audiovisuel le 31 mai laisse cependant présager la construction cohérente de l’avenir de l’audiovisuel français.[5]

HADOPI

La réforme d’Hadopi, présentée comme « l’acte II de l’exception culturelle » pendant la campagne, est le chantier numérique sur lequel sont attendus le gouvernement et le président. En nommant David Kessler, anti-anti-Hadopi affiché, conseiller culturel à l’Elysée, François Hollande envoyait un signe aux détracteurs de la Haute autorité.[6] A cela s’ajoute l’autorisation de l’Elysée à l’Hadopi pour consommer son budget 2012.[7]

 

Nous dirigeons nous vers une licence globale ? Comme annoncé lors du meeting du Bourget, le président a vanté un « système dans lequel les internautes payent un forfait, reversé aux ayants droit, en échange d’une dépénalisation du téléchargement » MAIS sans « dépénalisation du partage d’œuvres de manière non-commerciale. »

Nous savons maintenant que Pierre Lescure, ancien patron de Canal + actuellement à la tête du théâtre Marigny, va diriger la concertation sur Hadopi. L’objectif est de concilier le droit d’auteur et l’accès universel à la culture.

Vers une « riposte graduée » ? Modification de la loi plutôt que son abrogation.[8]

La mission Lescure parviendra t-elle à trouver un consensus, en particulier face aux puissants lobbies culturels ?

Les intermittents

Alors que François Hollande avait annoncé ne rien vouloir modifier pendant la campagne, la Cour des Comptes met en lumière « une dérive massive », car le système serait 2,3 fois plus avantageux que l’intérim.[9] Que l’on soit pour ou contre le régime actuel, on ne peut pas l’ignorer.

Les intermittents font vivre la culture française et l’enjeu électoral n’est peut-être pas aussi significatif que … le milieu de la musique ? Puisqu’ils votent massivement à gauche ! Les conventions UNEDIC se terminant fin 2013, la ministre a annoncé leur réouverture avant cette date.

A noter, le 11 mai 2012, Frédéric Mitterrand avait confié à France Inter avoir « entrepris d’endormir tout le monde, pour être tranquille. Je laisse le bébé à mon successeur, qui sera très heureux de s’en occuper. » (L’émission c’est ici)[10] Courage à elle !

L’éducation

Alors que pendant la campagne Aurélie Filippetti avait vanté les mérites de l’éducation culturelle et artistique, les termes semblent avoir s’être effacés ces derniers temps.

Certes, mettre en place une nouvelle politique, faire campagne pour les législatives et se familiariser avec les dossiers ne sont pas une mince affaire. Si les idées et les réformes apparaissant sont essentielles, elles ne peuvent fonctionner sans ligne stratégique. La Ministre a par exemple renouvelé son soutien aux libraires face à Amazon et a reconnu la nécessité d’encadrer le livre numérique.

Notre politique culturelle ne peut plus être seulement réactive. Elle doit s’éveiller. Sans trop tarder.

Camille Delache


[1] http://tvmag.lefigaro.fr/programme-tv/article/information/69837/la-pub-retablie-sur-france-tv-jusqu-a-21h-.html
[2] http://lemonde.fr/actualite-medias/article/2012/05/21/aurelie-filippetti-annonce-une-reforme-du-csa-avant-debut-2013_1704844_3236.html
[3] http://www.telerama.fr/radio/fusion-rfi-france-24-jean-paul-cluzel-mediateur,82384.php
[4] http://www.opinion-way.com/pdf/opinionway-les_echos-les_francais_et_l_arrivee_d_al_jazira_dans_le_paysage_audiovisuel_francais_juin_2012.pdf
[5] http://www.latribune.fr/technos-medias/medias/20120531trib000701243/aurelie-filippetti-choisit-son-conseiller-audiovisuel.html
[6] http://www.numerama.com/magazine/22629-david-kessler-un-anti-anti-hadopi-aux-cotes-de-francois-hollande.html
[7] http://www.numerama.com/magazine/22607-la-hadopi-a-rencontre-les-equipes-de-francois-hollande.html
[8] http://www.contrepoints.org/2012/06/01/85339-la-mission-lescure-et-lavenir-dhadopi
[9] http://www.lefigaro.fr/culture/2012/05/13/03004-20120513ARTFIG00131-des-intermittents-au-prix-fort.php
[10] http://www.lepoint.fr/culture/culture-frederic-mitterrand-a-l-heure-du-bilan-16-05-2012-1462073_3.php

La nouvelle arrivante rue de Valois : les premiers mots d’Aurélie Filippetti

En attendant d’avoir des annonces suffisamment conséquentes d’Aurélie Filipetti, nouvelle ministre de la Culture et de la Communication, voici quelques (jolies) phrases de la passation de pouvoir avec M. Mitterrand.

Qui est Aurélie Filippetti ?

Aurélie Filippetti est une fille de mineur lorrain, ancien maire communiste. Elle a commencé sa carrière chez les Verts puis s’est tournée vers le PS. A 38 ans, elle devient Ministre de la Culture et de la Communication après en avoir fait sa spécialité au sein du PS (ici, pour plus de détails).

La député de Meurthe-et-Moselle, agrégée de lettres classiques, expose avec émotion ses missions au sein du ministère, « intimement lié à une certaine idée que nous avons de la France, de ses valeurs et de ce que nous voulons transmettre aux générations qui suivent, le meilleur de ce qui nous a été légué en héritage par ceux qui nous ont précédés ».

 

Sa vision de la culture

“La culture, c’est ce qui rassemble les individus. La culture, c’est cette rencontre quasi miraculeuse entre la subjectivité d’un artiste, dans ce qu’elle a de plus intime, de plus profond, de plus incommunicable, et le partage, l’intersubjectivité. En exprimant ce qu’on a de plus intime on va toucher dans autrui ce qui relève de l’universel. C’est ce rapport entre l’intime et l’universel qui fait le miracle de l’art. »

Et de conclure sur un « petit cadeau » : un livre de l’auteur italien De Luca, avec une citation de Carlos Fuentes : « La littérature est une blessure par où jaillit l’indispensable divorce  entre les mots et les choses. Par cette blessure nous pouvons perdre tout notre  sang ».

La nouvelle locataire de la rue de Valois a évidemment rappelé l’importance de l’accès à la culture pour tous.

Après cette passation en douceur et en émotion, attendons les premières mesures, qui, espérons-le, pourront « enchanter la culture française ».

La vidéo, c’est ici !