Découvrez l’e-jukebox dépanneur de soirées : Mon Beat Dans Ton Crew

Voici quelques mois que l’e-jukebox « Mon Beat Dans Ton Crew » sévit sur le web pour vous faire écouter, découvrir et partager les musiques de vos soirées.

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Aujourd’hui, cette super initiative débarque sur votre mobile.

« Partant d’un concept simple – un clic sur le buzzer = une chanson – Mon Beat dans ton Crew est à la fois une application mobile et un site web offrant une playlist rêvée à tous ceux désirant remuer du bassin !

Mon Beat dans ton Crew a pour ambition de partager des centaines de chansons accumulées au fil du dancefloor. La sélection musicale gravite principalement autour de l’électro, du funk et du hip-hop, et fait la part belle à des artistes (trop) peu connus. Mon Beat dans ton Crew est un outil gratuit au service des nighters de tout bord.

L’application mobile (v1) offre des fonctionnalités supplémentaires comme la gestion de l’historique et des favoris.

Tu pushes – tu moves ! »

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Pour télécharger et partager c’est par ici, et le site web par !

Marc de Pierrefeu : Concept et sélection musicale

Wilfried d’Indy : Développement mobile et web

Alexandre Testu : Développement web

Contact : monbeatdanstoncrew.com facebook.com/MonBeatDansTonCrew @MonBeatDTC

 

Camille Delache

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Créativité et politique : le renouveau de la citoyenneté

En ces temps troubles d’élections et de communication politique (trop) hâtive, il me semblait important de revenir sur ce que la culture apporte à la citoyenneté. Comme je l’écrivais déjà ici, culture et politique connaissent des relations d’engouement et de désamour perpétuel. Il existe néanmoins un interstice dans lequel les deux retrouvent leur chemin : la citoyenneté. La créativité remet en perspective la citoyenneté et l’importance de chacun dans la démocratie par trois moyens principaux : réapprendre nos institutions, mettre les expériences personnelles en perspective et questionner par le rire.

« Le monde était vaste. Mais le voilà qui se remplit d’yeux, de coudes, de bouches. Et la population de doubler, tripler, quadrupler. Le cinéma et la radio, les magazines, les livres se sont nivelés par le bas, normalisés en une vaste soupe. […] Condensés de condensés de condensés. La politique ? Une colonne, deux phrases, un gros titre ! Et tout se volatilise ! La tête finit par tourner à un tel rythme […] que la force centrifuge fait s’envoler toute pensée inutile, donc toute perte de temps. » Ray Bradbury, Fahrenheit 451, éditions Folio pp 91-93

A l’approche des élections municipales et européennes et d’un pessimisme persistant, les mots de Ray Bradbury sonnent juste : quels sont les supports qui nous appuient pour choisir, comprendre et voter ? Et bien, la culture apporte une réponse : elle se mêle de politique en réapprenant ce qu’est être citoyen : nouveaux formats, mise en perspective et changement de ton sont les nouvelles formules de la citoyenneté. 3 moyens re “citoyennisant” s’imposent progressivement sur nos écrans et dans nos expériences.

Réapprendre nos institutions

Tout d’abord, de nouveaux formats offrent l’exploration et l’apprentissage de nos institutions. France Télévisions avait ouvert la porte avec “Jour de vote, dans la peau d’un député” qui nous emmenait dans la journée type d’un député et reprenait les éléments clés de l’institution parlementaire. De même, on peut citer plus récemment Matignon, regards croisés, qui nous promène dans l’antre du Premier ministre, nous rappelle l’histoire de ce personnage de la Vème République, son rôle, le tout de manière graphique et ludique. Autre exemple récent qui vaut le détour, la série transmedia “Intime conviction” sur Arte propose de vivre un procès aux assises et de suivre l’enquête. Contribution FA_image 1 Intime conviction

Mettre les expériences personnelles en perspective

D’autres initiatives mettent elle la créativité au service des citoyens eux-mêmes. Yann Arthus-Bertrand a choisi de montrer ces 7 milliards d’autres en parcourant le monde et posant ”une quarantaine de questions essentielles permettent ainsi de découvrir ce qui nous sépare et ce qui nous lie.”

Raconter la vie, projet mené par Pierre Rosanvallon, ambitionne de “créer l’équivalent d’un Parlement des invisibles pour remédier à la mal-représentation qui ronge le pays.” En créant une communauté en ligne et permettant à chacun de prendre la parole – notamment par l’édition de livres pour Raconter la vie – la créativité remet tous les citoyens au centre de l’attention. Elle autorise même recul et mise en perspective, ce que le rythme de communication actuel ne permet plus.

Contribution FA_image 2 7 milliards d'autres

Questionner par le rire

Enfin, le rire et la culture geek interpellent les animaux politiques que nous sommes pour prendre du recul et mieux “voir” ce que les JT ne montrent pas – plus. Des célèbres Humour de droite et Gorafi aux tumblrs des affiches d’élections (législatives de 2012 ou la préparation des municipales de 2014), tout le monde en prend pour son grade… mais tout le monde en parle et réagit.

La communication politique et médiatique mise en cause, le fonds du problème n’en ressort que mieux.

Contribution FA_image 3 Humour de droiteLe fonds de ces initiatives n’est pas nouveau : nombre de documentaires et de livres se sont déjà prêtés au jeu. Mais celles-ci s’adressent à un public plus large, donnent un accès plus simple – et non simpliste – à la pratique de la politique. La créativité propose donc de nouveaux formats qui ouvrent ces contenus : plus graphiques, textes adaptés au web, parfois engagement ou interactivité auprès d’une communauté. En somme, la créativité recolore la citoyenneté et accorde le temps de la réflexion… Hautement nécessaire pour voter dans les mois à venir.

Camille Delache

Article publié dans le cadre d’un partenariat éditorial avec le Forum d’Avignon, laboratoire d’idées au service de la culture, de l’économie et des médias.

La lente marche du redressement créatif : l’année 2013 vue par la Baguette culturelle

La nouvelle année approchant à grands pas, la Baguette culturelle s’est prêtée au jeu du « meilleur de 2013 ». En revenant sur les événements qui nous ont marqués, l’année n’est pas si sombre qu’elle n’y paraît. De nouveaux modèles économiques sont apparus (ou se sont ajustés) répondant aux exigences de responsabilité, de démocratisation, de proximité. La créativité est toujours là et ne cesse de se manifester : par les artistes, pour le financement, pour la création ou seulement pour tester. Voilà plus d’un an qu’Aurélie Filippetti appelait au redressement créatif. Au regard de ce que nous décrivons ci-dessous, celui-ci est en marche : pas seulement en France certes, mais une marche lente et sûre semble se profiler (espérons-le !).

Les industries culturelles et créatives : objet d’étude par le secteur marchand

Fait remarquable en 2013, le secteur marchand se penche sur un décryptage des industries culturelles et créatives (ICC). En publiant son panorama économique des ICC, EY atteste leur importance grandissante et leur place « au cœur du rayonnement et de la compétitivité de la France ». Si vous ne l’avez fait pas encore, découvrez leur site France créative ou l’étude elle-même : Capture d’écran 2013-12-31 à 07.37.31

Pour une consommation musicale responsable ? L’exemple de Piers Faccini

Comme nous l’avions évoqué en septembre, en lançant son propre label Beating Drums, le musicien incarne un nouveau modèle d’artiste, plus engagé, plus proche de son audience, plus libre et plus créatif. Conscient des évolutions du marché, il prône une industrie musicale plus proche des artistes et du public, qu’il compare à l’achat de fruits et légumes directement aux producteurs locaux, démarche résumée dans son texte intitulé « Why Music is Food » :

« Le nouveau modèle économique de la musique se fonde clairement sur les relations et le partenariat entre tous les amoureux de la musique – auditeurs et créateurs. »

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La culture libre ? Pour la danse aussi avec Re:Rosas de Keersmaeker !

En juin 2013, la chorégraphe belge Anne Teresa De Keersmaeker a lancé Re:Rosas, un appel à remixer la pièce qui l’a rendue célèbre voilà 30 ans Rosas danst Rosas. Pour ce faire, tout est à votre disposition : mouvements, intention, musique et enchaînement sur le site créé pour l’occasion. Grâce à ce projet, la danse se met au goût du jour de la culture libre et ouverte en se réinventant. Pour avoir expérimenté ce projet avec ma compagnie Danse en Seine, je reviendrai plus longuement sur cette expérience dans un prochain article. En attendant, (re)découvrez la célèbre vidéo :

Les galeries d’art investissent le web

L’année 2013 marque aussi l’ouverture en masse des galeries d’art en ligne. Amazon a ouvert le bal en grandes pompes en août 2013. Pari difficile que de se confronter à l’œuvre en ligne et encore plus de l’acheter, deux acteurs français ont fait du bruit en se lançant dans l’aventure : Artistics, start-up rencontrée sur ce blog qui veut s’adresser à un nouveau type de collectionneur, et Artsper, qui veut « décomplexer l’art contemporain ». La bonne nouvelle est que les artistes se prêtent au jeu, voyant de nouveaux moyens de promotion s’ouvrir à eux. Quant aux résultats, 2014 nous le dira … amazon art

Des écrivains pour sauver la ville de Détroit ? Le projet Write-a-House

Ville officiellement en faillite, Détroit a besoin de retrouver son attractivité. Ville créative cependant, elle ne manque pas d’inspiration (The Heidelberg Project en est un bon exemple). Ce sont aujourd’hui les écrivains qui viennent à son secours, autour du romancier Toby Barlow, en proposant d’y installer une maison de résidence pour deux ans minimum. Dès le printemps 2014, les esprits créatifs pourront postuler et rejoindre la future communauté littéraire du Michigan. Symbole du renouveau perpétuel qu’offre l’alliance ville & culture, le projet Write-a-House redonne un nouveau souffle culturel à la ville. Découvrez la vidéo de promotion et leur campagne de levée de fonds :

L’institutionnalisation du crowdfunding … et de l’économie de l’entre-deux ?

Le 30 septembre 2013, la Banque publique d’investissement (BPI) lançait la plateforme Tous Nos Projets à l’occasion des Assises de la Finance participative. A cette occasion, La Baguette culturelle revenait sur l’apparition de cette économie de l’entre-deux : entre le marchand et le non marchand ; entre le profit et le participatif; plus collaborative et plus connectée; mais qui bouscule les modèles traditionnels. Tous les acteurs de la finance participative étaient présents et ont encouragé le gouvernement à légiférer. Comme le dit si bien Fleur Pellerin à Particeep, une ordonnance de simplification devrait être prise début 2014 : Et la francophonie dans tout ça ? L’année 2013 aura été paradoxale pour le monde de la francophonie. Jamais autant de personnes n’auront prononcé ce mot, jamais autant d’initiatives n’auront vu le jour en une seule année. Pourtant, peu d’entre nous sont capables de verbaliser et de donner corps à cette réalité démographique, économique et culturelle. L’année 2014 sera décisive pour cette notion de francophonie, notamment en France. Si rien n’est fait pour développer chaque branche de la francophonie en France, alors elle lui échappera, irrémédiablement. Et le centre de gravité se déplacera paradoxalement au-dessus de l’Océan Atlantique…

La place de la langue française sur Twitter, dernier trimestre 2013

Dans le sempiternel débat qui agite la communauté de la langue française autour de sa place (relative) dans l’univers des langues, ce graphique (issu d’un résultat brut trimestriel) permet d’enrichir les discussions classiques. Il met en exergue deux faits principaux, qui peuvent être pris comme des signaux faibles :

  1. La langue anglaise ne représente que 34% des gazouillis sur Twitter lors du dernier semestre 2013.
  2. La langue française n’arrive qu’en 7ème position des langues utilisées par les utilisateurs de Twitter, derrière des langues telles que l’espagnol, le portugais, l’arabe ou le malaisé.

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Le poids économique de la langue française dans le monde

L’étude de la Fondation pour les études et recherches sur le développement international du même nom apporte plusieurs éléments nouveaux, non verbalisés jusqu’alors. Capture d’écran 2013-12-30 à 16.16.33

  1. Elle tranche et propose une nouvelle carte de l’espace francophone (EF), qui ne serait composé que de 33 pays, dont certains non membres de l’OIF, comme l’Algérie.
  2. C’est la première fois que des chercheurs essaient de quantifier la part du commerce imputable à une langue commune. Ainsi, « l’existence même de l’EF permettrait d’accroître la part du commerce du pays de l’EF de 17%, entre 2000 et 2009.
  3. Enfin, il semblerait que l’appartenance à l’EF ne diminuerait que très faiblement le taux de chômage des pays de l’EF (environ 0,2 point).

Merci à tous d’avoir suivi la Baguette culturelle et à bientôt pour la suite des aventures !

Camille Delache & Damien Soupart

ExpoFrance2025 : le soft power à la française est de retour !

Voici quelques semaines que le terme « ExpoFrance2025 » s’affiche sur mon chemin : dans ma veille, sur Twitter, dans les rencontres et ce matin en haut de la Tour Eiffel pour les 50 ans de France Inter via son porte-parole, le mathématicien Cédric Villani.

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L’initiative ExpoFrance2025 réunit de nombreuses personnalités, entreprises autour du projet de candidature de la France à l’Exposition Universelle de 2025. Jean-Christophe Fromatin, député-maire de Neuilly-sur-Seine à l’initiative du projet, définit le concept comme suit :

« Mettre en scène l’exceptionnelle richesse de notre patrimoine à travers les technologies numériques d’expression et de communication pour permettre aux civilisations de se retrouver et d’échanger. L’idée nouvelle : réemployer de façon éphémère les infrastructures du Grand Paris et les monuments des grandes villes françaises. « Nos gares, nos monuments, nos espaces publics… accueilleraient des délégations du monde entier qui mettraient en scène leurs cultures et leurs innovations. Ainsi, cette exposition serait pleinement universelle. »

Surtout, le site internet témoigne de l’énergie existante autour d’un projet bien pensé, bien planifié et très enthousiasmant :

  • 3 porte-paroles officiels, grands noms de la culture française : la navigatrice Maud Fontenoy, la chef 3 étoiles Anne-Sophie Pic et le mathématicien Cédric Villani
  • Un calendrier général bien au point :

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  • Des soutiens affichés : plus de 2 000 personnes, des partenaires entreprises (LVMH, Carrefour, SNCF, Groupe Clarins, …), des grandes écoles, et des institutionnels.

A l’heure où le concept de France créative connaît un grand succès, où les industries culturelles et créatives pèsent de plus de plus, la Baguette culturelle ne pouvait que se réjouir de cette initiative.

Plusieurs fois sur ce blog, j’ai souligné l’importance des ICC dans notre économie (« Dynamiser l’économie numérique : un enjeu économique et culturel », juillet 2012 et « La culture francophone, pouvoir d’influence au service de la compétitivité économique » en mai 2013) mais aussi dans notre diplomatie et notre influence (« Du besoin d’une culture rayonnante, et pourquoi pas la France ? » en avril 2012).

Le soft power à la française est de retour : à nous de le soutenir !Camille Delache

 

Les pouvoirs de la culture : retour sur les moments forts du Forum d’Avignon

Depuis vendredi, La Baguette culturelle était présente à la sixième édition « Les pouvoirs de la culture » des rencontres du Forum d’Avignon, laboratoire d’idées sur la culture et l’économie. Retour sur les moments forts du Forum.

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1. Le premier débat “Pas de politique sans culture” avec Erik Orsenna, Badr Jafar, Chetan Bhagat, modéré par Denise Bombardier

Peut-être le débat le plus concret du forum, mettant ensemble un économiste, un business man et un écrivain, quelques morceaux choisis ci-dessous :

« Un des éléments de la culture, c’est de passer de la dépression à la fierté »

« La culture a besoin du secteur public surtout pour fixer les règles du jeu et pour garantir le long terme »

« Pourquoi ne pas redéfinir le ministère de la culture ? Notre sentiment d’éternité n’est pas bon »

Erik Orsenna

« Le secteur privé a peur de la Culture en Inde »

« Besoin d’une grande psychothérapie pour la culture indienne : servilité, éducation de castes… »

Chetan Bhagat

« La culture c’est être en éveil, avoir une vision et savoir ensuite l’appliquer au politique, elle surpasse souvent les contraintes et les privations de liberté. »

« La diplomatie culturelle doit permettre d’importer des cultures dans nos pays mais aussi d’exporter la notre. Il n’y a pas de ministre de la culture aux Etats-Unis et leur culture s’exporte dans le monde entier »

Badr Jafar

2. Itay Talgam lançant le hackathon

Comme l’année passée, le chef d’orchestre israélien nous donne une petite leçon de savoir vivre et de management avec le grand Leonard Bernstein :

Retrouvez d’ailleurs son TEDX ici « Diriger comme un grand chef d’orchestre »

3. La présence de Lawrence Lessig

Intervenant lors de la première table ronde, le fondateur des Creative Commons revenait au Forum d’Avignon après 4 ans … mais sans pour autant nous secouer de ses grandes idées. Peut-être l’année prochaine ?

4. L’étude de Louvre Alliance pour un ministère de l’Esprit

Etude sans chiffre (un peu de poésie dans ce monde de chiffres ne fait jamais de mal), elle encourage un discours amoureux sur la culture en Europe. La préconisation principale du rapport est de créer un « ministère de l’esprit » en Europe. Pourquoi ce terme ? « Car le mot ‘esprit’ se situe hors de tout pouvoir mais dans le champ de la puissance. »

Retrouvez l’étude de Louvre Alliance Culture, territoires & pouvoirs : l’esprit d’Atlas ici

5. Le ministre de la culture sénégalais Abdoul Aziz Mbaye

Intervention rafraichissante et stimulante, le ministre de la culture sénégalais commence son discours par :

« Je suis très heureux d’être sortie du conclave car je suis maintenant protégé par la liberté d’expression de l’Université d’Avignon. »

Pour lui la crise actuelle est la première à toucher toutes les cultures, y compris l’Occident. Elle teste les cultures, y compris les plus solides.

Les conséquences sont là : les dominants ne sont plus les dominants, les pays européens ne « soutiennent » plus le développement de l’Afrique car la Chine les a remplacé.

« Elle va même nous accompagner dans la construction d’un musée des civilisations noires et laisse libre cours à notre imagination. » Et cela va fonctionner car « beaucoup de jeunes veulent de l’autodéveloppement et pas du développement. »

Et de conclure brillamment :

«  Ne vous laissez impressionner par personne, vous, jeunesse d’Europe. Revendiquez qui vous êtes d’abord c’est l’engagement qui fera de vous des acteurs du changement. »

6. L’événement croqué par les dessinateurs de Cartooning for Peace

Conçue par le dessinateur français Plantu, Cartooning for Peace est une initiative née le 16 octobre 2006 au siège de l’ONU à New York. Organisée par Kofi Annan, alors Secrétaire général de l’ONU, une conférence de deux jours réunit 12 des dessinateurs de presse les plus renommés au monde pour « désapprendre l’intolérance ».

Liza Donnelly pour le Forum d'Avignon 2013

Les dessinateurs ont accompagné la sixième édition du Forum de leurs dessins et de leur humour.

Retrouvez le site de Cartooning for Peace ici.

Seul petit bémol : le manque de représentation des acteurs de l’entre-deux.

La Baguette culturelle se penche sur les questions liées à cette économie émergente entre intérêt général et secteur marchand, entre petites associations et grosses machines. Les industries culturelles et créatives de demain sont aussi là et il serait bon de ne pas les oublier.

Voilà, la sixième édition du Forum d’Avignon s’achève aujourd’hui. Merci d’avoir accueilli la Baguette culturelle, de l’avoir suivi, lu, retweeté.

Camille Delache

Le Big Data au Forum d’Avignon 2013 : 3 questions à Fabrice Naftalski et Solenne Blanc d’EY

Depuis 6 ans, EY accompagne le Forum d’Avignon dans l’analyse des grandes tendances actuelles et publie une étude. Cette année, le fruit de ce partenariat est consacré au nouvel or noir : le Big Data. Voilà quelques années que le concept émerge doucement et il est aujourd’hui à l’honneur au Forum d’Avignon. Souvenez-vous ce qu’Henri Verdier, aujourd’hui directeur d’Etalab, disait déjà il y a deux ans :

« Tout ce que nous connaissions du web va changer à nouveau avec le phénomène des big data. […] Naviguer dans ce nouveau web demande une nouvelle science. » et de finir « Pour être honnête, on sent bien que le business n’est pas encore tout à fait au rendez-vous. »[1]

Et bien c’est désormais chose faite !

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L’étude Comportements culturels et données personnelles au cœur du Big data questionne le juste équilibre entre le pouvoir grandissant du e-CRM culturel et la vie privée, entre les schémas de prévision individuels et la sérendipité :

« Si le Big data apparaît comme une rupture majeure qui nous ferait définitivement quitter une ère, dont l’épuisement des ressources fait poindre des limites, pour entrer dans une économie du savoir et de la connaissance prometteuse, il est urgent d’apprendre à préserver la fragilité de cette ressource qu’est la donnée personnelle culturelle, dont la pérennité repose sur les équilibres subtils et les responsabilités partagées, qui jetteront les premiers jalons de ce nouveau marché en pleine structuration. »

Fabrice Naftalski, associé d’Ernst & Young Société d’Avocats et Solenne Blanc, directrice associée d’Ernst & Young Advisory ont répondu à 3 questions pour la Baguette culturelle sur leur étude.

Pourquoi un acteur comme EY s’intéresse t-il aux big data ?

F. N : On s’y est intéressé car tout le monde en parle : les big data sont un sujet encore indéfini mais où on voit énormément d’opportunités. Dans la dimension conseil de notre métier, on recommande de plus en plus à nos clients de se tourner vers le big data.

On y voit surtout un levier formidable d’innovation et d’anticipation, mais aussi tout un jeu d’équilibres : la création de richesse, le partage de cette richesse et la protection des individus.

Nous avons essayé d’analyser ces enjeux mais avec une difficulté supplémentaire qui est que le concept de donnée culturelle personnelle n’est pas nommé. Elle est abordée par plusieurs angles du droit :

  • La donnée personnelle donc la donnée de l’intimité voire sensibles : on sait ce que vous lisez, vos croyances, vos opinions politiques.
  • La propriété intellectuelle : selon ce qu’on fait du big data, on fait face à de la création, de l’innovation qu’il faut protéger dans l’intérêt des créateurs et dans l’intérêt général.
  • Le droit de la concurrence : plusieurs acteurs ont atteint des volumes énormes de données et font aujourd’hui face à des revendications de partage de données. Dans un souci d’intérêt général, le droit doit permettre à tous les acteurs d’avoir un accès commun.

Dans le prolongement du big data, qu’en est-il des questions d’open data pour vous, vos clients et vos activités et surtout de l’intérêt général ?

S. B : C’est une vraie opportunité de créer des services à valeur ajoutée pour l’utilisateur final. La difficulté est surtout de savoir qui va vraiment exploiter ces données, qui s’en saisit ?

Surtout, les acteurs de la culture eux-mêmes ont du mal à organiser leurs propres data alors avant d’aller chercher à l’ouvrir, je pense qu’il y a un premier travail de structuration et d’organisation. Il y a une culture de la donnée à acquérir qui est encore assez nouvelle : fédérer et collecter ces données pour ensuite la croiser avec des données de contexte, il y a encore beaucoup de marge de manœuvre.

[ndlr : la première partie de l’étude insiste beaucoup sur l’importance du contexte « content is king but context is King Kong » p.10 notamment]

Nous revenons ainsi beaucoup dans l’étude sur la question suivante : comment vous, acteurs de la culture, pouvez travailler pour vous organiser en interne et obtenir une vision unifiée ? Ensuite, par des jeux d’acteurs et d’alliances avec des jeunes pousses qui vont amener des innovations technologiques, elles pourront exploiter leur big data et in fine travailler sur l’open data.

On assiste donc à une création de valeur mais pas seulement économique mais aussi une valeur d’usage.

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Comment vous adressez-vous aux acteurs de l’entre-deux, c’est-à-dire ces nouveaux acteurs qui utilisent et créent de la data, loin des « grands noms » présents ici, mais porteurs d’innovation ?

[ndlr : j’évoque notamment Sens critique en leur posant la question, déjà vu sur ce blog !]

S.B : Nous nous intéressons principalement à l’écosystème autour de ces questions : l’utilisateur lui-même qui génère de la donnée, les établissements culturels qui sont amenés à collecter et à questionner les données culturelles, des agrégateurs, des analystes statistiques, de start-up qui vont avoir des idées de service à construire.

Il faut que des alliances se fassent pour cet écosystème exploite utilement la donnée personnelle culturelle. On ne pense pas que ce sont les acteurs digitaux tous seuls ou les institutions toutes seules. Il faut surtout que ces univers apprennent à travailler ensemble et que c’est grâce à ça que le dynamisme va se créer.

Merci à eux d’avoir répondu à mes questions et en espérant que le big data donne rendez-vous aux innovations et nouveaux usages pour la prochaine édition du Forum.

Je signale au passage une autre étude très intéressante d’EY, qui fait définitivement partie des acteurs ayant compris l’importance et le potentiel des ICC : Panorama des industries culturelles et créatives et le site France Créative créé pour l’occasion.

Retrouvez l’étude sur le Big Data sur le site du Forum d’Avignon en cliquant ici.

Le site d’EY c’est .

Forum d’Avignon 2013 : rencontre avec la start-up GuestViews

Pour la première fois cette année, le Forum d’Avignon organise un hacktahon et a invité la start-up « Guest Views » à plancher sur un des sujets « Prescrire la culture ». Rencontre avec celle qui veut « réinventer la relation entre les lieux culturels et leurs visiteurs ».

logo-gv-line-BK-2000 GuestViews a pour ambition de créer un lien durable entre les visiteurs et les institutions culturelles en proposant une application sur site qui collecte les informations des visiteurs. Concrètement, le public accède à la tablette après l’exposition et donne son retour « à chaud » sur son expérience culturelle (avis général, œuvre préférée, évaluation de la visite et du lieu).

Les institutions culturelles, elles, récupèrent des bases de données et des analyses de leur vivier de visiteurs, méthodes encore peu exploitées dans le secteur culturel (et oui, on en revient toujours aux data !) Elles utilisent GuestViews pour exploiter les leviers de satisfaction de leurs visiteurs et entrent ainsi dans un dispositif de marketing relationnel.

Quelques questions aux fondatrices, Alizée Doumerc et Camille Caubrière :

Comment vous est venue l’idée de GuestViews ?

« L’idée est née de manière empirique. Nous avons toutes les deux travaillé plusieurs années dans le secteur culturel et notamment dans les lieux d’expositions. En observant le parcours des visiteurs, nous avons remarqué qu’il n’y avait peu d’outils permettant de récupérer des informations sur eux. Les outils mis en place étaient la plupart du temps désuets et incomplets (fiches de contact), inexploitables (livres d’or), très onéreux (études sur les publics) ou peu représentatifs des visiteurs physiques (fans sur les réseaux sociaux).

Dans une période de crise économique, nous avons cerné un besoin : celui de rationaliser et valoriser les flux d’informations qui émanent des visiteurs, de les transformer en ressources et ce, grâce au potentiel du numérique. »

En 3 mots, comment décririez-vous GuestViews ?

– fiable

– interactif

– modulable

En quoi le CRM va t-il permettre aux musées de se rapprocher de leur public ?

« GuestViews est à la fois un outil qualitatif de prolongement de visite et un outil de CRM. GuestViews n’est pas un outil de médiation, qu’elle soit physique et intime (via un médiateur) ou matérielle (audioguides, applications de visite).

C’est un outil participatif de collecte de données sur les visiteurs (réaction, satisfaction, comportement) qui va permettre aux musées de mieux comprendre les attentes des visiteurs tout en améliorant leur expérience de fin de visite (souvent bâclée). En donnant la parole aux visiteurs, GuestViews implique le public directement à l’amélioration de l’offre et de l’expérience au sein des lieux culturels. »

Une fois l’outil CRM implanté et efficace dans un musée, quelle est la prochaine étape selon vous ?

« La prochaine étape : continuer de développer et d’apporter des améliorations à notre outil. Viser les pays culturellement dynamiques à l’échelle européenne (Suisse, RU par exemple) puis le marché international.

Se focaliser ensuite sur les utilisateurs en leur proposant un site complet sur lequel ils peuvent interagir, recevoir des recommandations en fonction de leur goût pour offrir à terme une nouvelle forme de prescription culturelle. »

Elles vous présentent leur outil à la Paneterie du Palais des Papes pendant tout le forum et participent au Hackathon (résultats demain à l’Université d’Avignon).

Pour plus d’informations :

www.guestviews.co

Suivez-les sur Facebook et Twitter

Contactez-les : alizee@guestviews.co et camille@guestviews.co

Camille Delache

Le Forum d’Avignon 2013, c’est aujourd’hui : les pouvoirs de la culture

Dès cet après-midi, le Forum d’Avignon s’ouvrira au Palais des Papes d’Avignon sur les pouvoirs de la culture. Suivez les débats et les aventures du Forum sur La Baguette culturelle, mon compte Twitter, et en Live sur le site du Forum.

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Retrouvez le programme ici

« Premier débat cet après-midi « Pas de politique sans culture » :

Si l’association de la culture et du politique a produit le meilleur comme le pire en magnifiant ou manipulant patrimoine et création au gré des régimes, elle reste indispensable. La réduire à son rôle dans le développement économique, à la fierté d’appartenance ou au rayonnement international nierait sa spécificité alors qu’elle appelle à jouer un rôle constructif dans le monde qui se met en place.

Mais à l’heure de la mondialisation, quelle place tient la culture dans le politique et le politique dans la culture ? 

Avec la participation de : Erik Orsenna, Badr Jafar, Chetan Bhagat, Denise Bombardier »

En attendant, retrouvez les études réalisées pour l’occasion :

  • Créateurs, producteurs, distributeurs, consommateurs, pouvoirs publics… Qui détient le pouvoir ?
     par Kurt Salmon

  • Les nouvelles prescriptions : De l’abondance à la découverte
     par Bain & Company

  • Comportements culturels et données personnelles au coeur du Big data. Entre la nécessaire protection et une exploitation au service des nouveaux équilibres économiques par Ernst & Young

  • Culture, territoires et pouvoirs – L’esprit d’Atlas par Louvre Alliance

Camille Delache

La Baguette culturelle au Forum d’Avignon 2013 : les pouvoirs de la culture

Comme l’année précédente, La Baguette culturelle s’invite au Forum d’Avignon, rencontres internationales de la culture, de l’économie et des media.

Cette année, on y parlera des pouvoirs de la culture. A l’aune des élections municipales et européennes et à l’heure des tensions sociétales, le sujet ne pouvait pas aussi bien tomber.

En attendant, jeudi, vous trouverez ci-dessous un petit avant-goût de cette édition 2013 :

Manifeste 2013 du Forum d’Avignon

« Pas de politique sans culture !

Avec 2700 milliards de dollars de chiffre d’affaires et 6,1% du PIB au niveau mondial, 4% du PIB et 8 millions d’emplois directs en Europe dans la culture et les industries créatives, les gouvernements et les entreprises peuvent-ils construire notre avenir sans la culture ?

Alors que la disette budgétaire pousse à réduire les budgets culturels en Europe, la Chine augmente ses dépenses de plus de 23%. L’Afrique et l’Inde voient l’accès à leurs productions artistiques démultiplié par le numérique. Le Moyen-Orient investit dans la culture tous azimuts. Ces constats témoignent-ils d’un basculement des pouvoirs en matière culturelle ?

Quel paradoxe ! Alors que l’apport de la culture et des industries créatives au développement économique est désormais largement reconnu, la perception, notamment en Europe, d’un recul du politique dans l’action culturelle s’accentue. Ce phénomène prend racine dans un contexte de tensions budgétaires portant le risque d’une banalisation du secteur de la création et des industries culturelles.

L’enjeu ? Remettre la culture au cœur du politique. »

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Quand la technologie rencontre l’opéra : The End, vocaloïd opera au théâtre du Châtelet

Depuis hier soir, le théâtre du Châtelet à Paris accueille The End le premier opéra virtuel venu de Tokyo et pour la première fois représenté hors du Japon.

Quatre écrans, sept projecteurs haute définition, 50 enceintes sont là pour vous faire vivre les réflexions de Hatsune, diva virtuelle ou « vocaloïd » (contraction de vocal et androïde) dont le nom signifie « le premier son du futur ».  Déjà, la folle ambition est affichée.

The End vocaloid operaSi les moyens sont plus que novateurs, la thématique abordée n’en est pas moins traditionnelle :

« This production tests taking the traditional tragic structure of an opera asking « What is death? » and « What is an end? » and puts Hatsune Miku as the mediator to reread it in a modern way. »

FR : « Cette production adopte la structure traditionnelle tragique de l’opéra se demandant « Qu’est-ce que la mort ? » et « Qu’est-ce que la fin » ? Hastune Miku en est le médiateur pour faire revivre ces questions de manière moderne. »

Le concept est né en 2007 de l’entreprise japonaise Crypton Future Media qui s’est entourée d’artistes pour créer ce nouveau concept d’opéra : le compositeur Keiichiro Shibuya (cf. son interview dans Le Monde du 1er novembre) ou encore Marc Jacobs, le directeur artistique de Louis Vuitton.

Cette nouvelle expérience porte un peu plus loin des projets mêlant art et technologie (comme la production Mr et Mme Rêve de la compagnie Pietragalla en partenariat avec Dassault Systèmes déjà évoquée ici) mais avec un petit plus non négligeable : l’héroïne totalement virtuelle a été créée en open source laissant la part belle aux courageux inspirés.

Avec The End, ce nouveau type de création artistique et de pratique culturelle amène le spectateur dans un tout autre univers, hors des codes traditionnels de la culture. Si on entend déjà les vieux démons arriver (mais où est l’humain ? quelle place pour les comédiens en chair et en os ?), il n’empêche que la prouesse technologique et imaginative peut être louée.

Un petit aperçu vidéo :

Camille Delache