L’économie de l’entre-deux : le cas de Sens critique

Il y a maintenant quelques jours, La Baguette culturelle s’interrogeait l’apparition d’une économie de l’entre-deux à travers les récentes évolutions du crowdfunding. L’entre-deux, c’est ce semi-vide qui existe entre les dispositifs de financement et d’investissement classiques, et les dispositifs de mécénat dédiés à l’intérêt général. Or, depuis quelques années, cet entre-deux ne cesse de croître accueillant toujours plus de nouveaux acteurs. En analysant plusieurs exemples, nous allons tenter d’en définir les contours, les acteurs et les modèles de financements existants.

Hema Upadhyay, Think Left, Think Right, Think Low, Think Tight

Parmi ceux-ci, je veux aujourd’hui vous parler du site senscritique.fr qui ouvre la critique de produits culturels à tout un chacun et veut “démultiplier la puissance du bouche à oreille culturel”.

Clément Apap, un des co-fondateurs rencontré il y a quelques semaines, m’explique le concept du site : pouvoir partager son point de vue sur un produit “consommé” partout et à n’importe quel moment (aujourd’hui comme dans dix ans). Chaque membre peut créer des “listes”, suivre des éclaireurs et ainsi d’autres œuvres lui seront proposées.

Le site capitalise ainsi sur une double recommandation : celle de vos éclaireurs et celle générée par les données du site web. La magie du bouche à oreille culturel opère donc bel et bien … et gratuitement !

logo1

La question de l’économie de l’entre-deux se pose alors : comment financer ce modèle ? Clément Apap et ses associés ont adopté la politique de la “publicité intelligente”. Lorsque l’internaute arrive sur la page d’accueil … rien ne saute aux yeux. L’équipe s’explique ainsi sur le blog :

“Les formats que nous diffusons sont donc intégrés à notre charte (et toujours précisés comme sponsorisés). Nous voulons promouvoir la culture, jusque dans la publicité, et nous privilégions les annonceurs culturels.”

Concrètement, les annonceurs sont invités à alimenter deux espaces dédiés sur la plateforme : “ça donne envie”, publicité indiquée comme sponsorisée, et “privilèges”, invitations à des événements, offres exclusives etc.

Je vous vois déjà venir : non, Sens critique ne commercialise pas nos données en échange, le big data culturel n’a qu’à bien se tenir.

Dès lors, quel modèle de financement pour Sens critique ? Doit-on attendre que les investisseurs s’intéressent à cette économie naissante ? A l’instar d’X-Ange qui prend des participations dans les Kisskissbankbank, La Ruche qui dit oui et autre fer de lance de l’économie collaborative ? Si le crowdfunding permet de tester son audience, sera t-il suffisant en termes de volumes pour ces nouveaux modèles ? Quant au dispositif de mécénat, il ne s’applique qu’aux organisations reconnues d’intérêt général.

Que reste t-il pour des modèles comme Sens critique et autres comparses ? Rendez-vous bientôt pour la suite des aventures de l’économie de l’entre-deux !

Camille Delache

Advertisements

Une réflexion sur “L’économie de l’entre-deux : le cas de Sens critique

  1. Pingback: Le Big Data au Forum d’Avignon 2013 : 3 questions à Fabrice Naftalski et Solenne Blanc d’EY | La Baguette culturelle

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s