Pour une alliance francophone entre la France et le Québec par Damien Soupart

Pour cet article de rentrée, une question ingénue qui mériterait d’être posée plus souvent : pourquoi la France et le Québec n’interviennent pas de concert au sein de l’espace économique francophone, notamment en Afrique ? 

Grâce à l’étude parue au mois d’août 2013 sur « la profondeur stratégique de la francophonie »[1], j’ai personnellement appris que le Québec avait organisé son propre espace géopolitique autour de la francophonie et des locuteurs de la langue française.

C’est notamment ce qui explique cette aide si massive apportée par les Québécois et les Canadiens à Haïti.

C’est ce qui justifie également cette pléiade de missions commerciales et d’entités dédiées au développement des échanges entre le Québec et certains pays africains, rassemblées sous le vocable de Conseil Canadien pour l’Afrique[2].

canada mali

A côté du Québec et du Canada, la France qui essaie d’organiser les investissements français en Afrique francophone. A travers un dispositif éclaté et sans véritable préférence géographique ni géostratégique (mis à part peut-être pour l’uranium et certaines terres rares). A la lecture du dernier rapport de notre Ministre du Commerce Extérieur, il s’avère que l’Afrique francophone ne fait pas partie des cibles prioritaires pour les PME françaises qui souhaiteraient exporter, mis à part le Maghreb. Nous montrons ainsi aux divers commentateurs que la France, régulièrement critiquée pour son « néo-colonialisme » en France, n’a toujours pas pris conscience de l’avantage concurrentiel que représentait le partage d’une seule et même langue, avantage concurrentiel pourtant mis en valeur par certaines études universitaires[3], commandées par le Quai d’Orsay lui-même !

Au même moment, lorsque vous utilisez un simple logiciel de veille dédié et que vous entrez la requête « francophonie », vous vous rendez compte que le Québec et le Canada sont désormais majoritaires sur la question francophone au sein de ce réseau social. Plus de clics, plus de « suiveurs » et plus de gazouillis… Preuve supplémentaire que le Québec et le Canada sont en train de s’imposer, naturellement, comme les représentants d’une francophonie ouverte et économique.

Francophonie sur Twitter

Bien que l’outil Twitter ne soit nullement l’alpha et l’oméga de toute considération et de toute décision politique, ce basculement visible d’autorité (qui est en train de se dérouler sous nos yeux) au sein de l’espace francophone et de l’espace économique francophone est une réalité.

Une réalité qu’avait courageusement et lucidement pressentie feu Philippe Séguin qui écrivait dans l’un de ses derniers livres :

« Face à cette situation, France et Québec devraient reprendre conjointement l’initiative au lieu de se complaire dans leur égocentrisme respectif »[4].

Timide ouverture, Mme la Ministre de la Francophonie et M. le Ministre de la Culture et des Télécommunications du Québec ont signé la semaine dernière une « déclaration d’intention »[5] qui, dans les faits, ne promet rien et, surtout, ne propose rien. Même le journal « Sud Ouest » conclue son article par : « pour le concret, prière de repasser »…

A quand une alliance d’un genre nouveau entre la France et le Québec ?

Damien Soupart

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s