L’épopée numérique de Sarah Sauquet ou la rencontre entre littérature et technologie

Quand une professeur de français découvre les technologies numériques mobiles, un nouveau champ des possibles s’ouvre à elle. La Baguette culturelle rencontre aujourd’hui Sarah Sauquet, co-fondatrice des applications « Un texte, un jour », « Un poème, un jour », convaincue des bienfaits de la littérature pour tous et partout. Récit d’une épopée numérique de petites anthologies littéraires à portée de main.

Un texte un jour1

Naissance d’un rendez-vous littéraire quotidien

« Professeur de français, j’avais offert il y a quelques années une anthologie de textes littéraires ‘faite maison’ à toute ma famille. Ma mère spécialiste des applications mobiles m’a tout de suite dit : ‘pourquoi ne pas créer une version numérique de ton anthologie ? »

En regardant l’existant, notre interwievée se rend compte qu’il reste une place pour une application accessible, autant en termes de design et que de contenu. « Cette application est aussi née d’un questionnement professionnel auquel je suis chaque jour confrontée : comment faire lire les élèves ? Je trouvais que le support du smartphone et le schéma du texte journalier convenait très bien à des générations habituées au zapping ! »

« Un texte, un jour » nait en octobre 2012 : l’application – gratuite – vous permet de recevoir chaque jour un nouveau texte « de 15 lignes, pas plus »,  d’un auteur disparu avant 1942 pour des questions de droit d’auteur.

« La cible est l’adulte lettré qui aurait envie de relire, l’hypokhâgneux qui a besoin d’avoir une panoplie de classique en condensé, les expatriés qui veulent garder un lien avec le français. L’application n’est pas à l’origine destinée aux élèves mais il y a un vrai potentiel pédagogique. »

L’application lancée, l’engouement pour les nouvelles technologies grandissant, « Un texte, un jour » devient la lecture du matin pour de nombreux utilisateurs : « l’application permet d’enrichir les textes d’une biographie et de jeux de littérature classique et contemporaine en devenant un rendez-vous quotidien. La gamification est une des clés de notre développement. » Suite à une forte demande des utilisateurs sur la poésie, elle donne aussi naissance quelques mois plus tard à « Un poème, un jour », application cette fois-ci payante.

Derrière ces produits se cache une conviction : « la littérature n’est pas quelque chose de suranné. Je voulais que ce soit de la culture pour tous mais qui reste exigeante. » Pour notre professeur de français, la littérature ne vit pas isolée : elle s’épanouit avec la technologie mais aussi avec les autres domaines.

« Je veux aussi faire des ponts avec d’autres pans de la culture : cinéma, théâtre, séries télévisées… pour montrer que la culture n’est pas réservée à une élite. La littérature est toujours avec nous dans la vie : cet outil permet de l’avoir dans sa poche. »

Un texte un jour 2

« Vous tuez le livre » : le retour de la querelle des Anciens et des Modernes

Une fois n’est pas coutume, à nouveau support, nouvelles craintes. L’écran effraie (rappelez-vous, Who Art You avait déjà soulevé ce débat). Collègues de l’Education nationale, ou amoureux traditionnels du papier ne voient pas d’un bon œil le passage à l’écran mobile : « Pour certains, on ne peut pas passer aux écrans comme ça. On m’a même dit ‘Faire entrer le livre dans une boite, c’est en quelque sorte le tuer.’ »

Pourtant, Sarah Sauquet voit son propre métier évoluer : « J’ai progressé au niveau de ma pratique, de ma connaissance. Les élèves ont pu constater que la littérature n’était pas poussiéreuse : l’application devient un moyen facile de lire plein de textes et d’améliorer sa langue, ses connaissances. »

Pour elle, ces craintes illustrent les limites inhérentes à la culture française.

« Le problème français dans la culture et dans l’éducation est que nous nous enfermons systématiquement sur le français. Regardez les programmes scolaires, il y a très peu d’auteurs étrangers ! Or, enfermer la culture française c’est prendre le risque qu’elle disparaisse. Le défaut de la culture française c’est son nombrilisme. C’est en la confrontant avec d’autres textes, d’autres langues, d’autres supports qu’on va pouvoir la faire vivre. »

Pour la faire vivre, le numérique est un premier pas aujourd’hui franchi avec les deux premières applications … à découvrir bientôt en anglais !

Cliquez pour télécharger l’application « Un texte, un jour » (iPhone et Android), « Un poème, un jour » (iPhone et Android).

Camille Delache

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