La francophonie économique, par Damien Soupart

Pas une seule semaine depuis cette moitié d’année 2013 écoulée sans entendre parler de « francophonie économique ». Malgré cette profusion sémantique, il semble exister autant de définitions que de locuteurs. Dommage pour une idée qui a fait son apparition à la fin des années 1980 et qui, depuis, a réussi le paradoxal tour de force de multiplier les organisations et les entités comportant son objet, tout en ne concrétisant pas cette idée.

Officiellement[1], la francophonie économique se caractérise par un ensemble d’actions accompagnant les acteurs privés et publics dans leurs stratégies et politiques de développement économique et social, de réduction de la pauvreté et de création de croissance. A la lecture de cette définition consensuelle, nous ne pouvons nous empêcher de nous rappeler le mot de Philippe Séguin, contenu dans l’un de ses livres sur la francophonie (« Plus français que moi, tu meurs!) : « Au lieu de chercher à s’entendre sur des perspectives claires, on s’est contenté, pour tourner la difficulté, d’accumuler les ambitions ».

Qui dit accumulation des ambitions dit presque obligatoirement multiplication des organes, comités, associations, cellules, fédérations et autres directions prétendument en charge de la francophonie économique. Une simple cartographie ci-dessous pour représenter cette profusion organisationnelle, au sein de la seule France :

Cartographie Franco economique V1

Conséquence d’un tel amoncellement de structures ou symbole de problèmes structurels et conceptuels plus profonds, la francophonie économique peine à se concrétiser. Nous établissions déjà ce constat il y a un peu moins d’un an, sur ce même blog.

Depuis, le constat est toujours le même à un niveau organisationnel macro mais les applications in concreto de cette belle idée de francophonie économique deviennent plus fréquentes.

  1. Une première étude académique, qui sera complétée par d’autres dans les prochains mois, a tenté de définir « le poids économique de la langue française dans le monde ». Au travers d’une définition de périmètre originale et d’une solide méthode, les deux auteures montrent la réalité de l’idée de francophonie économique et l’intérêt qu’il y aurait à fournir des efforts en vue de son développement.
  2. Des fonds d’investissement se développent et se pérennisent pour proposer des solutions face aux problèmes récurrents de financement qui touchent les TPE/PME. C’est le cas d’I&P, repris en 2011 par Jean-Michel Severino, ancien patron de l’AFD.
  3. Des rencontres et des événements à visée économique prennent forme, notamment sur le continent africain. C’est toute l’ambition du CJD International.
  4. Des outils (notamment de communication), francophones dans leur essence, commencent à apparaître. C’est le cas de LibertyTel, qui offre la solution la plus avantageuse pour les francophones de communiquer.

La francophonie économique, ce sont davantage ces entrepreneurs issus des cinq continents qui contribuent, par leurs inventions, leur projets et leurs énergies, à viabiliser cette notion.

Damien Soupart

NB : si cette notion de francophonie économique vous intéresse, sachez qu’un groupe de travail planche sur 30 Propositions concrètes en faveur de cette belle idée.

Le manifeste / programme de travail est ici :

http://www.ajfoimonde.org/documents/francophonie_economique.pdf

Pour plus d’informations, n’hésitez pas à m’écrire : damien.soupart@ajfoimonde.org


[1] Définition issue du site institutionnel de l’OIF : http://www.francophonie.org/-Economie-294-.html

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