Vers une politique culturelle des entreprises

En 2012, 40 000 entreprises se sont engagées dans une politique de mécénat, 24% d’entre elles en faveur de la culture et du patrimoine (source étude Admical-CSA 2012). Depuis quelques années, l’art s’imbrique de plus en plus dans l’entreprise au service de la cohésion interne.

Pour commencer, rappelons le plaidoyer d’Olivier Tcherniak, président de l’ADMICAL, pour la solidarité culturelle. Selon lui, une entreprise a tout intérêt à s’engager dans un mécénat culturel car elle peut « y découvrir sa personnalité, façonner son identité profonde et non simplement construire une image, toujours proche de celle de son concurrent. C’est aussi s’ouvrir à d’autres cultures et ainsi ne pas s’enfermer sur sa culture d’entreprise nourrie de codes et de rituels réservés à un groupe. » Au-delà du renforcement de la culture d’entreprise, la culture peut redonner un nouveau souffle à l’innovation.

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Cette semaine, La Croix a enquêté auprès de ces entreprises qui travaillent en direct avec des artistes : « L’art pour changer le monde du travail ». BNP Paribas Cardif, Colas, la Société foncière lyonnaise, Thomson Multimedia, et bien d’autres encore, utilisent l’art comme outil de cohésion interne.

« L’art peut être un outil de management. Il aide à ouvrir le champ des possibles car il nous force à changer notre vision du monde, donne envie d’aborder les sujets l’esprit plus ouvert, d’être plus innovant, plus ambitieux. On sort de la logique de la simple transaction immobilière pour donner du sens à notre métier et se poser les bonnes questions : Qui sont nos clients ? Comment travaillent-ils ? Par quoi sont-ils motivés ? Quel est l’impact de leur environnement de travail ?… »

Bertrand Julien-Laferrière, directeur général de la Société foncière lyonnaise

Les entreprises s’engagent donc dans une vraie politique culturelle : amateurs d’art, mécènes, utilisatrice de l’art pour la cohésion interne, elles sont friandes de toute la dimension active de la culture, insufflant innovation et créativité dans toute leur structure.

Camille Delache

Ceci n’est pas… ou comment exporter nos artistes ?

En décembre 2012, l’opération multiforme Ceci n’est pas… a vu le jour à Los Angeles, afin de mettre en avant les liens entre la scène angeline et la France ou les artistes français installés sur place. Piloté par l’Institut français, l’Ambassade de France à Los Angeles et le ministère de la Culture, le projet rassemble plus de 100 artistes et plus de 30 collaborations entre institutions culturelles, universités, galeries ou écoles d’art pendant 5 mois.

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Le programme a débuté par l’exposition Lost in L.A. organisée par la fondation FLAX (France Los Angeles Exchange), s’inspirant de l’univers de la série pour mettre en avant les travaux d’artistes français et américains. Entre autres, notons l’exposition PARIS PHOTO Los Angeles, première édition de la foire parisienne dans les studios Paramount Pictures.

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Pour avoir moi-même été sceptique sur la capacité de nos acteurs culturels à s’organiser et se regrouper pour promouvoir la culture à l’international, il faut reconnaître que ce projet donne un nouveau souffle à notre diplomatie culturelle. Plus collaborative, mieux co-construite et assez diversifiée, cette nouvelle version se veut « catalyseur d’événements » et invite à « tisser des liens historiques et artistiques avec la création contemporaine en France ».

Cette recette d’exportation ne saurait fonctionner sans une structure solide construite sur une stratégie long terme. Au-delà du réseau consulaire traditionnel, on peut par exemple citer Étant donnés, le fonds franco-américain pour l’art contemporain a été créé en 1994, nommé après l’œuvre de Marcel Duchamp.

Attendons de voir les retombées sur le long terme, mais en somme, une bonne initiative à suivre !

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Camille Delache

Revue de presse du 15 avril : Los angeles et les artistes français, Marseille sans musées et 2013 année dancehall

Le L.A. confidentiel des plasticiens français par Emmanuelle Lequeux, Le Monde

« West Coast, nouvelle vague ? Depuis quelques années, Los Angeles se rêve en eldorado de l’art contemporain. Certes, la ville est encore loin de concurrencer New York, qui détient toujours, avec ses ventes records chez Sothebys ou Christie’s et ses prestigieuses galeries (les mastodontes Gagosian, Mariann Goodman, PaceWildenstein…), le titre de capitale financière de l’art. »

[…] « Mais c’est justement parce qu’elle n’est pas (encore) un lieu incontournable de la scène mondiale de l’art que la Cité des anges aimante les artistes. Il faut dire que le terreau est propice. »

[…] « LA FOIRE PARIS PHOTO S’INSTALLE À L.A.

Les Français ne sont pas les derniers à céder à la force d’attraction de la mégapole californienne. La foire parisienne Paris Photo s’installe ainsi à la fin du mois d’avril dans les studios de la Paramount, invitant une cinquantaine de galeries internationales à présenter des images sous toutes leurs formes, de la photographie à la vidéo d’artiste.

Et l’on ne compte plus les plasticiens français qui, depuis quelques années, font le voyage vers la Californie. Chargé de les promouvoir à l’étranger avec le soutien du Quai d’Orsay et du ministère de la culture, l’Institut français s’est saisi de ce nouvel engouement pour Los Angeles : pour la saison hiver-printemps 2012-2013, il a créé l’opération « Ceci n’est pas… » qui a permis à de nombreux artistes de s’offrir l’expérience angeline. »Institut_français_cecinestpasL’article dans son intégralité, ici.

Marseille 2013, capitale des musées fermés par Maxime Pargaud, Le Figaro

« C’est la meilleure blague du Vieux Port. Quel est le comble d’une capitale culturelle? Avoir la plupart de ses musées fermés. La majorité d’entre-eux n’ont en effet toujours pas ouvert leurs portes… La faute à des retards de chantiers. Trouver une expo accessible à Marseille, en ce mois d’avril, relève tout simplement du parcours du combattant. Le Palais Longchamp qui abrite le Museum d’Histoire naturelle et le Musée des Beaux-Arts est fermé jusqu’en mai pour le premier et jusqu’au 13 juin pour le second, le temps qu’une de ses façades soit restaurée. Idem pour le Musée d’art contemporain. Le Mémorial des Camps de la Mort? Interdit au public à cause des travaux du MuCEM, situé juste à côté, qui n’ouvrira que le 7 juin. Porte close également au Musée des Docks Romains, déjà peu connu des Marseillais. Là, c’est une inondation qui prive le public d’y accéder. »

[…] « Christine Poullain, directrice des musées de Marseille interrogée par Mars Actu (qui a révèlé cette situation ubuesque), cherche à dédramatiser: «Il n’y a pas beaucoup de villes en France où quatre musées ouvrent en même temps». Il n’y a pas non plus beaucoup de villes en France élues «Capitale européenne de la culture». Pour elle, les répercussions des travaux doivent être mesurées sur le long terme, une fois le parc de musées rénové et aggrandi. «En 2014, j’espère que cet élan se poursuivra», confie-t-elle résolument optimiste. »

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En 2013, le dancehall fait sa révolution par Arnaud Fraisse, Slate.fr

« Comment une île caribéenne d’un peu plus de 2,6 millions d’habitants peut-elle autant influencer les courants contemporains de la musique populaire? L’avant-poste londonien ou la proximité des Etats-Unis jouent sans doute sur le phénomène, mais la Jamaïque peut être fière d’avoir conquis le monde par sa musique. Après quelques années où son influence s’est faite plus discrète ou subtile, un avis de tempête dancehall (une version club et turbulente du reggae, vu comme une musique plus calme et plus spirituelle) est annoncé pour 2013.

Parmi les signes qui, depuis l’an dernier, permettent de croire à cette tendance, on trouve l’alignement favorable des trois grandes planètes du reggae: Jamaïque, Etats-Unis et Grande-Bretagne. Si l’île n’a jamais cessé de vibrer au son du dancehall, une génération «post-Sean Paul» (pour être un peu caricatural) commence à s’y faire entendre. En Angleterre, les courants UK bass, dubstep ou grime, par exemple, assument de plus en plus nettement leurs influences reggae, tandis qu’aux Etats-Unis, les plus grandes stars du hip-hop et du R&B se remettent à goûter à la ferveur jamaïcaine, comme aux plus belles heures du ragga/hip-hop au tournant des années 1990-2000. »

L’article dans son intégralité, .

Prix de Dessin Contemporain Guerlain 2013 : Susan Hefuna

Le Prix de Dessin Contemporain de la Fondation Daniel & Florence Guerlain a été décerné le jeudi 11 avril 2013 à Susan Hefuna, artiste germano egyptienne, née en 1962 au Caire, puis a grandi en Allemagne. Elle a étudié la peinture aux Beaux Arts de Karlsruhe, à l’Institut des nouveaux médias de Francfort et vit aujourd’hui entre Düsseldorf, le Caire et New York.

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En 2012, son travail a été présenté au Museum of Arts and Design de New York, pour l’exposition personnelle « Vantages », au Centre International des Arts graphiques de Ljubljana, dans le group show « Systems and Patterns », et à la Biennale de Sydney. En 2013, Susan Hefuna sera exposée au Katara Arts Center, de Doha, au MOA, musée d’anthropologie de Vancouver et au Drawing Center de New York. Elle est représentée par les galeries Rhona Hoffman à Chicago, Rose Issa Projects, à Londres, Third Line, à Dubaï et Thownhouse Gallery, au Caire.

Le jury international était composé de Manuela Alexejew (Allemagne), Paolo Barillari (Italie), Laurent Dassault (France), Didier Grumbach (France), Dominique Guyot (France), Susan Harris (USA), Brigitte Peers (Belgique), Daniel et Florence Guerlain.

Le Prix de Dessin Contemporain est réservé aux artistes, français ou étrangers, habitant ou non en France, mais entretenant avec la France un lien culturel privilégié (au travers d’expositions institutionnelles, d’études, etc.) et pour qui le dessin constitue une part significative de leur œuvre et ce, quelque soit leur mode principal d’expression.

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Attribué pour la première fois en 2007 et biennal jusqu’en 2009, le Prix récompense les artistes qui réalisent toute œuvre unique sur papier et carton, utilisant les moyens graphiques : crayon, fusain, sanguine, encre, lavis, gouache, aquarelle, pastel, feutre…, incluant les collages et le dessin mural et excluant les procédés informatiques et mécaniques.

La remise du Prix a eu lieu à Paris dans le cadre du Salon du Dessin au Palais de la Bourse. Le lauréat a reçu une dotation de 15.000 euros et les deux autres artistes sélectionnés, Ulla von Brandenburg et Hans Op de Beeck, ont reçu 2.500 euros chacun. Une œuvre du lauréat est offerte par la Fondation au cabinet d’art graphique du Musée national d’art moderne – Centre Pompidou.

Revue de presse du 3 avril : industries créatives au Royaume-Uni, crise du marché de l’art et génération Minikeums

Creative industries: forget about tax breaks and focus on training par Tom Campbell, The Guardian

« It’s now two years since George Osborne established the Creative Industries Council, chaired by secretaries of state and with senior industry representation, but after a flurry of initial activity, not much seems to have happened in the past 12 months. »

[…] « Much is made of our creative startups. But despite their profile, startups are only a small part of the story and, at worst, a distraction. As the economist Ha-Joon Chang has pointed out, some of the poorest places on the planet are also the most entrepreneurial and there is little correlation between a country’s rate of new business formation and its economic success. The startups and micro enterprises in East London are no more an indicator of the health of the UK’s creative industries than the thousands of hatchlings racing down the beach are any guarantee that the sea turtle is not on the brink of extinction. »creative-industries-castlebrae.org.uk

[…] « So how do we get there? Well, not through tax breaks, nor wars against red tape – not even more venture capital. We need the things that policymakers and business groups don’t talk enough about: high quality, affordable education, properly resourced apprenticeships, prestigious technical colleges, and continuous professional development programmes. »

L’article dans son intégralité ici

Le marché de l’art en crise ou en mutation ? par Harry Bellet, Le Monde

« ‘Le marché de l’art est pourri, merdique et tout, et on va tous mourir’, dit Patrick Bongers, pour rire. Directeur de la galerie Louis Carré & Cie, fondée en 1938, des crises, il en a vu quelques-unes. Son jeune confrère Georges-Philippe Vallois, président du Comité des galeries d’art, aussi : « ‘On a entendu la même chose dans les années 1990. Quelques galeries ont fermé à l’époque, mais pas tant que ça. Or , la crise, celle du marché de l’art tout du moins, était autrement plus sévère qu’aujourd’hui.' »

[…– « Cependant, les choses sont peut-être un peu plus subtiles et se trouvent aussi, par un étrange écho, dans la « Lettre pour prendre congé » que Daniel Cordier, qui, après avoir été le résistant que l’on sait, se fit galeriste, expédia en son temps (1964) : « La crise a touché durement deux douzaines de spéculateurs qui avaient réinvesti les bénéfices de celle-ci dans l’achat de tableaux. L’apport des capitaux étrangers au marché a porté, en quelques années, la fièvre à son paroxysme. C’était l’euphorie. Cependant, les tableaux achetés sans amour ne devaient pas rester longtemps chez ceux qui les possédaient et repartaient sur le marché aussitôt que des bénéfices pouvaient en être retirés. On en est là. » »

L’article dans son intégralité est disponible dans la version Abonnés du Monde

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La révolution de la Minikeum Génération par Judith Chetrit, Slate.fr

« Vingt ans après la création des Minikeums, France Télévisions a récemment relancé le souhait de créer une chaîne 100% jeunesse, véritable serpent de mer de sa direction des programmes. Le groupe s’apprêterait, par ailleurs,  à céder 34% du capital de la chaîne Gulli à Lagardère. »

[…] « «C’était l’idée de Minikeums qui prenaient le contrôle de la Maison de la Radio [autrefois, siège de France Télévisions, ndlr] car ils n’aimaient pas ce qu’ils regardaient ailleurs», souligne Bertrand Mosca. En face, sur TF1, le Club Dorothée jouit d’un grand succès auprès des plus jeunes. D’ailleurs, Doro avait été proposée comme Minikeum. Refusée par France 3. Quelques années plus tard, en 1996, ils sont 57% des jeunes téléspectateurs entre 4 et 10 à préférer les Minikeums au Club Dorothée, émission arrêtée à la fin de l’été 1997. »

[…] « Les Minikeums évoquent également une certaine époque des programmes jeunesse à la télévision. «En animation aujourd’hui, on lance le programme quand l’écriture est finie», cite en exemple Jean-Marc Lenglen. Lorsqu’il travaillait les dialogues des Minikeums, il lui arrivait d’intervenir sur le texte alors que les voix des marionnettes enregistraient en studio avant le tournage final. »

L’article dans son intégralité

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