Revue de presse du 31 janvier : Copy party, PME & Patrimoine culturel, Rapport sur la fiscalité du numérique

La BnF met son véto aux Copy Party en bibliothèques par Antoine Oury, Actualitté

« Non, les Copy Party ne sont pas de gigantesques fêtes rassemblant les pirates du monde entier : il s’agit plutôt d’une alliance de grands consommateurs de produits culturels, plus que jamais désireux de respecter, et de faire respecter la loi. En effet, selon le principe de licéité de la source introduit par la modification de l’article 311-1 du CPI, la copie privée, à l’aide d’un équipement strictement personnel, et à des fins tout aussi personnelles, serait tout à fait légale. »

[…] « Après la 1e Copy Party, des agents de la BnF se sont tournés vers les services juridiques, qui ont jugés cette pratique comme illicite au regard de leur propre règlement intérieur en matière de copie » poursuit-il. Effectivement, le règlement intérieur de la BnF s’avère plutôt restrictif en matière de copie :

La photographie individuelle, le tirage de microforme reproduisant des manuscrits et les documents iconographiques ainsi que la copie numérique (déchargement ou envoi par courriel) sont autorisés exclusivement pour les documents publiés ou datant de plus de 90 ans, à l’exception des documents dont il est avéré qu’ils ne sont pas tombés dans le domaine public. Dans le cas d’un document reproduit intégralement ou partiellement en fac-similé, la date à prendre en considération est la date du document original et non celle de l’édition du fac-similé. « 

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Patrimoine culturel et numérique : les petites entreprises se regroupent par Franck Niedercorn, Les Echos

« Les PME du numérique trouvent des débouchés dans la mise en valeur du patrimoine et l’équipement des musées. Le succès n’est au rendez-vous que si elles travaillent ensemble.

On est meilleur à plusieurs. Rien n’est plus vrai que dans le domaine du numérique au service de la muséographie . « Et ce n’est pas simple car il existe souvent un fossé culturel entre des scénaristes et les spécialistes des technologies », résume François Gilbert, délégué aux technologies de l’information et de la communication (TIC) au Conseil régional d’Aquitaine.

En Bretagne et dans les Pays de la Loire, il existe depuis quelques années un tissu dense de PME dans les domaines de la 3D, de la réalité virtuelle, de la réalité augmentée ou des interfaces homme machine. « Sur les 220 sociétés adhérentes du pôle Images et réseaux, une bonne vingtaine d’entre elles ont pour marché la muséographie », précise Jean-Yves Savary, directeur technique de B-com, le nouvel institut de recherche technologique sur le numérique labellisé par l’État et implanté à Rennes.

Les PME s’associent sur ces projets comme Mazedia, Boscher et Axians qui ont travaillé à la reconstitution historique de l’abbaye de Nieul-sur-l’Autise (Vendée). Tout récemment, elles ont équipé, avec Orange Labs à Rennes, le musée Louvre-Lens de dispositifs interactifs : 24 tables tactiles géantes permettant de manipuler les œuvres à plusieurs, de voir ce qui se cache sous la peinture ou au dos du tableau. »

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A voir : remise sur Rapport de mission d’expertise sur la fiscalité de l’économie numérique par MM. Colin et Collin.

« Dans le présent rapport une nouvelle piste voit le jour. Il s’agit d’introduire une fiscalité fondée sur l’utilisation gratuite des données personnelles des internautes comme fondement de la création de valeur. Le rapport part du constat que les entreprises de l’économie numérique exploitent les données personnelles de millions d’individus sur le territoire français sans que les revenus générés par cette exploitation soient fiscalisés en France.

Le rapport propose principalement, (i) à moyen et long terme, l’introduction de nouvelles règles sur la répartition entre les Etats du droit d’imposer spécifique à l’économie numérique par le biais de négociations internationales et, (ii) à court terme, l’instauration d’une nouvelle taxe incitative (taxe sur l’exploitation des données personnelles). »

Vu sur Landwell.fr

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Revue de presse du 30 janvier : Google & piratage au Midem, Doing a Newcastle, French Comics

Google, Hadopi : le Midem lorgne le tiroir-caisse, ZDNet.fr

Le marché international du disque et de l’édition musicale (Midem) se termine demain à Cannes, mais a déjà livré l’essentiel de sa pensée sur deux questions majeures de l’actualité : l’éventuelle redistribution de la valeur créée par Google grâce à l’indexation des contenus, et le piratage des biens culturels.Les professionnels de la musique ont fait part de leurs doléances directement à Aurélie Filippetti, la ministre de la Culture et de la Communication, venue ce week-end leur rendre visite à quelques pas de la Croisette.

60% de pertes en une décennie

Le plus gros front a été ouvert face à Google. Dans le cadre des discussions en cours entre le géant et les éditeurs de presse, la musique ne veut pas être en reste. Elle réclame elle aussi une « rémunération compensatoire ».

[…] Presse, musique… C’est à se demander si Google et les FAI ne devraient finalement pas reverser une quote-part à toutes les industries ayant une présence en ligne. Sur ce point, l’argumentation de David El-Sayegh est pour le moins étonnante.

Dans l’Expansion, il explique que la musique doit bénéficier d’une rémunération compensatoire avant d’autres, car « tous les secteurs ne s’appauvrissent pas. » Il semble donc rejeter la perte de bénéfices en grande partie sur Google, ce qui est ambigu.

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Culture clash as threat of 100% cut in arts funding divides Newcastle, Charlotte Higgings, The Guardian

At the heart of the Civic Centre in Newcastle, a modernist palace in concrete, is an elegant antechamber that contains a model of the city. The council leader, Nick Forbes, sees it every time he leaves his wood-panelled office. It is a miniature vision of a city that, depending on your interpretation, he is either desperately trying to save, or using as collateral as he performs a perilous act of political grandstanding.

Labour-run Newcastle is the second council in England to threaten to axe its arts budget; Conservative-controlled Somerset was the first to do so, last year.

When I asked Forbes – the 39-year-old, Cambridge-educated son of a County Durham postman – to explain Newcastle’s decision, he said: « Local government is facing a massive funding crisis… by 2018 the council won’t even have the money to provide the services it is legally obliged to. » The proposed 100% cut to the city’s culture budget was, he said, « a reflection of austerity in practice ».

[…] Newcastle’s position is causing tremors nationwide, for it has, with neighbouring Gateshead, done as much as any city to stake out a post-industrial identity by investing in culture.

The fear is that if Newcastle stops funding, the floodgates will open: « doing a Newcastle » is already slang for total arts cuts.

Lire l’article en entier sur le site du Guardian

L'Ange de Newcastle

L’Ange de Newcastle

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2012 signe l’arrivée en force des comics sur le marché français, par Victor de Sepausy, Actualitté

Alors que s’ouvre ce week-end le 40ème Festival international de la bande dessinée d’Angoulême, le cabinet d’étude Gfk publie son analyse du marché français de la BD. […] On note ainsi pour Gfk 37 millions de BD vendues en 2012 et un chiffre d’affaires de 412 millions.

Mais, en termes de tendances, on retrouve les mêmes éléments : un léger tassement des ventes et, en parallèle, une petite hausse du chiffre d’affaires. A la lumière de cette étude, on remarque que ce sont les séries qui portent le marché, atteignant des sommets au niveau des ventes. Citons les nouveaux albums parus dans les séries Lucky Luke, Blake et Mortimer, Titeuf, Alix, Le Chat ou Les Bidochon.

Pour en savoir plus, visitez le blog Comixheroes.

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A voir : l’histoire en affiches à l’hôtel des Invalides, Paris (jusqu’au 24 février) (vu dans Libération), les parodies des César (vu dans Le Figaro)

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Revue de presse du 24 janvier : un français au MoMA, Shakespeare encodé, Wikimedia & la BnF, copyright au Royaume-Uni

Un « Frenchie » au MoMA : Quentin Bajac, nouveau conservateur pour la photographie par Claire Guillot, Le Monde

Quand le nouveau conservateur pour la photographie au MoMA débarque à New York avant Noël, c’est sans armes ni bagages. Pas de livres – quelques tonnes d’ouvrages le suivront par bateau -, pas encore d’appartement. A 47 ans, Quentin Bajac, Parisien mince et élégant, vient de réussir une première, un « grand chelem » : après avoir dirigé le département de photographie au Centre Pompidou, à Paris, il a été nommé aux mêmes fonctions au MoMA, à New York.

Shakespeare’s sonnets encoded in DNA par Ian Sample, The Guardian

« The entire collection of Shakespeare’s 154 sonnets has been spelled out in DNA by scientists in Cambridge to demonstrate the vast potential of genetic storage. Huge quantities of information could be written into specks of DNA and archived for tens of thousands of years, the researchers claim. »

[…] « Written in DNA, one of Shakespeare’s sonnets weighs 0.3 millionths of a millionth of a gram. One gram of DNA could hold as much information as more than a million CDs, the researchers said. »

Lire la suite sur The Guardian

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Wikimédia : la BnF, entre exclusivité et manque de transparence par Clément Solym, Actualitté

« On savait que les discussions furent chaudes, au sein de l’association Wikimédia France, et les débats pointus. Fallait-il, ou non, prendre position et décider de co-signer la lettre adressée par différentes organisations (COMMUNIA, l’Open Knowledge Foundation FranceLa Quadrature du NetFramasoft et SavoirsCom1) à la BnF, affirmant le refus d’une privatisation du domaine public ? L’affaire n’était manifestement pas si évidente pour Wikimédia France, qui vient, dans un communiqué, de livrer sa position.

Revenant sur les principes mêmes de numérisation de documents du domaine public, et détaillant le fonctionnement de ce partenariat entre public et privé, l’Association fait oeuvre d’une saine pédagogie, avec dans l’esprit de construire la réflexion autour de cet enjeu. Elle souligne ainsi que le modèle du partenariat tel qu’il a été fixé (exclusivité sur 10 années portant sur le scan à proprement parler, exploitation commerciale par le partenaire privé, etc.) trouve plusieurs échos internationaux, et ressemble à ce qui se fait traditionnellement.

Cependant, ces points posés, il faut comprendre que les polémiques ne reposent pas simplement sur des querelles entre libristes. La diffusion libre de la culture s’accommode mal des procédés de la BnF – clause d’exclusivité – et Wikimédia réclame notamment un effort de transparence de la part de l’établissement. Rappelons également qu’en avril 2010, Wikimédia France passait un partenariat avec cette même BnF, pour la diffusion, au travers de WIkisource, de 1400 documents numérisés. »

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Les éditeurs britanniques donnent leur avis sur les exceptions au copyright par Antoine Oury, Actualitté

 » Le directeur exécutif de la Publishers Association rassemblant les éditeurs outre-Manche, Richard Mollet, a été reçu par le comité Culture, Média et Sports dans le cadre des exceptions au droit d’auteur que le gouvernement britannique souhaite acter avant la fin d’année. Et n’a pas hésité à défendre les intérêts des éditeurs, face à des réformes « potentiellement hideuses », rapporte The Bookseller.

Pour préparer son importante réforme du droit d’auteur, prévue pour la fin de cette année, le gouvernement britannique reçoit les principaux acteurs du monde culturel, afin de consulter chaque partie concernée. Au cours de la session visible à cette adresse, Mollet exprime toute sa retenue vis-à-vis d’une exception pédagogique qui autoriserait la photocopie du matériel éducatif : « [Cela] va impacter les revenus de l’auteur et les investissements de l’éditeur ». »

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Les (Ré)enchanteurs : Noël Dolla, de la politique de l’art

« Je suis peintre, ce qui ne veut pas dire que j’utilise uniquement des pinceaux et une toile, bien au contraire. C’est générique de la pratique de l’art, ça me permet d’avoir des références, de me positionner par rapport à mes pairs, sans pour autant avoir la prétention de les atteindre. » L’artiste niçois Noël Dolla a commencé à peindre en 1967, dans l’atelier de Ben. Aujourd’hui reconnu, il a enseigné l’art pendant 37 ans : « J’ai essayé de faire en sorte que mes étudiants se développent au mieux de leur potentiel, qu’ils deviennent eux-mêmes ».

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Premier (ré)enchanteur de 2013, il nous livre sa vision de la société, du rôle de l’artiste et les difficultés de pratiquer l’art au regard de ses convictions économiques et sociétales … mais toujours avec optimisme ! (Nous ne parlerons pas d’œuvre en particulier, ni de son art, mais de la place de l’artiste uniquement).

“Je suis peintre, pour certaines choses et contre d’autres.”

« Combattre les croyances, c’est continuer à se poser des questions que les hommes se sont toujours posées. Comme Socrate, est-ce que ce que je fais est juste ? Bien ? Utile ? L’idée de la croyance, c’est toujours être en dehors de l’interrogation, avoir des certitudes. »

L’artiste niçois veut affirmer ses convictions dans sa pratique artistique « contestataire », mais la principale difficulté réside dans son rapport à l’histoire de l’art. Se positionner dans le temps long de l’art, en parallèle, en contradiction, en complémentarité de ses pairs est compliqué, en particulier car il explore la mémoire de son propre travail.

« Après Carré blanc sur fond blanc de Malevitch, qu’est-ce qu’on fait ? Je suis né à l’art quand Marcel Duchamp est mort, ce n’est pas de ma faute ! Je dois me dépatouiller avec ce que je fais, au même titre que les artistes qui sont arrivés après Michel-Ange ou Léonard de Vinci. Être peintre à ce moment-là, c’est se retrouver dans une merde noire, comme moi aujourd’hui. »

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Enitram 8681241, 1984

« J’ai une vision humaniste de l’artiste dans la société : il a inévitablement sa part de responsabilité. »

Artiste engagé dès ses débuts en 1967 aux côtés de Ben, du groupe Supports/Surfaces, Noël Dolla se définit comme athée, forcené, laïque, républicain, « absolument ». L’artiste est dans la société et a une responsabilité vis-à-vis d’elle, à la fois dans ce qu’il peint, ce qu’il écrit et ce qu’il dit. Avec lui, peindre, c’est représenter le monde dans sa version optimiste. Résolument à gauche, il définit sa vision de son propre engagement :

« Je suis engagé comme un petit bourgeois. Je ne prends des risques que dans mon domaine, la pratique artistique. J’écris ce que j’ai envie d’écrire, je dis ce que j’ai envie de dire dans un pays où on peut le faire sans risquer sa vie. Est-ce que j’aurais le courage de dire toutes ces choses dans d’autres circonstances ? Je n’en sais rien. Je suis toujours admiratif des gens qui ont pris le risque de mettre leur vie en péril pour les idées, mais si je ne suis pas d’accord avec celles-ci. La parole n’a de sens que si les actes suivent. Je disais souvent à mes élèves qu’on ne pouvait pas être pucelle et vouloir faire la putain. »

Chauds les marrons aux Buttes-Chaumont, Nuit Blanche 2009

Chauds les marrons aux Buttes-Chaumont, Nuit Blanche 2009

La question de l’engagement est centrale pour l’artiste niçois car elle conditionne non seulement son travail mais aussi sa place dans le monde. « Pour avoir une reconnaissance internationale, on ne peut pas accepter un certain type d’engagement. Mon engagement politique est connu. Il me met dans l’impossibilité d’accepter certaines choses et dans l’obligation d’en refuser d’autres. Je ne joue pas le jeu qu’on aimerait que je noue pour avoir un certain type de reconnaissance. »

Plus loin, cet engagement le différencie en tant qu’artiste, loin du consensus qu’il déplore. « On est en train d’élever au rang de grands artistes des gens qui ne sont que les marionnettes d’un système. Ils produisent des œuvres adéquates au système qui les soutient. »

Quand je l’interroge sur l’absence de soulèvement culturel en France au moment de la crise, une manifestation artistique non un défilé politique, sa première réaction désigne la particularité de la France. « Comment l’ensemble d’une nation peut faire exister ses artistes ? La France fait beaucoup pour ses artistes, mais comme tout système, ce soutien est problématique depuis 30 ans. Par exemple, la vision de Sarkozy sur le monde était celle des anglo-saxons, celles des économistes de type Milton Friedman. C’est cette idéologie de cette oligarchie qui domine le monde. Pour dominer, elle a besoin de monstres sacrés que sont les artistes. Les Etats-Unis ont réinventé leurs artistes pendant les années 1950, cela a été un vrai travail de fond. De notre côté, nous avons perdu le leadership qui s’était créé au fil des siècles. »

Fumer n'empêche pas mourir à (Guantanamo), 2008

Fumer n’empêche pas mourir à (Guantanamo), 2008

« Je suis pour l’Etat, ce que certains appelleraient ‘l’Etat-providence’, pour que les gens soient soignés tous, éduqués tous. »

Pour Noël Dolla, les soins, l’éducation et donc l’art et la culture ne doivent pas être libérales. « L’Etat, c’est nous. Ce que fait l’Etat pour les autres hommes, c’est toujours fait pour les hommes. C’est bien fait car ce sont les citoyens qui paient. C’est fait pour que plus personne n’ait faim, froid ou peur. Malheureusement, lorsqu’elles sont libérales, ça peut dérailler. »

Convaincu de l’importance du financement public de l’art, il précise qu’il ne faut pas confondre sa vision avec un art d’Etat.

« Si l’art s’apparente à la publicité ou à une marchandise, c’est là que commence le début du désastre. Les règles qui régissent la société ne sont pas celles qui doivent régir l’art selon moi. Nous sommes dans le passage au tout commerce, à la marchandisation de tout y compris de la pensée. Des gens pensent que je ne sais pas très bien om je vais car il n’y a pas de répétition dans mon travail, ce qui créerait une image de marque. Beaucoup de peintres pratiquent aujourd’hui dans ce sens-là. Ils ont trouvé une bonne forme qu’ils répètent tant qu’elle est efficace du point de vue de la reconnaissance du marché. »

Comme tous les (ré)enchanteurs, il me donne sa définition de la culture française pour conclure notre entretien : « C’est une lecture de notre histoire qui commence en 1789. Depuis le monde va de manière ondulatoire mais sur une droite ascendante. Ascendante, parce qu’au fond je suis un optimiste. »

Noël Dolla représente l’engagement de l’artiste dans toute sa splendeur : un embrasement de l’esprit qui se traduit par ses œuvres, par la transmission de son savoir et par la conscience d’être en équilibre sur le fil du rasoir. Manier cet embrasement est une des qualités de l’artiste comme je l’entends : tenir face à ses convictions dans un monde de réseaux entremêlés, penser son travail dans la société. Je ne dis pas que chaque artiste, chaque œuvre doit être politique. Plutôt, les travaux de l’esprit quels qu’ils soient doivent rester en cohérence avec celui-ci. Comme le disait John Steinbeck, l’embrasement est « une fonction individuelle, mais elle nous unit à la collectivité. Elle est à la fois mère de toute création et elle définit l’homme par rapport aux autres hommes. » Noël Dolla est de ces embrasements qui nous rappelle que audace et culture sont toujours compatibles.

A voir : une interview de Noël Dolla par Documents d’artistes

L’exposition « Léger vent de travers », au MAC/VAL, première retrospective consacrée à Noël Dolla en 2009

Revue de presse du 18 janvier : Amazon fournisseur de données, les trésors culturels du Mali, Damien Hirst et Le Débarquement

Sans données publiques, les bibliothèques se tournent vers Amazon par Antoine Oury, Actualitté

« Face aux moteurs de recherche, les établissements de prêt locaux s’attachent vaillamment à valoriser un catalogue riche, mais parfois pas très sexy, et surtout méconnu des internautes. Les bibliothèques de Clermont, dans cette optique, ont fait remonter des informations de sites commerciaux dans leur catalogue. Et s’est pris une belle volée de bois vert.

Au premier abord, la mention de la libraire Dialogues a de quoi surprendre, il est vrai, dans le catalogue d’un établissement public : le résumé de chaque livre présenté dans le catalogue des bibliothèques de Clermont provient de la base de données Decitre, ce qui oblige les bibliothécaires, dans une logique de données ouvertes, à citer leurs sources. Mais tout de même…

Et le pire provient de la vignette du livre, accompagné d’un petit logo, difficilement repérable, mais qui s’avère être celui d’Amazon : scandale chez les libraires de l’agglomération, et réaction ad hoc sur le blog de l’un d’entre eux : « Les deux sites marchands cohabitent donc paisiblement sur le site de cette fabuleuse BNA » écrit-on avec une ironie non dissimulée. »

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Au Mali se joue aussi une guerre culturelle par Véronique Mortaigne, Le Monde

« Craignant les effets des combats, des frappes aériennes et des pillages, Irina Bokova, directrice générale de l’Unesco, a adressé mardi 15 janvier une lettre aux autorités françaises et locales engagées dans les opérations militaires au Mali. Elle leur demande de « tout mettre en oeuvre pour protéger le patrimoine culturel du pays, déjà gravement endommagé« , avec carte détaillée des sites d’importance à l’appui. »

En mars 2012, les islamistes radicaux d’Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI), du Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (Mujao) et d’Ansar Eddine, ont occupé le nord du Mali, alliés aux mouvements indépendantistes touareg. Dans les mois qui suivirent, à Gao et à Tombouctou, les destructions de mosquées et de mausolées se sont multipliées. Ces édifices de terre crue et de sable de toute beauté sont le symbole d’un islam ouvert, imprégné des préceptes de la confrérie soufie Qadiriya, qu’Ansar Eddine et ses mouvements frères entendent éradiquer. A la détestation de la représentation artistique, de la musique, de toute manifestation sacrée sortant du culte exclusif de Mahomet s’ajoutent les tentations de trafics en tout genre et de vols en bandes organisées. Ainsi, tout concourt à faire du riche patrimoine du nord du Mali une victime collatérale d’une guerre, que l’intervention militaire française voulait empêcher de s’étendre plus au sud. »

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Djenné, classée au patrimoine mondial de l'UNESCO

Djenné, classée au patrimoine mondial de l’UNESCO

A ne pas louper : Damien Hirst propose ses « produits en ligne », Le Débarquement sur Canal + ce soir

Avec www.othercriteria.com, l’artiste Damien Hirst crée ses propres produits dérivés. Nouveau modèle de financement ? Vu sur Le Figaro

Ce soir, les acteurs français se lancent dans une émission inspirée du Saturday Night Live : Le Débarquement, mis en scène par Alex Lutz, avec Jean Dujardin, Gilles Lelouche, Guillaume Canet, Marion Cotillard, … Vu sur Evene

LE DEBARQUEMENT, CANAL+ 2013

 

Revue de presse du 16 janvier : Who Art You, Wikipédia, Virgin & HMV

Who Art You, naissance d’un nouveau réseau social dédié à l’art – Club Innovation et Culture France

« Who Art You est une startup française née de la rencontre de deux passionnés d’art (Philippe Mira et Javier Pérez Sánchez) qui ont souhaité mettre les grandes tendances du numérique au service des visiteurs de musées et galeries en France et, bientôt, aux quatre coins du monde. »

[…] « Who Art You ne se contente pas de favoriser les échanges de photos entre les membres d’une communauté, sa solution permet aussi d’accéder dans les lieux partenaires, comme le Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris ou la Galerie W par exemple, aux explications sur une oeuvre, à la biographie d’un artiste, aux évènements en cours et à venir,… grâce à des solutions simples et interactives : la reconnaissance d’image et le code 2D. »

[…] Who Art You souhaite également mettre le jeu au coeur de sa proposition. En collaboration avec différents partenaires culturels, des défis seront proposés à tous les publics (du visiteur occasionnel à l’amateur le plus averti). »

Site de Who Art You : http://www.whoartyou.fr/

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Wikipédia fête ses douze ans aujourd’hui par Marie Lebert, Actualitté

« Wikipédia est lancée le 15 janvier 2001 par Jimmy Wales et Larry Sanger pour offrir une encyclopédie collaborative et gratuite sur l’internet. Chacun peut y participer. Tout le monde peut la lire. Son contenu est librement réutilisable. Douze ans plus tard, il serait impossible d’imaginer l’internet sans Wikipédia et ses versions dans 285 langues.

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Fondée le 15 janvier 2001 à l’initiative de Jimmy Wales et Larry Sanger (Larry Sanger quitte plus tard l’équipe pour créer une autre encyclopédie), Wikipédia se veut une encyclopédie internet et elle est immédiatement très populaire.

Sans publicité et financée par des dons, elle est rédigée par des milliers de volontaires – qui s’inscrivent sous un pseudonyme – avec possibilité pour tout un chacun d’écrire, corriger et compléter les articles, aussi bien les siens que ceux d’autres contributeurs. »

[…] « L’encyclopédie fête ses douze ans en janvier 2013 avec 24 millions d’articles en 285 langues, dont 4,1 millions d’articles en anglais. »

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Les 2 articles suivants sont à mettre en perspective l’un avec l’autre.

Protectionnisme économique français contre géants du web par Nicolas Gary, Actualitté

« L’internet tend facilement la joue lorsqu’on cherche un coupable à la crise économique qui frappe l’industrie française. Protéiformes, internationaux, le réseau et ses acteurs seraient-ils à l’origine des faiblesses des cuirasses réglementaires nationales ? En 2008 déjà, le Ministère de l’Environnement s’intéressait aux « distorsions de concurrence » entre la vente à distance et la vente en magasin au regard des obligations de reprise des matériels électroniques usagés.

A présent, le ministère de la Culture, par la voix d‘Aurélie Filippetti en personne, estime que la chute des distributeurs de loisirs culturels en France n’est pas due à l’absence des choix stratégiques nécessaires, mais à la « concurrence déloyale, qui est le fait, il faut bien le dire, de certaines grandes entreprises de type Amazon ». Mettons en perspective juridique ces affirmations à l’emporte-pièce.

Retour d’un débat vieux comme le web

Au fil des années, les librairies de quartier ont fermé, les unes après les autres, dans une relative indifférence. Poids des charges (loyers, stocks, personnels), désintéressement pour le bien culturel « livre », concurrence acharnée menée par les supermarchés, qu’ils soient culturels ou alimentaires. On accusait alors la grande distribution sans s’interroger sur les nouveaux modes de consommation de la culture, ni sur les nouveaux supports de celle-ci.

Aujourd’hui, c’est pourtant au tour de la société Virgin France de se résigner à fermer ses fameux « Megastores », temples modernes de la consommation culturelle. Son exposition médiatique et son millier de salariés répartis sur toute la France, stigmatisent le caractère endémique du problème. »

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« HMV : ‘Not too bad. But still not as cheap as Amazon » par Michael Hann, The Guardian

« HMV’s problem wasn’t just that it was expensive, compared with the online retailers. It was that, by and large, it had become an awful shopping experience. Where once it was a byword for music shopping, it became – from this music buyer’s perspective – a place of last resort. »

[…] « Here was a shop that had been neglecting music for years, turning to games and DVDs and electronic hardware, compacting its music catalogue into an ever smaller space. »

Traduction : Le problème d’HMV n’était pas juste son niveau de prix, comparé aux sites de vente en ligne. C’était surtout que c’était devenu une horrible expérience d’achat.  Alors que c’était une référence pour acheter de la musique, c’est devenu – du point de vue d’un acheteur de musique, le derniers recours.

Nous avions un magasin qui a négligé la musique pendant des années, préférant les jeux vidéo, les DVD et les équipements électroniques, compactant son offre musicale dans un espace de plus en plus petit. »

Lire l’article en entier (anglais) sur le site du Guardian

Revue de presse du 14 janvier 2013 : Smoking kids, la guerre des cinémas, les Oscars et Virgin

Frieke Janssens : Smoking Kids par David Rosenberg sur Slate.com

L’artiste belge Frieke Janssens, inspirée par la vidéo virale d’un bébé indonésien fumant 40 cigarettes par jour, imagine des enfants une cigarette à la bouche.

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Alter Argo: Iranian film to tell other side of hostage crisis par Xan Brooks et Saeed Kamali Dehghan, The Guardian

ou la guerre culturelle Etats-Unis (Argo) – Iran (The General Staff) ?

 » Filmgoers troubled by factual inaccuracies in the hostage thriller Argo are advised to hold fire until The General Staff arrives to set the record straight. Conceived as a « response » to Ben Affleck‘s Oscar-nominated take on the 1979 hostage crisis, it promises a tale of cowardly US diplomats who are treated with kindness and eventually delivered to safety by their Iranian hosts. Viewers should note that Iran‘s idea of a happy ending may well differ from Hollywood’s.

According to Iran’s semi-official Mehr news agency, The General Staff will be produced by the state-affiliated Arts Bureau and directed by the Tehran-based film-maker Ataollah Salmanian. « The film, which will be a big production, should be an appropriate response to the ahistoric film Argo, » the director explained.  »

Traduction : « Les spectateurs troublés par l’inexactitude des faits d’Argo peuvent retenir les coups jusqu’à l’arrivée de The General Staff, pour remettre les compteurs à zéro. Conçu comme une « réponse » au film de Ben Affleck nommé aux Oscars sur la crise des otages de 1979, il promet de narrer la lâcheté des diplomates américains, traités avec gentillesse et libérés en toute sécurité par les Iraniens. Les futurs spectateurs noteront que la conception d’une fin heureuse iranienne sera probablement différente de celle d’Hollywood.

Selon l’agence de presse Mehr, proche du régime iranien, The General Staff sera produit par le Bureau des Arts, affilié au gouvernement, et réalisé par Ataollah Salmanian, basé à Téhéran : ‘Le film, qui sera une grosse production, devrait être une réponse appropriée au film ahistorique Argo‘ affirme t-il. »

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Oscars 2013: who deserves to win ? (‘Oscars 2013 : qui mérite de gagner ?’) The Guardian

Extrait par Liz Hoggard, écrivain et critique

« Will win: Lincoln

Should win: Amour

The real triumph is that Michael Haneke’s Amour is nominated for best picture rather than simply best foreign film. Finally the Academy is recognising the international nature of cinema. But what’s fascinating is the list’s post-Obama election high, with two films about slavery (Lincoln, Django Unchained), one dealing with the consequences of flooding in New Orleans (Beasts of the Southern Wild) and two that present the US military/CIA in a broadly flattering light – Argo appeals to middle-aged, white, male voters, though Zero Dark Thirty has been criticised for suggesting torture was valid to pursue Bin Laden. »

Traduction : « Va gagner : Lincoln

Devrait gagner : Amour

 Le réel triomphe d’Amour est d’être nominé pour le meilleur film plutôt que seulement meilleur film étranger. L’Académie reconnaît enfin la nature internationale du cinéma. Mais ce qui est fascinant, c’est la liste de films post-élection d’Obama : deux films à propos de l’esclavage (Lincoln, Django Unchained), un sur les conséquences des inondations à la Nouvelle-Orléans (Beasts of the Southern Wild) et deux présentant l’armée américaine / la CIA sous une lumière flatteuse – Argo pour les hommes qui votent, blancs et d’âge moyen ; même si Zero Dark Thirty a été critiqué pour suggérer que la torture était un moyen justifié pour retrouver Ben Laden. »

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Qui veut racheter Virgin ? par 20 minutes

« Liquidatio220px-Logo_groupe_Virginn ou redremment judiciaire? Alors que le tribunal de commerce de Paris doit examiner lundi le dossier de cessation de paiement déposé mercredi par Virgin, des acteurs de la distribution, dont le réseau Cultura qui compte 52 magasins en France, étudient l’opportunité d’une reprise partielle ou totale du distributeur de biens culturels Virgin Megastore, qui a déposé le bilan mercredi, selon le Journal du Dimanche (JDD). «Si les fonds d’investissements semblent bouder le dossier, certains pros de la distribution étudieraient des possibilités de reprise totale ou partielle», a écrit le journal qui, sans identifier ses sources, ajoute que «ce serait le cas du spécialiste des loisirs créatifs Cultura». Ce dernier, a précisé le JDD, n’a pas souhaité faire de commentaires. »