Les enchantements de 2012

A l’approche de cette fin d’année (et du premier anniversaire de ce blog), revenons sur quelques belles idées de 2012 : ces visions, ces projets, ces événements qui placent la culture et les industries culturelles et créatives au centre de leur action.

Le redressement créatif d’Aurélie Filippetti

« Je crois que la culture est un moyen de lutter contre les forces centrifuges de la crise parce que sans partage, sans échange, sans dialogue, il n’y a pas de culture pas plus d’ailleurs qu’il ne peut y avoir de commerce. Pas de redressement productif sans redressement créatif, donc. »

Lors du discours d’ouverture du Forum d’Avignon, la ministre de la Culture et de la Communication a livré sa vision des liens entre économie et culture, listant les efforts à faire pour les renforcer. Quelques exemples : améliorer les données culturelles et leur périmètre, changer la perception de la culture comme non marchande et uniquement subventionnée, etc.

Les industries culturelles et créatives (ICC) deviennent ici un moteur de notre compétitivité. S’il faut voir ce que 2013 nous réserve, les prévisions économiques actuelles ne doivent pas pour autant exclure celles-ci de nos politiques (au même titre que l’économie numérique, dont la frontière avec les ICC est assez floue).

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The Spiral, série européenne et crossmedia

La série met en scène un vol de 6 tableaux dans 6 pays, au même moment, par un collectif d’artistes militant pour l’art pour tous. Diffusée sur Arte en septembre 2012, elle excelle pour 2 raisons.

La première est sa capacité à avoir fédérer des pays européens : Hans Herbots, le réalisateur est belge ; tous les acteurs s’expriment en anglais alors qu’ils viennent des pays scandinaves ; les 7 diffuseurs sont issus de l’Europe du Nord : Suède (SVT), Norvège (NRK), Finlande (Yle), Danemark (TV3), Pays-Bas (VARA), Belgique (VRT) et du duo France-Allemagne (Arte).

La seconde est son prolongement sur le net à travers le site thespiral.eu. Les internautes sont invités à partir à la recherche des oeuvres volées entre chaque épisode de la série, participant ainsi à la création d’une communauté. En chiffres, cela donne : 107 841 internautes, 1 274 305 recherches sur la carte au total et 19 752 images originales créées puis uploadées sur le site.

Enfin, l’expérience se termine par un événement créatif devant le Parlement européen et les 6 musées victimes des vols : la Spirale.

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La vente aux enchères de l’immatériel au Palais de Tokyo

15 octobre 2012, le Palais de Tokyo organise un événement de fundraising d’un nouveau genre en association directe avec des artistes.

« En réaction à la possession pure et simple d’un objet (fût-il une œuvre d’art), cette vente aux enchères atypique propose l’acquisition d’un moment unique, éphémère mais précieux, dont la valeur incomparable tient à la qualité de l’expérience qu’il donne à vivre et à la personnalité impliquée […] une expérience hors norme à partager avec l’acquéreur sous la forme d’un don de soi de l’artiste. Autant de lots immatériels à la gloire de l’instant, moment d’éternité, quelques secondes ou quelques heures qui parfois suffisent pour faire basculer une vie… »

Parmi les lots, une visite des réserves de la Fondation Pierre Bergé, un thé japonais à New York avec Hiroshi Sugimoto, ou un petit-déjeuner dans le château de Wim Delvoye, préparé par ses soins.

Après ses nombreuses associations avec des marques (l’exposition Ultra Peau de Nivéa, exemple parmi d’autres), le Palais de Tokyo réinvente des modèles de financement par la créativité et avec l’aide des créateurs eux-mêmes !

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La foule au rendez-vous : crowdfunding et autres sollicitations

2012 a vu fleurir les initiatives invitant la foule à participer : des plateformes de crowdfunding, des appels à souscription publique (mécénat populaire) ou encore des sites de contributions aux critiques culturelles.

La mobilisation en masse semble s’être imposée, pour le plus grand bonheur des créateurs.

En chiffres, cela donne :

  • Ulule : 1492 projets créatifs et innovants qui ont été financés dans 39 pays, avec le soutien d’internautes de 139 pays
  • KissKissBankBank : 2,7 millions d’euros levés pour 1 250 projets (source : Le Parisien)
  • et évidemment My Major Company : 12 millions d’euros sur près de 42.000 projets en France, en Allemagne et en Angleterre

Mais le succès ne se limite pas à ses plateformes web : on parle aussi des appels à souscription publique des institutions culturelles, mouvement lancé par le Louvre avec Les Trois Grâces de Cranach : la BNF s’est essayé à l’exercice pour Le Livre d’heures de Jeanne de France, le musée Courbet d’Ornans pour Le chêne de Flagey, ou encore le musée des Beaux-Arts de Lyon pour L’Arétin et l’envoyé de Charles Quint d’Ingres.

Encore plus loin, la critique culturelle pour tous a trouvé une plateforme : Sens Critique. Si les internautes n’avaient pas attendu le site lancé en 2011 pour devenir des critiques à part entière, celui-ci utilise le principe du « bouche à oreille culturel ».

A la morosité ambiante, ces exemples montrent une mobilisation toujours plus grande aux actions entourant la création.

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Les étincelles

3 acteurs dont les actions ont marqué 2012 ou à suivre pour 2013

  • Oscar Hincapié, réalisateur colombien qui engage des jeunes sicaires colombiens pour tourner dans ses films (vu dans L’Effet Papillon)
  • Antonio Manfredi, directeur du Musée d’Art Contemporain de Casoria en Italie, qui brûle des oeuvres d’art pour protester contre les coupes budgétaires (Le Monde et Courrier International)
  • Muséomix, communauté qui milite pour :

« Un musée ouvert où chacun trouve sa place,
Un musée labo vivant qui évolue avec ses utilisateurs,
Un musée en réseau auprès de ses communautés »

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Joan Miro, L’Espoir, 1946

2013 doit apporter de nouvelles visions dépassant les frontières traditionnelles de la culture, par sa création, ses supports, son économie et son partage.
Surtout, 2013 doit nous donner plus d’audace. La plupart du temps, les milieux culturels ne se mélangent plus, ils se regardent. Les entreprises ne les regardent que comme une économie à part, une économie de « quand ça va bien. » L’audace vient au contraire des mélanges et des partages dont nous avons perdu l’habitude. 2013 doit remédier à cela.

La Baguette culturelle vous souhaite une belle année 2013 et vous donne rendez-vous très bientôt pour de nouvelles rencontres !

Camille Delache

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Revue de presse du 21 décembre : la guerre d’Algérie au cinéma, location de monuments nationaux en Italie, perles photographiques

Le cinéma français a fait sa guerre d’Algérie par Jean-Michel Frodon (Slate)

« Une idée reçue, et largement partagée, veut que le cinéma français ait ignoré la guerre d’Algérie. Ce reproche se double généralement d’un parallèle peu flatteur avec le cinéma américain qui lui, aurait pris en charge un grand conflit à peine postérieur, la guerre du Vietnam. »

[…]

« Bien au contraire, il y a des Français avec des caméras très tôt en Algérie, pour faire du cinéma. Ces films-là ne seront pas vus, la censure bloquant systématiquement toutes ces réalisations, notamment celle du militant anticolonialiste René Vautier dont Une nation, l’Algérie, réalisé juste après le début de l’insurrection, est détruit, et L’Algérie en flammes resté invisible, tout comme sont rigoureusement interdits les documentaires de Yann et Olga Le Masson, de Cécile Decugis, de Guy Chalon, de Philippe Durand, et bien sûr Octobre à Paris de Jacques Panijel sur le massacre du 17 octobre à Paris, qui vient seulement d’être rendu accessible normalement, en salle et en DVD. »

Italie, monuments à louer (Libération)

« Heureusement, l’Italie a décidé de mettre sur le marché locatif ses châteaux nationaux. […] En réalité, ces monuments deviendront plus probablement des hôtels avec des baux de cinquante ans, et leur loyer servira à éponger la dette publique italienne, comme c’est déjà le cas pour la villa Tolomei à Florence, transformée en dortoir de luxe pour un loyer annuel de 54 000 euros. »

 

Quelques photos pour terminer : la Terre vue de tout là-haut et des recherches photo surprenantes

The Founder of Cirque de Soleil – Guy Laliberté Returns from his Journey into Space with Plans to Change the World par Kisa Kala (The Huffington Post)

« The fire-eating accordion-player who founded Cirque Du Soleil, Guy Laliberté, also became one of the first space-tourists to fly in a Russian Soyuz to the International Space Station. Laliberté, who has a bubbly kid-like demeanor, reminisced excitedly about his 11-day space mission, and the thrill of watching the planet spin under him with 16 sunsets and sunrises in one rotation. »

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The Weirdest Photo Research of 2012 par James Pomerantz (The New Yorker

« Contrary to popular belief, the life of a photo researcher is not all glitz and excitement. While there are occupational perks such as Bento Box Day in the cafeteria and free issues of the magazine, the majority of my time is spent on the less glamorous (but very enjoyable) task of sifting through countless images to try and find the hidden gems. Although I rarely leave my desk during the day, my job lets me digitally globe-trot to archives, institutions, and individuals around the world. »

Chihuahua Sitting in a Plastic Case

 

 

Le prix du dessin de la Fondation Daniel & Florence Guerlain

L’annonce des trois finalistes pour le prix du dessin 2013 de la Fondation Guerlain a eu lieu hier, mardi 18 décembre, dans la Chapelle des Petits-Augustins, magnifique lieu de l’Ecole nationale supérieure des beaux arts.

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Fondation reconnue publique depuis 1996, elle a tout d’abord accueilli des expositions aux Mesnuls pendant 10 ans, ouvrant ses portes à différents thèmes. En 2006, afin de prouver que le dessin n’est pas une oeuvre mineure et d’en faire connaître les artistes au plus grand nombre, Daniel et Florence Guerlain décident de créer le prix annuel de dessin contemporain.

Doté de 20 000 €, il récompense des artistes, français ou étrangers, habitant ou non en France, mais entretenant avec la France un lien culturel privilégié.

Avant l’annonce du finaliste le 11 avril 2013 au Palais de la Bourse à Paris, Daniel et Florence Guerlain ont annoncé les 3 finalistes, mettant en avant leurs oeuvres pour faire durer l’attente :

Ulla von Brandenburg, Allemagne

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Hans Op de Beeck, Belgique

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Susan Hefuna, Allemagne

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Cliquez ici pour les biographies des finalistes

Par ses expositions, son prix de dessin, ses donations au Musée national d’art moderne de la ville de Paris, la Fondation Guerlain est passée du statut de collectionneur à celui de philanthrope. Assez rare pour être soulignée, cette philanthropie privée valorise les artistes en premier lieu. Si les mécènes sont bien sûr cités et remerciés, aucun logo ne traîne. Symbole de cet engagement philanthropique : mi-octobre 2013, le Centre Pompidou organise une exposition des dessins donnés par la Fondation.

Exposer les artistes-dessinateurs contemporains au plus grand nombre ? La mission de la Fondation Guerlain semble être accomplie.

Pour en savoir plus : le site internet de la Fondation

Camille Delache

Revue de presse 17 décembre : la pizza & NYC, Berlin, ville des artistes ?, 4èmes de couverture

History of Pizza in the NewYorker, Joshua Rothman, The NewYorker
« The first New York pizzas, which were sold at Lombardi’s, in Little Italy, around 1905, cost five cents; a century later, pizza would be a globe-spanning, billion-dollar industry.

Pizza was a niche food for a long time. The New Yorker didn’t start writing about it until the nineteen-fifties, when its popularity soared. Even then, at least in the magazine’s eyes, pizza was still something foreign. It sometimes appeared in italics, as pizza, the way you might see linguine alla vongole on a menu today. »
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Berlin, le paradis des artistes oisifs, Robert F. Coleman (publié dans The New York Times), Courrier International

« En avril de cette année, j’ai quitté Melbourne avec mon groupe pour m’installer durant trois mois à Berlin. Répétitions dans des entrepôts désaffectés, concerts dans d’anciens miradors, conversations passionnantes avec des romanciers et des artistes de cirque : tels étaient les scénarios que nous avions esquissés avec excitation. Berlin nous apparaissait comme le lieu idéal pour que notre groupe y incube sa créativité et réalise l’album remarquable que nous étions destinés à réaliser.
[…] J’ai fait quelques recherches. Et j’ai découvert qu’en 2010 le secteur de la création représentait 20 % du PIB berlinois – ce qui veut dire qu’il y avait bien des gens qui produisaient de l’art dans cette ville. Mais comment faisaient-ils pour ne pas se faire piéger par les tentations de cette Mecque artistique ? Peut-être, me suis-je dit, que Berlin n’est pas La Mecque pour eux, mais simplement la maison. Etait-ce que pour cela que je n’ai jamais rencontré quelqu’un qui préparait une exposition ou un spectacle ? Parce qu’ils ne lâchaient pas leur travail pour assister à toutes les fêtes ? »
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Livres : la quatrième de couverture ou la surenchère commerciale par Rod Glacial, Rue 89

« Attiser le désir, c’est le rôle du « plat verso » enseigné en IUT métiers du livre. Il est le plus souvent rédigé par l’éditeur (ou son service commercial) et, à de rares occasions, par l’auteur lui-même. Certains n’en voient pas l’intérêt, se font le plus succinct possible, ou laissent la page vierge, considérant que le livre se suffit à lui-même. »
[…]
Le polar ou thriller s’est fait maître dans l’art de provoquer les sens du pré-lecteur lambda qui parcourt les rayons de sa grande surface. Albin Michel domine clairement ce marché du suspense en ayant par exemple appuyé la sortie du premier tome des « Autre-Monde » de Maxime Chattam avec un spot publicitaire digne des desserts Senoble.
[…]
A l’heure où le synopsis Amazon a remplacé l’avis du libraire, et où le livre numérique pèse de plus en plus, c’est à se demander si la quatrième de couverture a encore une raison d’exister (si ce n’est celle de nous faire rire). »

Editions Folies d'Encre

A suivre :

The Beatles et la BBC, une histoire de leur relation par Forrest Wickman, Slate

The Year in Culture Headlines, The New York Times

Revue de presse du 13 décembre : le petit mineur de Médiavision, trois clés pour comprendre une nation, Zurich perd des oeuvres, traducteurs hongrois

Petite histoire du petit mineur de Médiavision – Jean Tourette sur Rue89

« Un petit personnage souriant lance son pic dans une cible au rythme d’une ritournelle entêtante. Tout le monde le connaît. Tout le monde s’attend à ce qu’il tape dans le mille, pour faire apparaître à l’envers les derniers chiffres invariables d’un numéro de téléphone inconsciemment mémorisé de longue date. Et tout le monde l’aime bien, parce qu’il provoque à chaque fois le même réflexe pavlovien associé à un moment de plaisir proche : le film va commencer.

Icône et égérie de Médiavision, ce petit mineur adresse sans un mot son message aux annonceurs publicitaires des salles obscures :

« Avec Médiavision, vous tapez dans le mille ! »

Un message simple et efficace qui se propage bien au-delà de la cible justement, puisque tout cinéphile a déjà eu la mémoire écorchée par le coup du pic de mine. »

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Démographie, cuisine et musique, les trois clés de l’avenir – Jacques Attali sur Slate.fr

« Pour comprendre où va une nation, on utilise en général des projections économiques, celles du PIB pour l’essentiel, à la valeur plus qu’incertaines. Bien d’autres paramètres en disent plus sur l’avenir d’un pays que des statistiques virtuelles. Et, parmi eux, trois domaines, trois champs d’activité, trois productions, que j’étudie toujours quand je cherche à comprendre où va une nation: la démographie, la cuisine et la musique.

L’un renvoie à l’essence de la vie, l’autre aux nourritures du corps, et l’autre à celles de l’esprit. La démographie nous dit tout des rapports entre les générations, les structures des familles, et les relations entre les sexes; elle nous dit la taille d’une nation, sa dynamique, sa capacité se renouveler. Son évolution est assez aisée à prédire, ainsi que ses conséquences sur les rapports de force idéologiques et politiques. »

marche de sant josep la boqueria ramblas barcelone

 

La ville de Zurich a perdu plus de 5 000 œuvres d’art – Libération

« La ville de Zurich a annoncé lundi avoir perdu la trace de 5 176 oeuvres d’art, dont une peinture de l’architecte Le Corbusier.

La ville a procédé au premier inventaire complet en près d’un siècle de son impressionnante collection de 35 000 pièces et découvert à cette occasion que près de 15%, dont 1 400 oeuvres originales, étaient manquantes, a indiqué la municipalité dans un communiqué. La ville pense toutefois retrouver la plupart des oeuvres d’art manquantes. »

 

Hongrie – Journées de galère pour les passeurs de mots – Péter Urfi dans Magyar Narancs (vu sur Courrier International)

« Une coquette villa entourée d’un jardin paisible abritant livres et tableaux. La Maison des traducteurs de Balatonfüred (est du pays) est le domicile provisoire des passeurs de la littérature hongroise, un des lieux importants de sa culture.

[…] La Maison ne peut donner aucune aide financière à la publication des livres, mais son fonctionnement contribue à la diffusion de la littérature hongroise. Son existence est un argument fort pour que des gens traduisent depuis le hongrois.
Le cas de You Ze Min illustre le pouvoir que peut exercer un traducteur. Ce jeune homme, diplômé en médecine, travaille dans un grand magasin de chaussures à Budapest. Il est pratiquement notre seul traducteur en chinois. C’est lui qui choisit l’auteur hongrois qui doit être édité en Chine, et le succès qu’il impose est considérable : le Journal de galère [en français aux Editions Actes Sud] d’Imre Kertész a eu un tel impact qu’il est diffusé sur le marché noir, quant à Une Femme [Ed.Gallimard] de Péter Esterházy, il a suscité là-bas des remous. »

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Revue de presse du 10 décembre : Anne Frank au Japon, Guess My Race, escalier de secours du Palais de Tokyo

Anne Frank, passion nippone – Olivier Dumons (Le Monde.fr)

Manga, Arte, Anne Frank

 » […] une BD documentaire interactive : Anne Frank au pays du manga. Cette adaptation du Journal d’Anne Frank – le livre le plus lu et le plus étudié au Japon depuis sa sortie en 1952 – est surtout le prétexte à un récit de voyage mêlant dessins, photographies, interviews, sons et vidéos (plus de deux heures de médias), confrontant points de vue occidentaux et nippons. »

Anne Frank Subreal productions

 

Anthropological Video GamesBetsy Morais (The Newyorker)

Margaret Mead, Anthropologie, Games for Change

« A cluster of teen-agers gathered around a small table, and passersby could hear them exclaim, “Asian! Yeah, I knew it!” and “Aryan? That seems ridiculous.” They hovered over two iPads in the Grand Gallery of the Museum of Natural History during the Margaret Mead Film Festival, playing a game called “Guess My Race.” It was one of five video games in the Mead Arcade »gamesforchange

 

 

 

Street art : dans les entrailles du palais de Tokyo – Lucile Sourdès (Rue 89)

Palais de Tokyo, street art

« Lek, Sowat et Dem189, graffeurs parisiens, ont invité quelques noms du street art à s’emparer d’un escalier de secours, habituellement fermé au public, du palais de Tokyo : des artistes « qui développent leur pratique dans les terrains vierges, jusqu’aux plus radicaux qui n’interviennent que sur les trains et les métros », explique le site de l’expo.

En six semaines, les graffeurs ont envahi un peu plus que l’espace qui leur avait été attribué. « Ils [la direction du palais de Tokyo, ndlr] nous ont donné un petit bout d’escalier, et petit à petit, on a grignoté. On est des parasites », sourit le graffeur Lek. »

Seth, Zoer, Alëxone et Smoe Hugo Vitrani

 

 

 

 

Revue de presse 6 décembre : Tintin, fest-noz, data centers, Amazon et jeu vidéo

Tintin au Congo n’est pas raciste (?) – Big Browser, Le Monde

« Après une longue bataille juridique, la cour d’appel de Bruxelles a tranché : l’album Tintin au Congo ne contient pas de propos racistes, et n’est pas « une oeuvre méchante » »
[…]

« Principal argument de la cour – outre le fait que ce soit une œuvre divertissante, à l’humour « candide et gentil » : le changement d’époque et de mentalité. La bande dessinée sort en 1931, en pleine présence coloniale de la Belgique au Congo. En ces temps-là, Hergé ne pouvait avoir « le même état d’esprit que celui qui allait inspirer, un demi-siècle plus tard, la loi de 1981 [réprimant le racisme], estime la justice belge. »
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Le fest-noz breton inscrit au patrimoine de l’Unesco, Libération

« Le fest-noz se caractérise «par une grande convivialité», une «très importante mixité sociale et intergénérationnelle» et «une ouverture aux autres», précise le texte. «Il est au centre d’un intense bouillonnement d’expériences musicales et a généré une véritable économie culturelle», relève encore le dossier de candidature. »

A l’intérieur des Google Data Centers, par Christopher Jobson Slate US
Pour toutes les photos, c’est ici
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Les libraires contre Amazon par Claire Garnier, Slate FR

« Selon Matthieu de Montchalin, président du Syndicat de la librairie française (SLF), l’activité des libraires a reculé d’environ 1,5% depuis le début de l’année 2012. La grande distribution –qui écoule une BD sur 4– et les grandes surfaces spécialisées connaissent un recul encore plus fort de leurs ventes de livres: -5% pour la FNAC depuis début 2012, alors que Virgin annonce plusieurs fermetures. «Le libraire et le fleuriste sont les commerçants qui ont la plus faible rentabilité, à l’opposé de l’opticien», note Matthieu de Montchalin. Les libraires résistent, mais ne dégagent pratiquement pas de bénéfices: 2.200 euros de bénéfice annuel en moyenne et une rentabilité moyenne de 0,3%. Insuffisant.  »

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Le jeu vidéo entre au MoMA par Katie Kilkenny, Slate FR

« Le jeu vidéo est-il un art? Pour toute opposition constructive à cette idée (par exemple la contribution de Roger Ebert «Le jeu vidéo ne pourra jamais être de l’art»), les fans de jeux vidéo organisent une défense toute aussi convaincante (prenant parfois la forme d’une vidéo persuasive).

Le 29 novembre, le Musée d’Art moderne [de New York, également appelé MoMA, NDLR] a pris une position définitive: dans un post sur le blog Inside/Out du MoMA, la conservatrice en chef de l’architecture et du design Paola Antonelli a proclamé: «Le jeu vidéo est-il un art? Bien sûr que oui Paola Antonelli a annoncé que le MoMA a fait l’acquisition de 14 jeux vidéo pour une exposition dans les galeries Philip Johnson du musée faisant partie de sa collection Architecture et Design qui débutera en mars 2013. Il est prévu d’étendre la collection pour qu’elle accueille 40 jeux vidéo de plus dans un futur proche. »

Revue de presse 5 décembre : Delacroix, les burgers et la ministre

The Louvre risks losing its magic with Lens move – Jonathan Jones « On Art Blog » The Guardian

Louvre, décentralisation culturelle, prêt d’expositions

La Liberté guidant le peuple, Delacroix »I think it’s political correctness gone mad. There’s no reason to undermine the strength of a great museum such as the Louvre in the name of regional equality. There are only a few museums like the Louvre in the world, and they have their own egalitarianism in the universal overview of human culture that they provide. »

Avoir déplacé La liberté guidant le peuple de Delacroix était une erreur ? Lisez ce point de vue intéressant ! L’article dans son intégralité ici.

Paris, Home of Le Burger – Robert Gottlieb The New Yorker

La guerre du burger à Paris

« All this is only a start—there are many, many more players in the current Paris burger wars, all of them flaunting their American credentials. What does it mean? How did we become culinary heroes in the land of haute cuisine? Some people think it’s the kids, some people just like hamburgers for the same reasons we do. One theory is that it all started with McDonald’s, known to the locals as MacDo. When I cruised it, the branch in the Louvre was doing land-office business. »

Pour l’article dans son intégralité, ici
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Aurélie Filippetti aux Inrocks « La culture, c’est un champ réel d’inégalités »

Politique culturelle, la gauche et la culture

« Il faut sortir de la logique du chiffre. On a souvent réduit la réflexion sur la politique culturelle à la question du chiffrage, à la part du budget. Je ne dis pas que ce n’est pas important, mais on peut porter un autre regard en France sur la politique culturelle. Au niveau national, la culture est aujourd’hui trop souvent considérée, à tort, comme un luxe ; quand on entend “supplément d’âme”, on entend d’abord “supplément” et pas “âme”. »

Revue de presse du 4 décembre : aides au cinéma, design, Louvre et BNF

Nouvelle rubrique sur la Baguette culturelle, découvrez la revue de presse

« La France défend son système d’aides au cinéma » – Localtis.info

Cinéma, politiques publiques, exception culturelle & Bruxelles

« La France a marqué un point, au moins temporaire, dans le différend qui l’oppose à la Commission européenne sur la question des aides au cinéma. Lors du conseil des ministres européens de la Culture, le 26 novembre, Aurélie Filippetti a en effet défendu, avec une dizaine de ses collègues, les systèmes des aides d’Etat au cinéma. Cette intervention s’est déroulée en présence du commissaire chargé de la concurrence, Joachim Almunia.
C’est en effet un problème de concurrence qui est à l’origine du contentieux. Depuis le début de l’année, Bruxelles travaille à la refonte du cadre réglementaire des aides au tournage des films, mis en place en 2001 et qui expire normalement à la fin de cette année. La difficulté en la matière vient du principe de territorialité. Celui-ci permet d’exiger qu’en contrepartie de l’aide financière apportée au tournage d’un film, 80% du budget de la production en question soient dépensés sur le territoire national. Dans les premières moutures du texte en préparation, le principe de territorialité se limiterait à la contrepartie exacte de l’aide apportée. Par exemple, pour une aide représentant 30% des coûts de production, il ne pourrait être exigé de réaliser ces dépenses sur le territoire concerné que jusqu’à hauteur de 30% des dépenses engagées pour la réalisation du film. En outre, l’aide publique ne pourra dépasser 50% du budget total du film. »

Jean-Noël Escudié – la suite c’est par ici

Design – Une sphère en bambou qui roule au vent contre les mines d’Afghanistan – Le Monde

Design, mines antipersonnel, Afghanistan, innovation

« « Mine Kafon » a été conçu par Massoud Hassani, jeune designer qui a quitté l’Afghanistan quand il avait 14 ans. Il s’agit de tiges de bambous disposées en rayon autour d’un noyau, et qui forment une boule de taille humaine, qui roule au gré du vent. L’idée étant qu’elle roule, de préférence, dans les champs de mines antipersonnel. La sphère, si elle est assez lourde pour faire exploser la mine, n’explose pas elle-même, tout juste perd-elle une patte ou deux, et peut ainsi continuer son itinérance jusqu’à la prochaine bombe. De plus, elle diffuse en permanence sa localisation, « traçant alors des chemins “libres” sans mine qu’il est possible de conserver », rapporte Owni. »

Big Brower – Le Monde – la suite, ici

Le Louvre s’installe à Lens – vidéo à voir sur Le Monde et article du Nouvel Observateur

Louvre, régionalisation des musées, démocratisation culturelle (?)

« C’est un projet culturel et économique initié il y a près de dix ans qui se concrétise ce mardi avec l’inauguration par le président François Hollande du Louvre-Lens, au coeur du bassin minier, avant son ouverture au public le 12 décembre.

Louvre Lens - Urban News

Louvre Lens

Avec « La liberté guidant le peuple » de Delacroix comme étendard, le plus grand musée du monde ouvre sa première antenne estampillée « Louvre » dans un immense bâtiment de verre et de métal, construit sur un ancien carreau de mine du Pas-de-Calais. Dans un parc de 20 hectares, les cinq ailes du musée conçues par le cabinet d’architectes japonais de renom Sanaa accueillent des chefs d’oeuvre du Louvre, avec la volonté de les rendre accessibles au plus large public possible. »

Le site du musée : http://www.louvrelens.fr/home_page.html

Le Nouvel Observateur – article dans son intégralité

La BNF réussit son pari – Le Monde

Campagne BNF - acquisition Livre d'heures de Jeanne de France

Campagne BNF – acquisition Livre d’heures de Jeanne de France

Appel à la générosité publique, Livre d’heures de Jeanne de France, mécénat

« 1 600 donateurs, 250 000 euros : le compte est bon. La Bibliothèque de France est parvenue à réunir la somme nécessaire à l’acquisition du Livre d’heures de Jeanne de France. Un succès pour l’établissement qui, pour la première fois, lançait un tel appel au grand public. Fin août, la BNF s’était inquiétée de la situation : il lui fallait d’ici le 31 décembre compléter l

es 750 000 euros déjà recueillis en un an auprès de ses habituels contributeurs (ministère, fondations, entreprises) afin de verser au propriétaire du manuscrit liturgique le million d’euros qu’il réclamait. »

[…] « Selon la BNF, les contributeurs sont âgés de 21 à 95 ans. Ils ont donné quelques euros pour les plus modestes, jusqu’à 3 000 euros pour les plus généreux. Toutes les régions de France sont représentées, ainsi que plusieurs pays étrangers. »

Nathaniel Herzberg – article dans son intégralité