L’innovation culturelle : ParisMix, cluster musical

Les économistes ont commencé à s’intéresser à la culture dans les années 1960 aux États-Unis, surtout par rapport au spectacle vivant. C’était le cas de William Baumol, contacté par la Fondation Ford pour analyser la situation du théâtre de Broadway. Les difficultés dans le secteur culturel étaient, et sont, structurelles parce qu’elles ne font pas beaucoup de profit. C’est la « loi de Baumol » ou la « maladie des coûts » appliquée au secteur culturel : il est structurellement en besoin de financement. A l’époque, William Baumol pensait que le plus gros risque était que la fréquentation de la culture ne devienne de plus en plus élitiste, sauf si on trouve d’autres moyens de financement. Il était contre ponctionner les secteurs qui vont bien.

Dès lors, le secteur culturel n’est pas à court d’imagination. Les innovations ne sont plus seulement dans le financement mais aussi dans la structure de l’organisation culturelle, en témoigne Paris Mix. Il s’agit du premier cluster musical français, abritant le festival « Paris ville des musiques du monde. » Né en 2008, il combine le mécénat et le parrainage au modèle du système productif local ou clusters.

Afin de promouvoir le développement des musiques du monde, Parismix associe quarante entreprises, associations et médias dont les objectifs convergent, tout en créant des effets d’agglomération. Ainsi, des structures s’associent : des labels comme Accords Croisés, des producteurs comme Zamzama Productions, des salles comme le Cabaret Sauvage et des médias comme Radio Nova. Enfin, Parismix reçoit le mécénat de la Caisse des dépôts et était parrainé par Vivendi.[2]Avec un tel système, les organisations culturelles semblent avoir trouvé une solution au besoin structurel de financement : l’innovation dans leur structure. Ainsi, le mode de financement hybride apparaît comme une fausse solution à un vrai problème de financement. Le changement ne réside non pas dans la manière dont l’organisation culturelle se finance, mais davantage dans sa structure.

Ce changement est d’autant plus remarquable que Paris Mix a été Lauréat de l’appel à projets « Grappes d’entreprises ». « Plus de 30% des grappes d’entreprises sélectionnées sont positionnées sur des secteurs d’activité d’avenir, souvent peu soutenus par les dispositifs classiques de soutien à l’innovation, qui concernent les industries culturelles et créatives, l’économie numérique, l’économie verte, ou encore l’industrie des services. »(ParixMix)

A l’heure où le mécénat est menacé, à bon entendeur !


[1] ALBERTINI Jean-Marie, SILEM Ahmed, sous la direction de, Lexique d’économie Editions Dalloz, 9ème édition, Paris, 2006 p150

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