Dynamiser l’économie numérique : un enjeu économique et culturel

Lorsqu’on parle d’économie numérique et/ou de maîtrise des contenus, les trois grands viennent à l’esprit : Apple, Google et Amazon… Nous rappelant ainsi que les Européens (et les Français) n’ont pas leur force de frappe. Pourtant, plusieurs acteurs français sécurisent – doucement mais sûrement – la position française autour de l’économie numérique.

Le soft power de Dassault Systèmes : Giza3d

Le français est le leader mondial des logiciels de création 3D, des maquettes de produits en 3D et de solutions de gestion du cycle de vie des produits. Pour renforcer son savoir-faire à haute valeur ajoutée, Dassault Systèmes rachète Exalead, moteur de recherche français, en juin 2010 pour 135 millions d’euros.[1]  Premier étape de développement dans l’économie numérique : Dassault Systèmes maîtrise désormais un algorithme de moteur de recherche.

Deuxième étape : Dassault rachète Netvibes en février 2012,[2] pour 20 millions d’euros.[3] Sa plateforme 3D propose désormais « des expériences de veille en temps réel », indispensables au processus d’innovation (Freddy Mini, chef de la direction de Netvibes[4]).

A ces deux rachats s’ajoute la volonté de participer à une offre Cloud pour un stockage des données en Europe. Si Dassault quitte le consortium Andromède en décembre 2011, il pourrait se diriger vers un nouveau projet avec SFR.[5]

Mais là où Dassault Systèmes est intéressant c’est pour son partenariat avec Harvard et le Museum of Fine Arts de Boston, peu relayé. Alors que l’ouverture d’une chaire à HEC en partenariat avec Google est médiatisée, le projet de Dassault de modéliser en 3D les pyramides de Gizeh n’est pas suffisamment entendu. Preuve en est, au Festival Futur en Seine : un écran disposé au bout d’une allée présentait le projet Giza3d, mais personne de chez Dassault pour le commenter !

Pourtant, le projet de Dassault laisse croire en l’avenir du savoir-faire français en termes d’économie numérique à l’échelle mondiale. Le but ? Amener les pyramides de Gizeh dans les classes des étudiants d’Harvard.[6] « The virtual reconstruction of the Giza plateau originated as a collaborative project between Dassault Systèmes and the Museum of Fine Arts, Boston. »[7]

L’exemple de Dassault montre qu’une entreprise française peut construire un projet culturel de grande ampleur avec une université et un musée de renom. Cependant, il n’est pas suffisamment entendu et mis en valeur. Une des raisons ? Le manque de co-construction et de coordination de l’économie numérique en France.

 

Une filière disparate

Pour conclure, j’ajouterai seulement que les moyens et les idées pour que la France devienne un acteur majeur de l’économie numérique sont là. Le Conseil National du Numérique a par exemple visité Dassault[8], mais aucune médiatisation ni aucun retour n’a été fait. Quant à l’importance de l’économie numérique, elle n’est pas ignorée non plus. En témoigne ainsi l’investissement de taille d’Orange et Publicis en mars 2012 dans trois fonds, destinés uniquement aux « entreprises créatrices de valeur dans l’économie numérique ».[9]

Il s’agirait de ne pas manquer cette occasion (cc. Fleur Pellerin).

Rappel : Qu’est-ce qu’Andromède ?
« En gestation depuis des années, le projet de consortium Andromède devait allier l’Etat français à Orange, Thales et Dassault Systèmes pour créer « de grandes centrales numériques européennes » aptes à stocker les données informatiques stratégiques des PME, grands groupes et administrations français. Mais le 22 décembre, Dassault Systèmes avait annoncé contre toute attente qu’il jetait l’éponge. Depuis cette annonce, les noms des groupes Atos et Capgemini avaient circulé pour faire leur entrée au consortium.
 L’Etat devait injecter 135 millions d’euros dans ce projet via la Caisse des dépôts, tandis qu’Orange et Dassault Systèmes devaient mettre chacun 60 millions d’euros et Thales 30 millions. L’objectif d’Andromède est de contrer les géants « non européens » – tels Cisco, IBM, Microsoft ou encore Google – qui ont investi ces dernières années des milliards de dollars dans le secteur, notamment pour construire d’énormes centres de stockage de données informatiques (« datacenters »). »[10]
Camille Delache

[1] http://www.lefigaro.fr/societes/2010/06/09/04015-20100609ARTFIG00744-dassault-systemes-acquiert-le-francais-exalead.php
[2] http://lemonde.fr/technologies/article/2012/02/09/dassault-systemes-rachete-netvibes_1641423_651865.html
[3] http://www.zdnet.fr/actualites/netvibes-rachete-par-dassault-systemes-pour-20-millions-d-euros-39768404.htm
[4] http://cursus.edu/dossiers-articles/articles/18019/dassault-systemes-rachete-netvibes-pourquoi/
[5] http://www.numerama.com/magazine/21590-netvibes-rachete-par-dassault-qui-s-allie-a-sfr-pour-le-cloud.html
[6] http://www.masshightech.com/stories/2012/05/07/daily16-Dassault-partners-with-Harvard-to-bring-students-to-Egypt.html
[7] http://www.3ds.com/fr/company/news-media/press-releases-detail/release/dassault-systemes-and-harvard-university-collaborate-to/single/4231/?cHash=21a0791dafc1210d7457ebb1c599050b
[8] http://www.cnnumerique.fr/events/deplacement-chez-dassault-systemes/
[9] http://www.lexpress.fr/actualites/1/economie/economie-numerique-orange-et-publicis-s-associent-avec-iris-pour-lancer-3-fonds_1092340.html
[10] http://lemonde.fr/technologies/article/2012/01/30/cloud-computing-dassault-systemes-annonce-un-projet-concurrent_1636258_651865.html

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